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Archive for the ‘Études bibliques’ Category

Lecture : Éphésiens 4 :8-16

Verset 11 : « Et lui [Christ], a donné les uns comme apôtres, les autres comme prophètes, les autres comme évangélistes, les autres comme pasteurs et docteurs. »

(1) 1 Corinthiens 12 différents d’Éphésiens 4

Ce passage d’Éphésiens 4 est souvent cité avec les passages de Romains 12 et de 1 Corinthiens 12, stipulant que les dons mentionnés dans Éphésiens sont similaires, ou de même nature que ceux cités dans Romains et 1 Corinthiens. Néanmoins une bonne observation nous indique qu’il y a de grandes différences entre ce passage d’Éphésiens et les autres.

a) L’Esprit et Christ

Lorsqu’il est question des dons de grâce, nous allons naturellement à 1 Corinthiens 12 ; et Romains 12 doit être considéré à la lumière de 1 Corinthiens 12 où nous lisons : « Or, pour ce qui est des spirituels [pneumatikos] … à chacun est donné la manifestation de l’Esprit … », (1 Corinthiens 12 :1, 7). Par ce passage, nous voyons clairement que c’est l’Esprit Saint qui opère ces dons de grâce : « Mais le seul et même Esprit opère toutes ces choses; distribuant à chacun en particulier comme il lui plaît. », 1 Corinthiens 12 :11.

L’Esprit prédomine ce chapitre 12 de 1 Corinthiens, où Il y est mentionné onze fois. Les dons de grâce sont la manifestation de l’Esprit (verset 7), c’est par Lui qu’ils sont donnés (verset 8 et 9), et c’est encore Lui qui opère les dons de grâce et qui les distribue (verset 11). Il est évident que tout ce qui concerne les dons de grâce (charismata) est l’action de l’Esprit Saint.

Par contre, dans le passage d’Éphésiens il est précisé que c’est Christ qui « a donné des dons aux hommes. » ; ces dons particuliers qui ont été donnés aux hommes l’ont été par Christ. Dans tout ce passage (versets 8-16) l’Esprit n’est pas mentionné une seule fois. En revanche, Christ est mentionné, directement ou indirectement treize fois. Ceci ne veut pas dire que l’Esprit n’est pas impliqué dans l’exercice de ces dons, mais Paul met l’accent sur le fait que c’est Christ qui a donné Lui-même ces dons aux hommes ; et il semble qu’il désirait que ses lecteurs reconnaissent la distinction : c’est Christ ressuscité et glorifié qui a donné ces dons aux hommes. Ceci est la première différence notoire.

b) Le mot « dons »

Deuxièmement, il est significatif que le mot « dons » trouvé au verset 8 n’est ni pneumatikos, ni charismata ; le mot utilisé par Paul est doma. Ce mot veut tout simplement dire un don au sens général. Le nom n’est employé que quatre fois dans le Nouveau Testament : Matthieu 7 :11 ; Luc 11 :13 ; Éphésiens 4 :8 et Philippiens 4 :17. Les deux passages des évangiles selon Matthieu et Luc ainsi que le passage dans Philippiens indiquent clairement la nature générale du don ; et seul le passage dans Éphésiens contient une connotation spirituelle.

Par ailleurs, la forme verbale de doma est didomi, trouvé aux versets 8 et 11. Ce mot très commun, puisqu’il est utilisé 416 fois dans le Nouveau Testament, veut dire donner au sens propre comme au sens figuré. Il est traduit de maintes façons dans toutes les versions, Darby le traduit par les verbes suivant : montrer, tenir, payer, offrir, s’efforcer, mettre, permettre, exercer, jeter, laisser agir, rendre, prononcer, s’aventurer et donner. Cet éventail de traductions nous montre la souplesse avec laquelle les mots doma et didomi sont employés et ce contrairement aux mots pneumatikos et charismata qui eux sont beaucoup plus précis. La distinction devrait nous interpeller.

c) Ce qui est donné

Troisièmement, nous devons noter avec attention que dans 1 Corinthiens 12 et dans Romains 12, ce sont des spirituels et des dons de grâce qui sont donnés. Et ceux-ci sont donnés par l’Esprit sporadiquement, au vu des besoins locaux des assemblées ; « comme il lui plaît. », 1 Corinthiens 12 :11. C’est à dire que parfois un ou plusieurs dons de grâce seront nécessaires alors que l’assemblée est réunie, et qu’à d’autres moments d’autres dons de grâce seront opérés par le même Esprit. Il n’y a pas règle particulière et nous ne devons pas en imaginer une : « Là où est l’Esprit du Seigneur, il y a la liberté. », 2 Corinthiens 3 :17. Cette merveilleuse liberté dont il est question ici c’est, en partie, la liberté du « ministère de l’Esprit. », verset 8.

Dans Éphésiens ce sont, non pas des spirituels (pneumatikos), ni même des dons de grâce (charismata) qui sont donnés, mais des hommes, (verset 11). Lorsqu’il est dit au verset 8 : « a donné des dons aux hommes », il faut que nous comprenions que ce ne sont pas des choses qui sont données, mais Christ a donné des hommes qui, de par Lui, ont reçu l’appel céleste afin qu’ils accomplissent une mission bien précise et continuelle.

Ceci est une différence marquante par rapport aux passages de Romains 12 et de 1 Corinthiens 12.

d) La nature de ce qui est donné

Ceci nous amène à remarquer la nature différente de ce qui est donné. Les spirituels (pneumatikos) et les dons de grâce (charismata), sont donnés au vu des besoins particuliers et momentanés des assemblées. Par exemple, aujourd’hui une parole de connaissance est supplée par l’Esprit à un frère car c’est ce qui est nécessaire. Mais, peut être qu’à la prochaine réunion de l’assemblée un autre, ou des autres dons de grâce sera ou seront plus appropriés. Tandis que dans Éphésiens 4, ce dont il est question c’est que des hommes sont donnés pour l’édification du corps de Christ. Et ces hommes, les apôtres, prophètes, évangélistes, pasteurs et docteurs, sont donnés « jusqu’à ce que nous parvenions tous à … », verset 13 ; et donc ces hommes ont une vocation permanente et durable. Ainsi, un frère peut avoir une parole de connaissance aujourd’hui, et ne pas forcément en avoir une à la prochaine réunion ; c’est « l’Esprit qui opère toutes ces choses. » Tandis que, par exemple, Paul lorsqu’il reçu son apostolat de la part du Seigneur (e. g. Galates 1 :1), demeura apôtre jusqu’à la fin, (2 Timothée 1 :1). Par ailleurs, il serait difficile d’imaginer pourquoi un frère serait un berger un jour et pas le lendemain, ou dix ans plus tard.

Cette dernière observation démontre encore une fois la différence importante qui existe entre 1 Corinthiens 12 et Éphésiens 4.

Avant de passer au paragraphe suivant, il est utile de faire une remarque quant au verset sept : « Mais à chacun de nous la grâce a été donnée selon la mesure du don de Christ. » Il ne faudrait pas que nous comprenions que ce qui est dit ici est expliqué par le verset onze, ceci nous pousserait à conclure que chacun est, soit un apôtre, un prophète, un évangéliste, un pasteur et docteur ; ce qui n’est évidemment pas le cas. Ce qui est indiqué dans le verset sept c’est que personne n’est sans la grâce de Dieu. Et, ce n’est pas ici la grâce du pardon des péchés, ni de la vie éternelle, ni même du salut ; c’est la grâce (charis) de pouvoir servir l’assemblée. Chacun a reçu la grâce de Dieu et donc l’aptitude spirituelle de servir l’assemblée. C’est ainsi que, par exemple, Paul reçu la grâce d’être un apôtre envers les nations, (Galates 1 :15-16) ; et qu’un autre recevra une parole de connaissance en vue de l’édification. Ce qui est mis en avant ici ce n’est pas tel ou tel don, temporaire ou permanent, mais c’est la grâce de Dieu qui a été donnée à tous et d’où sont issus tous les dons pour le service.

(2) Les apôtres

a) Définition

Le mot apôtre (apostolos) veut littéralement dire un « envoyé ». C’est un mot relativement commun dans le Nouveau Testament puisqu’il est utilisé 79 fois (9 fois dans les évangiles, 28 fois dans le livre des Actes, 34 fois dans les épîtres de Paul et 8 fois dans les autres livres), la forme verbale « envoyer » est utilisée 135 fois, (e. g. Jean 17 :3, 18).

Deux sens sont donnés au mot apôtre :

Au sens large il peut être utilisé comme par exemple pour dire : « Hudson Taylor était un apôtre pour la Chine. », ou encore comme nous l’avons dans Philippiens 2 :25 : « Mais j’ai estimé nécessaire de vous envoyer Épaphrodite mon frère, mon compagnon d’œuvre et mon compagnon d’armes, mais votre envoyé [apostolos] et ministre pour mes besoins. » Dans ce sens un apôtre était un envoyé d’une assemblée pour informer Paul et subvenir à ses besoins. Ou encore dans 2 Corinthiens 8 :23 : « Quant à Tite, il est mon associé et mon compagnon d’œuvre auprès de vous; quant à nos frères, ils sont les envoyés [apostolos] des assemblées, la gloire de Christ. » Utilisé dans ce sens, le mot « apôtre » veut dire un envoyé, un messager, quelqu’un qui est mandaté pour une mission précise et momentanée.

Mais il y a un sens plus restrictif, comme par exemple « les douze » : « Et ayant appelé ses douze disciples … Or ce sont ici les noms des douze apôtres. », Matthieu 10 :1-2. Les douze apôtres représentent le fondement sur lequel repose tout apostolat, il sont les précurseurs et le type même de ce qu’était un apôtre. D’ailleurs, nous les retrouvons mentionnés dans l’Apocalypse : « Et la muraille de la cité avait douze fondements, et sur eux les douze noms des douze apôtres de l’Agneau. », Apocalypse 21 :14.

Ou encore, Paul était un « apôtre de Jésus Christ. », (e. g. Éphésiens 1 :1). Paul représente, plus qu’aucun autre, ce que c’est que d’être un apôtre. L’apostolat de Paul était différent des « douze » à plusieurs égards. Par exemple, il n’a pas fait parti des disciples du Seigneur lorsque Celui-ci était parmi les hommes. Ou encore, il est reconnu, contrairement au « douze », d’avoir fondé beaucoup d’assemblées.

Ainsi, nous voyons qu’il existe deux significations bien distinctes quant à ce qui est indiqué par le mot « apostolos » ; nous devrions respecter cette distinction.

b) Les qualifications d’un apôtre

Comme nous allons le voir, les qualifications des apôtres étaient multiples. Nous allons prendre comme exemple l’apôtre Paul car il est l’apôtre le plus représenté dans le Nouveau Testament. Il y avait au moins sept qualifications qui démontraient et prouvaient l’apostolat de Paul.

i) Un apôtre devait avoir vu le Seigneur ressuscité

Ceci est clairement établi dans le premier chapitre du livre des Actes, lorsque les disciples s’attachèrent au remplacement de Judas par Matthias : « Il faut donc … que quelqu’un soit témoin de sa résurrection. », Actes 1 :21-22.

Paul aussi avait vu le Seigneur ressuscité : « N’ai-je pas vu Jésus notre Seigneur ? », 1 Corinthiens 9 :1. Nous lisons également ailleurs : « Ensuite il a été vu de Jacques, puis de tous les apôtres; et, après tous, comme d’un avorton, il a été vu aussi de moi. », 1 Corinthiens 15 :7-8. Ceci est confirmé par les passages des Actes qui nous racontent l’événement mémorable survenu en route pour Damas, (Actes 9 :3-9, 22 :6-10, 26 :12-19).

ii) Un apôtre devait avoir été appelé par Christ

Bien entendu, ceci est vrai des douze disciples, (Matthieu 10 :1-4 ; Luc 6 :13). Mais, ceci était également vrai pour Paul : « Paul, apôtre, non de la part des hommes, ni par l’homme, mais par Jésus Christ, et Dieu le Père qui l’a ressuscité d’entre les morts. », Galates 1 :1. Maintes fois Paul déclare qu’il a reçu son apostolat directement du Seigneur Jésus Christ, (Romains 1 :1 ; 1 Corinthiens 1 :1 ; 2 Corinthiens 1 :1 ; Éphésiens 1 :1 ; Colossiens 1 :1 ; 1 Timothée 1 :1 ; 2 Timothée 1 :1 ; Tite 1 :1 ; voir aussi Romains 1 :4-5 ; 1 Corinthiens 9 :2 ; Galates 2 :8 ; 1 Thessaloniciens 2 :6). Il semble, par tous ces passages, que l’apostolat de Paul était au moins aussi bien établi que ceux des douze.

iii) Un apôtre opérait des œuvres surnaturelles

Encore une fois, c’était le cas des douze apôtres, (Luc 10 :17) ; et bien entendu beaucoup d’œuvres miraculeuses furent opérés par les apôtres dans le livre des Actes, (e. g. Actes 5 :12-16). C’en était de même pour Paul, il met en avant que son apostolat était confirmé par les signes d’un apôtre : « Certainement les signes d’un apôtre ont été opérés au milieu de vous avec toute patience, par signes, et des prodiges, et des miracles. », 2 Corinthiens 12 :12 ; (voir aussi Romains 15 :18-19). Et ceci était une preuve que quelqu’un avait reçu l’apostolat, (cf. Actes 15 :12 ; Hébreux 2 :4). Les apôtres étaient sanctionnés par le Seigneur en ce qu’ils opéraient des signes, des prodiges et des miracles.

iv) Les apôtres étaient rattachés à une assemblée

Nous savons que les douze étaient rattachés à l’assemblée qui était à Jérusalem, (Actes 8 :14, 15 :2-4, 16 :4). Et nous savons également que Paul était rattaché à l’assemblée qui était à Antioche de Syrie, (Actes 13 :1, 15 :35). Ceci indique que les apôtres n’étaient pas indépendants, et qu’ils n’agissaient pas indépendamment des assemblées desquelles ils étaient membres. Nous devons remarquer que treize ans se sont écoulés entre la conversion de Paul et son premier voyage apostolique en Asie. Treize ans durant lesquels Paul a acquis une expérience riche de la vie d’assemblée. L’apôtre Paul savait ce qu’était qu’une assemblée locale, et il semble que tous les apôtres du Nouveau Testament étaient membres d’une assemblée.

v) L’apostolat générait du fruit

Nous devons le développement des l’assemblées qui étaient en Judée et en Samarie, en partie, à l’œuvre des apôtres ; en partie car, bien entendu, c’est Dieu qui donne l’accroissement, (1 Corinthiens 3 :6). Mais, il est tout aussi vrai que l’accroissement n’aurait pas eu lieu si les apôtres n’avaient pas obéis aux instructions du Seigneur : « Vous recevrez de la puissance, le Saint Esprit venant sur vous; et vous serez mes témoins à Jérusalem et dans toute la Judée et la Samarie, et jusqu’au bout de la terre. », Actes 1 :8.

Et l’apostolat de Paul est prouvé par le fruit que celui-ci a produit : « Si je ne suis pas apôtre pour d’autres, je le suis pour vous du moins; car vous êtes le sceau de mon apostolat dans le Seigneur. », 1 Corinthiens 9 :2. Aussi, l’apostolat de Paul est confirmé par toutes les assemblées qui sont le fruit de sa vocation apostolique.

vi) Les apôtres avaient une autorité

C’est là une des caractéristiques extrêmement importantes des apôtres, ils étaient dotés d’une autorité que d’autres ne pouvaient pas se réclamer. Par exemple nous savons que pour régler le problème des doctrines des judaïsants, Paul et Barnabas sont allés à Jérusalem voir les apôtres ; et tous ensemble, et à l’unanimité, ils se sont convenus de ce qui était correct de faire à ce sujet, (Actes 15). La lettre établie à Jérusalem par tous les apôtres fut reçue avec joie par l’assemblée qui était à Antioche de Syrie, (Actes 15 :31) ; reconnaissant par la même occasion l’autorité même de ceux qui l’avait rédigée.

L’apôtre Paul jouissait également d’une autorité qui lui avait été donné d’en haut, et c’est ici un point crucial. Paul ne s’était pas approprié l’autorité avec laquelle il agissait, son autorité n’était pas humaine, d’ici-bas, elle lui avait été donnée par le Seigneur : « Car si même je me glorifiais un peu plus de notre autorité que le Seigneur nous a donnée pour l’édification et non pas pour votre destruction. », 2 Corinthiens 10 :8. « C’est pourquoi j’écris ces choses étant absent, afin que, quand je serai présent, je n’use pas de sévérité, selon l’autorité que le Seigneur m’a donnée pour l’édification et non pas pour la destruction. », 2 Corinthiens 13 :10. Cette autorité de Paul, donné par le Seigneur, était indiscutable ; et c’était en partie de par cette autorité qu’il reprit l’apôtre Pierre en Galatie.

vii) Les apôtres avaient été sujet à des révélations de Dieu

Ceci est le deuxième point crucial, avec l’autorité, de tout apostolat. Et c’était bien là une des caractéristiques de Paul : il avait été sujet à des révélations extraordinaires, (2 Corinthiens 12 :1-7). Voici quelques mystères qui furent révélés à Paul :

Premièrement, Paul reçu la connaissance de l’Évangile par révélation : « Or je vous fais savoir, frères, que l’évangile qui a été annoncé par moi n’est pas selon l’homme. Car moi, je ne l’ai pas reçu de l’homme non plus, ni appris, mais par la révélation de Jésus Christ. », Galates 1 :11-12. Ceci est un fait tout à fait extraordinaire, Paul eu connaissance de l’Évangile de par ce qui lui a été révélé par le Seigneur Lui-même ; aucun autre apôtre ne pouvait dire cela.

Deuxièmement, c’est à Paul, que fut révélé le mystère de l’endurcissement partiel d’Israël, (Romains 11 :25).

Troisièmement, c’est lui qui reçu la révélation de la résurrection et de l’enlèvement de l’église, (1 Corinthiens 15 :51-52).

Quatrièmement, c’est lui qui reçu la révélation du mystère de l’iniquité, (2 Thessaloniciens 2 :7).

Cinquièmement, c’est encore Paul qui reçu la révélation du propos éternel de Dieu, (Éphésiens 1 :9).

Enfin, c’est à Paul qu’à été donné la révélation du mystère de Christ, c’est à dire concernant le corps de Christ, (Éphésiens 3 :1-13, 5 :32 ; Colossiens 1 :24-29). Et cette révélation grandiose n’a été révélée qu’à lui seul, nous devons notre entendement du corps de Christ à l’apôtre Paul. Ce mystère révélé à Paul et qu’il nous a transmis dans ses écrits, n’était pas que les Nations hériteraient un jour du salut de Dieu, ceci avait été déjà été révélé à Abraham, (Genèse 12). Mais, c’était que les Juifs et les Nations formeraient un jour un seul corps. C’est là la révélation majeure qui fut donnée à l’apôtre Paul, tout ce que nous pouvons savoir sur le corps de Christ, sur l’Église, nous le devons à Paul.

c) Il y a t-il des apôtres aujourd’hui ?

Premièrement, nous ne pouvons répondre à cette question que dans le contexte de ce qui précède. C’est à dire que, d’après les Écritures certaines qualifications étaient requises afin de démontrer la véracité de l’apostolat. Si certains estiment qu’il y a des apôtres aujourd’hui, ou bien si certains se réclament eux-mêmes être des apôtres aujourd’hui, retrouve t-on en ceux-ci les qualifications énumérées dans les Écritures ? Si la réponse est négative, il s’ensuit qu’il n’y a pas eu d’apôtres depuis la fin du premier siècle ; c’est à dire depuis la mort des apôtres du Nouveau Testament.

Deuxièmement, l’œuvre des apôtres, (et ce qui est valable pour les apôtres ici est également valable pour les prophètes, comme nous le verrons ci-dessous), était fondamentale, dans le sens qu’ils établirent une fondation immuable quand à la révélation de toute la pensée de Dieu. L’œuvre des apôtres (et des prophètes), leurs révélations, leur pleine connaissance, leur dévoilement de la vérité, sont maintenant toutes contenues dans la Parole de Dieu. Tout ce que nous aurons jamais besoin de savoir quant à la pensée de Dieu, quant aux caractéristiques de la présente dispensation et de celles à venir, quant à la nature et la vocation du corps de Christ, et quant à tous les aspects de la vie chrétienne, est contenu dans les Écritures telles que nous les avons aujourd’hui. Si bien qu’il est écrit : « Ayant été édifiés sur le fondement des apôtres et prophètes, Jésus Christ lui-même étant la maîtresse pierre du coin. », Éphésiens 2 :20. « Comment, par révélation, le mystère m’a été donné à connaître … aux fils des hommes, comme il a été maintenant révélé à ses saints apôtres et prophètes par l’Esprit. », Éphésiens 3 :3-5.

Ainsi, pour conclure ce paragraphe, les Écritures ne sanctionnent aucunement la présence d’apôtres aujourd’hui. Lorsque le Nouveau Testament à été scellé, tout ce que Dieu voulait que nous sachions s’y trouvait. Aujourd’hui nous nous appuyons sur la fondation des « apôtres et prophètes », c’est à dire sur leurs enseignements tels que nous les avons dans la parole. Ce qui nous est demandé aujourd’hui, c’est que nous nous attachions, comme le faisait alors l’église primitive, a persévérer « dans la doctrine des apôtres », (Actes 2 :42) ; c’est en agissant ainsi, et en croyant fermement que « Toute écriture est inspirée de Dieu, et utile pour enseigner, pour convaincre, pour corriger, pour instruire dans la justice. », 2 Timothée 3 :16, que nous respectons et exerçons l’enseignement des « saints apôtres et prophètes », Éphésiens 3 :5.

(3) Les Prophètes

Il nous faut différencier le don de grâce de prophétie et le fait d’être un prophète. Nous avons déjà remarqué que le mot « don » est différent dans 1 Corinthiens 12 et Éphésiens 4. Ensuite, Paul dit aux Corinthiens que beaucoup peuvent prophétiser : « Car vous pouvez tous prophétiser un à un, afin que tous apprennent et que tous soient exhortés. », 1 Corinthiens 14 :31. Mais il dit au chapitre douze : « Tous sont-ils apôtres? Tous sont-ils prophètes? Tous sont-ils docteurs? », verset 29 ; la réponse sous-entendue est non. Il est évident, lorsque nous comparons ces deux passages, que Paul ne parle pas de la même chose. Malheureusement, la plupart du temps, l’amalgame est fait entre le don de grâce de prophétie et le fait d’être un prophète ; ce qui a pour résultat la confusion car alors les deux versets cités semblent se contredire.

Le don de grâce de prophétiser est la capacité d’interpréter et de communiquer des vérités spirituelles conformément à la Parole de Dieu. Le but de ce don de grâce est spécifiquement décrit par Paul : « Celui qui prophétise parle aux hommes pour l’édification, et l’exhortation, et la consolation. », 1 Corinthiens 14 :3. Il participe à l’édification de l’assemblée, ceci veut dire que le don de grâce de prophétie, comme tous les autres dons de grâce, est donné avant tout pour contribuer à la maturité de l’assemblée. Enfin, celui qui exerce le don de grâce de prophétie, n’est pas un prophète pour autant. Un frère peut très bien avoir le don de grâce de prophétie aujourd’hui, et ne pas l’avoir pendant un certain laps de temps. Le don de grâce de prophétie, est occasionnel et temporaire, et comme tous les dons de grâce, il est opéré par l’Esprit de Dieu, (1 Corinthiens 12 :11), en vue de l’édification mutuelle.

Être prophète ce n’était pas un don de grâce, c’est un homme qui avait reçu de par le Seigneur Jésus Christ (Éphésiens 4 :8, 11), la vocation d’être prophète. Et les prophètes, nous disent les Écritures, avaient été également suscités par le Seigneur Jésus Christ afin de contribuer au fondement de l’œuvre du Seigneur dans la présente dispensation : « Ayant été édifiés sur le fondement des apôtres et prophètes, Jésus Christ lui-même étant la maîtresse pierre du coin. », Éphésiens 2 :20. La révélation complète de la pensée de Dieu a été révélée aux apôtres et prophètes : « Comment, par révélation, le mystère m’a été donné à connaître … comme il a été maintenant révélé à ses saints apôtres et prophètes par l’Esprit. », Éphésiens 3 :3-5. « Je vous écris déjà, bien-aimés, cette seconde lettre; et, dans l’une et dans l’autre, je réveille votre pure intelligence en rappelant ces choses à votre mémoire, afin que vous vous souveniez des paroles qui ont été dites à l’avance par les saints prophètes, et du commandement du Seigneur et Sauveur par vos apôtres. », 2 Pierre 3 :1-2 ; (cf. Jude 17).

Pour conclure ce paragraphe, nous pouvons dire que la révélation du propos éternel de Dieu concernant la présente dispensation, et celles à venir, a été pleinement donnée par les apôtres et les prophètes. Si bien qu’aujourd’hui, nous nous reposons et appuyons sur le fondement posé par les apôtres et les prophètes, (Éphésiens 2 :20) ; et ainsi, comme pour les apôtres, les prophètes ne sont plus suscités aujourd’hui ; la révélation de la pensée de Dieu étant complètement révélée dans les Écritures.

(3) Les Évangélistes

Le mot évangéliste est « euaggelistes », il veut littéralement dire celui qui annonce l’évangile. C’est un mot rare car il n’est utilisé que trois fois dans le Nouveau Testament : Actes 21 :8, où il est question de Philippe qui était évangéliste. Éphésiens 4 :11, où il est dit que Christ a donné les uns comme évangélistes. 2 Timothée 4 :5, où Paul exhorte Timothée de faire l’œuvre d’un évangéliste.

La forme verbale est « euaggelizo » qui veut simplement dire annoncer la bonne nouvelle. Nous retrouvons ce verbe « évangéliser » 54 fois dans le Nouveau Testament, (13 fois dans les évangiles (dont 12 fois dans Luc), 15 fois dans le livre des Actes, 19 fois dans les épîtres de Paul, et 7 fois dans les autres livres).

Il est intéressant de remarquer qu’il est dit que Dieu « a d’avance annoncé la bonne nouvelle à Abraham », Galates 3 :8. Et le Seigneur Jésus Lui-même était également un évangéliste : « Et il arriva, l’un de ces jours, comme il enseignait le peuple dans le temple et évangélisait. », Luc 20 :1.

Un évangéliste était donc celui qui avait reçu, du Seigneur, la vocation d’annoncer l’Évangile. Et dans ce sens les douze étaient des évangélistes, ceci est illustré par Pierre dans Actes 2 où il évangélisa les Juifs venus célébrer la fête de la Pentecôte. Paul était également un évangéliste : « Depuis Jérusalem, et tout alentour, jusqu’en Illyrie, j’ai pleinement annoncé l’évangile du Christ. », Romains 15 :19.

Deux remarques peuvent être faite à propos de cette vocation. Premièrement, être un évangéliste n’était pas aussi restrictif que d’être un apôtre ou un prophète. Philippe qui n’était ni un apôtre ni un prophète, était un évangéliste. Et les évangélistes ne forment pas, comme le sont les apôtres et prophètes, le fondement de la révélation de Dieu ; seuls les apôtres et les prophètes sont déclarés former ce fondement, (Éphésiens 2 :20). Deuxièmement, il semble que même les évangélistes étaient rattachés à une assemblée, Pierre à Jérusalem, Paul à Antioche de Syrie, Timothée à Éphèse, et Philippe à Césarée. Aussi, nous aurions tort de penser qu’un évangéliste agit indépendamment d’une assemblée locale.

Il y a t-il des évangélistes aujourd’hui ? Nous pouvons répondre par l’affirmative si néanmoins certaines conditions sont respectées.

– Être évangéliste est une vocation assignée par le Seigneur Jésus Lui-même, (Éphésiens 4 :8, 11),

personne ne peut s’autoproclamer évangéliste.

– Comme précisé ci dessus, un évangéliste doit être rattaché à une assemblée locale.

– Il devrait œuvrer là où Christ n’a pas encore été annoncé, (Romains 15 :20-21).

– Son œuvre devrait avoir pour conséquence la suscitation d’assemblées locales.

– La remarque ci-dessus implique que l’œuvre de l’évangéliste devrait être suivie par celle des pasteurs et docteurs.

(4) Les pasteurs et docteurs

La construction de la phrase « les autres [comme] pasteurs et docteurs », suggère que ces deux vocations sont en fait une seule. Les pasteurs devraient pouvoir enseigner, et les docteurs devraient savoir paître le troupeau de Dieu.

a) Définitions

Tout d’abord il est très significatif que le mot « pasteur » veut littéralement dire « berger », le mot utilisé est poimen, il veut dire berger ; c’est là le sens propre du mot. Par ailleurs, nous ne retrouvons ce mot que dix-huit fois dans le Nouveau Testament : quinze fois dans les évangiles, une seule fois dans les épîtres de Paul (Éphésiens 4 :11), une fois dans Hébreux et une fois dans 1 Pierre. Deux fois seulement, sur les dix-huit, le mot poimen est traduit par « pasteur » (Éphésiens 4 :11 ; Hébreux 13 :20); toutes les autres fois il est traduit par « berger(s) ». En outre, dans tous ces passages, il se rapporte neuf fois à Christ, huit fois au sens général, et une seule fois au don donné par Jésus Christ à Son assemblée.

Aussi, il semble assez invraisemblable que l’enseignent et la pratique du « pastorat » unique, tel que nous l’avons partout aujourd’hui, ne soit fondé que sur ce seul passage, (Éphésiens 4 :11). Pour instauré cette doctrine, plusieurs choses ont été ignorées et tordues ; c’est un exemple flagrant de ce que Paul appelle « frelater », (2 Corinthiens 2 :17) et « falsifier » (2 Corinthiens 4 :2) la Parole de Dieu. Car, pour instaurer ce système du « pastorat », les hommes s’appuient sur un fragment de verset ; et qui plus est, un fragment tronqué puisque l’expression « pasteurs et docteurs » n’est pas entièrement retenue ; seul le mot « pasteur » est mis en avant, tandis que le mot « docteur » est ignoré.

b) Le vocabulaire

Mais, il y a un autre aspect qui est souvent ignoré, c’est que plusieurs mots désignent en fait la même chose. Une comparaison de certains passages nous révèle que la vocation des « pasteurs et docteurs » se rapporte à d’autres charges. Trois mots définissent le rôle des responsables des assemblées locale : 1) les bergers (poimen) ; 2) les surveillants (episkopos) ; et 3) les anciens (presbuteros). Mais, n’oublions surtout pas que lorsque nous disons bergers (pasteurs), c’est « pasteurs et docteurs » qui est sous-entendu ; cette expression est une, nous ne devrions jamais scinder la phrase « pasteurs et docteurs ».

c) La pluralité des anciens

Les Écritures indiquent, sans ambiguïté possible, qu’il y avait toujours plusieurs anciens dans chaque assemblée locale :

« Et leur ayant choisi des anciens dans chaque assemblée, ils prièrent avec jeûne, et les recommandèrent au Seigneur en qui ils avaient cru. », (Concerne les assemblées qui se trouvaient en Galatie : Derbe, Lystre, Iconium et Antioche de Pisidie) ; Actes 14 :23

« Et étant arrivés à Jérusalem, ils furent reçus par l’assemblée et les apôtres et les anciens; et ils racontèrent toutes les choses que Dieu avait faites avec eux. », (Concerne l’assemblée qui se trouvait à Jérusalem), Actes 15 :4

« Or il envoya de Milet à Éphèse, et appela auprès de lui les anciens de l’assemblée. », (Concerne l’assemblée qui était à Éphèse), Actes 20 :17

« Je t’ai laissé en Crète dans ce but, que tu mettes en bon ordre les choses qui restent à régler, et que, dans chaque ville, tu établisses des anciens suivant que moi je t’ai ordonné. », (Concerne les assemblées qui étaient en Crête, Tite 1 :5

De surcroît, Paul, en écrivant à Timothée, utilise l’expression « le corps des anciens », (1 Timothée 4 :14). Il est donc erroné de parler d’un ancien au singulier lorsque nous évoquons le gouvernement d’une assemblée locale, dans le Nouveau Testament chaque assemblée avait toujours plusieurs anciens ; c’est un fait irréfutable.

d) Les mots pasteurs et docteurs, anciens, et surveillants

Ce sont surtout les mots anciens et surveillants qui nous intéressent particulièrement, car comme nous l’avons vu l’expression « pasteurs et docteurs » n’est utilisée qu’une seule fois dans le Nouveau Testament. Et en fait, ce qui s’applique aux « pasteurs et docteurs » s’applique également aux anciens et surveillants et réciproquement.

Les mots pasteurs, anciens et surveillants sont en fait interchangeables, et décrivent donc la même chose , c’est ce que nous indique Actes 20 :

« Or il envoya de Milet à Éphèse, et appela auprès de lui les anciens de l’assemblée … Prenez donc garde à vous-mêmes, et à tout le troupeau, au milieu duquel l’Esprit Saint vous a établis surveillants pour paître l’assemblée de Dieu, laquelle il a acquise par le sang de son propre fils. », versets 17 et 28.

Nous lisons également dans Tite 1 :5-9 : « Je t’ai laissé en Crète dans ce but, que tu mettes en bon ordre les choses qui restent à régler, et que, dans chaque ville, tu établisses des anciens suivant que moi je t’ai ordonné … il faut que le surveillant soit irréprochable comme administrateur de Dieu. »

Un autre exemple, alors que Paul exhorte Tite à établirent des anciens dans chaque ville de Crête (Tite 1 :5), il salue les surveillants qui sont à Philippe (Philippiens 1 :1). Il est évident que les mêmes personnes sont en vue.

Enfin, il est dit du Seigneur Jésus : « Maintenant vous êtes retournés au berger et au surveillant de vos âmes. », 1 Pierre 2 :25.

Ainsi, lorsque nous lisons les mots « pasteurs et docteurs », « anciens » et « surveillants », nous devons reconnaître, comme le faisait l’église primitive, qu’il s’agit des mêmes personnes.

e) Comment les anciens ou surveillants étaient établis

Tout d’abord, nous devons voir que personne ne pouvait s’autoproclamer pasteur et docteur, ancien ou surveillant, les Écritures sont très claires à ce sujet :

« Prenez donc garde à vous-mêmes, et à tout le troupeau, au milieu duquel l’Esprit Saint vous a établis surveillants pour paître l’assemblée de Dieu, laquelle il a acquise par le sang de son propre fils. », (Actes 20 :28).

Certes, il est écrit : « Et leur ayant choisi des anciens dans chaque assemblée, ils prièrent avec jeûne, et les recommandèrent au Seigneur en qui ils avaient cru. », (Actes 14 :23). Le mot « choisi » (cheirotoneo) veut littéralement dire « étendre la main », et nous comprenons d’avantage le sens du mot lorsque nous considérons sa forme composée tel que nous le trouvons dans Actes 10 :41 : « Mais à des témoins qui avaient été auparavant choisis [procheirottoneo] de Dieu, savoir à nous qui avons mangé et bu avec lui après qu’il eut été ressuscité d’entre les morts. » Bien que nous ne pouvons pas être dogmatique à ce sujet, il semble que les apôtres avaient, avec les assemblées, reconnu les hommes que Dieu avait déjà reconnus.

Et, « Je t’ai laissé en Crète dans ce but, que tu mettes en bon ordre les choses qui restent à régler, et que, dans chaque ville, tu établisses des anciens suivant que moi je t’ai ordonné. », (Tite 1 :5). Le verbe « établir » (kathistemi) est bien traduit par Darby. Un autre passage des Actes nous éclaire quant à la façon dont Tite procéda pour « établir » les anciens. « Jetez donc les yeux, frères, sur sept hommes d’entre vous, qui aient un bon témoignage, pleins de l’Esprit Saint et de sagesse, que nous établirons [kathistemi] sur cette affaire. », Actes 6 :3. Nous voyons ici, que ce sont les frères qui avaient « visité », (le sens littéral de « Jetez donc les yeux »), sept hommes d’entre eux et qu’ensuite les apôtres allaient établir. Encore une fois, nous voyons une merveilleuse collaboration entre les frères et les apôtres, nous voyons le corps de Christ fonctionner organiquement. Aussi, bien que nous ne pouvons imposer un point de vue, il semble que Tite établit, en collaboration avec les assemblées, les anciens dans chaque ville.

Ainsi, ces deux passages, au lieu de suggérer une méthode différente que ce que nous avons dans Actes 20 :28, semblent au contraire renforcer le fait que les hommes ne faisaient que reconnaître ceux que le Seigneur s’était déjà choisi. Il est bien évident que ces deux versets ne peuvent aucunement contredire Actes 20 :28, c’est plutôt à la lumière de Actes 20 :28 que nous devons comprendre Actes 14 :23 et Tite 1 :5.

f) Les qualifications des « pasteurs et docteurs », « anciens » et « surveillants »

Sans entrer dans plus de détails, nous avons, dans les Écritures, plusieurs passages qui indiquent clairement les qualifications de ces hommes, principalement : 1 Timothée 3 :1-7 et Tite 1 :5-9.

g) Le rôle des « pasteurs et docteurs », « anciens » et « surveillants »

Lorsque nous considérons le rôle de ces hommes, nous voyons que beaucoup de passages se recoupent. Les « pasteurs et docteurs », « anciens » et « surveillants » sont appelés à :

– paître et surveiller le troupeau, l’assemblée de Dieu, (prendre soin d’elle et la nourrir), Actes 20 :28 ; 1 Timothée 3 : 1-5 ; Tite 1 :7 ; 1 Pierre 5 :2.

– garder le troupeau, (contre les faux enseignements et docteurs), Actes 20 :28.

– administrer et conduire l’assemblée, (dans tous les aspects et selon la pensée de Dieu),

1 Timothée 3 :4-5 ; Tite 1 :7.

– enseigner la Parole de Dieu, 1 Timothée 3 :3, 5 :17 ; Tite 1 :9.

Nous voyons combien cette dernière observation rejoint ce qui est appelé dans Éphésiens 4 :11 des « pasteurs et docteurs ». Paul, écrivant à Tite, indique la nature de l’enseignement que devaient prodiguer les anciens ou surveillants: « (1) Tenant ferme la fidèle parole (2) selon la doctrine, afin qu’il soit capable, (3) tant d’exhorter (4) par un sain enseignement, (5) que de réfuter les contredisants. », Tite 1 :9.

Cet aspect du service des pasteurs et docteurs, des anciens et des surveillants était fondamental. Les pasteurs, anciens ou surveillants devaient être également des docteurs, outre les passages cités ci-dessus, Paul exhorte Timothée :

« Les choses que tu as entendues de moi devant plusieurs témoins, commets-les à des hommes fidèles qui soient capables d’instruire aussi les autres. », 2 Timothée 2 :2

Et la totalité des enseignements que ces hommes responsables devaient dispenser n’était autre que « la doctrine des apôtres », Actes 2 :42.

Conclusion

Nous avons vu comment le Seigneur Jésus a pourvu pleinement au soin de Son Église. Le Seigneur Jésus Christ est la fondation même sur laquelle toute « la maison de Dieu » repose : « Personne ne peut poser d’autre fondement que celui qui est posé, lequel est Jésus Christ. », 1 Corinthiens 3 :11. Les apôtres et prophètes ont été les instruments divinement choisis pour poser le fondement de toute la révélation de Dieu, « Ayant été édifiés sur le fondement des apôtres et prophètes. », Éphésiens 2 :20. Nous avons vu le rôle et les qualifications des évangélistes, qui ne pouvaient œuvrer sans, d’un coté, l’appui des apôtres et prophètes, et d’un autre coté, sans être suivis par les « pasteurs et docteurs ». Enfin, nous avons vu comment tout le soin du « troupeau de Dieu » a été conféré aux « pasteurs et docteurs », anciens ou surveillants. Le choix n’est nullement laissé à la liberté des hommes, ceux-ci ne faisant que reconnaître ce que le Seigneur avait déjà opéré : « Prenez donc garde à vous-mêmes, et à tout le troupeau, au milieu duquel l’Esprit Saint vous a établis surveillants pour paître l’assemblée de Dieu, laquelle il a acquise par le sang de son propre fils. », Actes 20 :28.

Addenda

Le dessein pour lequel Christ a suppléé ces dons aux hommes, nous est donné de façon magistrale juste après Éphésiens 4 :11, : « En vue de la perfection des saints, pour l’œuvre du service, pour l’édification du corps de Christ; jusqu’à ce que nous parvenions tous à l’unité de la foi et de la connaissance du Fils de Dieu, à l’état d’homme fait, à la mesure de la stature de la plénitude du Christ: afin que nous ne soyons plus de petits enfants, ballottés et emportés çà et là par tout vent de doctrine dans la tromperie des hommes, dans leur habileté à user de voies détournées pour égarer; mais que, étant vrais dans l’amour, nous croissions en toutes choses jusqu’à lui qui est le chef, le Christ; duquel tout le corps, bien ajusté et lié ensemble par chaque jointure du fournissement, produit, selon l’opération de chaque partie dans sa mesure, l’accroissement du corps pour l’édification de lui-même en amour. », versets 12 à 16.

Le but et l’intention de ces « dons donnés aux hommes » est que le Seigneur Jésus Christ « Se présentât l’assemblée à lui-même, glorieuse, n’ayant ni tache, ni ride, ni rien de semblable, mais afin qu’elle fût sainte et irréprochable. », Éphésiens 5 :27.

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Introduction

S’il y a un sujet qui est très controversé dans les milieux chrétiens c’est bien celui des « dons de l’Esprit ». En effet, beaucoup de questions se posent concernant ce qui est appelé « les dons de l’Esprit ». Quels sont-ils ? Sont-ils toujours d’actualité ou ont-ils cessé au premier siècle ? Qui peut avoir un « don spirituel » ? A quoi servent-ils ? Etc.

Les polémiques existantes à ce sujet nous indiquent que cette question des « dons de l’Esprit » est épineuse. Certains excès ont provoqué quelques réactions qui ce sont soldées à leur tour par d’autres excès. Aussi, allons-nous essayer de voir ce que nous enseignent les Écritures à ce sujet.

(1) Définitions

Premièrement, il est intéressant de voir que l’expression tant utilisée « dons de l’Esprit » ne se trouve pas tel quel dans le Nouveau Testament. Deux mots sont traduits par « dons de l’Esprit » :

i) « Pneumatikos », qui veut dire littéralement spirituel. Il met l’accent sur la source, c’est à dire l’Esprit Saint. Par exemple nous lisons dans 1 Corinthiens 12 :1, où il est écrit dans l’original : « Or, pour ce qui concerne les spirituels. » Ce que nous devons saisir ici, c’est qu’il ne s’agit pas de choses, comme des « dons » en eux-mêmes, mais de personnes possédant un « don ». Nous ne trouvons pas ce mot dans les évangiles, il est strictement « post-Actes 2 ».

Un autre exemple est 1 Corinthiens 14 :1, où il est écrit dans l’original : « Poursuivez l’amour, et désirez avec ardeur les spirituels, mais surtout de prophétiser. » C’est à dire poursuivez, recherchez avec ardeur, ceux qui sont spirituellement inspirés.

A titre d’exemple, nous retrouvons ce mot pneumatikos dans :

« Mais celui qui est spirituel discerne toutes choses; mais lui n’est discerné par personne. », 1 Corinthiens 2 :15.

« Et moi, frères, je n’ai pas pu vous parler comme à des hommes spirituels, mais comme à des hommes charnels, comme à de petits enfants en Christ. » 1 Corinthiens 3 :1, (le mot « hommes » utilisé deux fois n’est pas dans l’original).

« Frères, quand même un homme s’est laissé surprendre par quelque faute, vous qui êtes spirituels, redressez un tel homme dans un esprit de douceur, prenant garde à toi-même, de peur que toi aussi tu ne sois tenté. » Galates 6 :1.

ii) « Charismata », qui veut dire littéralement dons de grâce. Ici l’accent est mis sur le fait qu’un charisma (singulier) est issu de la grâce de Dieu. L’implication est qu’un tel don ne peut pas avoir son origine dans le croyant lui-même, et ne peut donc pas être « recherché » en lui, ni être « développé » ; c’est un don accordé par Dieu seul. Charismata (dons de grâce), contrairement à pneumatikos (spirituel) peut avoir plusieurs sens.

– Il peut vouloir dire le don de grâce de la part de Dieu pour les pécheurs : « Car les gages du péché, c’est la mort; mais le don de grâce de Dieu, c’est la vie éternelle dans le Christ Jésus, notre Seigneur.» Romains 6 :23.

– Il peut s’agir des privilèges conférés à Israël : « Car les dons de grâce et l’appel de Dieu sont sans repentir. », Romains 11 :29. (Ce verset ne peut s’appliquer qu’à Israël, ceci est déterminé par le contexte des chapitres 9, 10 et 11).

– Troisièmement, il peut signifier le don de grâce de la part de Dieu pour les croyants : « Or ayant des dons de grâce différents, selon la grâce qui nous a été donnée. », Romains 12 :6. « Ne néglige pas le don de grâce qui est en toi. », 1 Timothée 4 :14

– Quatrièmement, il peut signifier l’instruction donnée par quelqu’un: « Car je désire ardemment de vous voir, afin de vous faire part de quelque don de grâce [charisma] spirituel [pneumatikos], pour que vous soyez affermis. », Romains 1 :11.

– Cinquièmement, il est utilisé par Paul pour designer le don de célibat : « Je voudrais que tous les hommes fussent comme moi; toutefois chacun a son propre don de grâce de la part de Dieu, l’un d’une manière, et l’autre d’une autre. », 1 Corinthiens 7 :7

– Enfin, il est usité pour désigner la délivrance divinement accordée en réponses aux prières : « Vous aussi coopérant par vos supplications pour nous, afin que, pour le don de grâce qui nous est accordé par le moyen de plusieurs personnes, des actions de grâce soient rendues pour nous par plusieurs. », 2 Corinthiens 1 :11.

Ce qui est frappant dans les exemples de ces deux mots c’est que nous n’y retrouvons pas l’expression « dons spirituels » telle que nous la connaissons aujourd’hui. En fait, l’expression « dons spirituels » semble être un amalgame entre pneumatikos et charisma. Il y avait, du temps du Nouveau Testament, une idée différente du mot pneumatikos de ce que nous en avons aujourd’hui, et il existait une grande variété d’utilisation pour le mot charismata.

Définition : un don de grâce est la dotation divine d’une capacité particulière et spirituelle à un membre du corps de Christ pour le service et l’édification de l’assemblée tout entière.

(2) A qui sont destinés les dons de grâce ?

Les dons de grâce sont exclusivement destinés aux assemblées locales, nous ne lisons pas autre chose dans le Nouveau Testament. Dans 1 Corinthiens 12, un chapitre principalement occupé par l’explication des dons de grâce, Paul fait le parallèle entre l’exercice de ces dons (versets 1-11, 28-31), et la nature même du corps de Christ (versets 12-27). Ce que l’apôtre veut démontrer c’est que les dons de grâce sont donnés pour l’édification du corps de Christ et pour rien d’autre.

Il est donc fortement questionnable de voir des « manifestations spirituelles » lors de « campagnes d’évangélisations », lors de « conventions », ou encore lors de « conférences ». Il n’existe pas d’exemples de ces choses dans le Nouveau Testament. Ceux qui insistent que les « conventions » sont un principe biblique, s’appuient exclusivement sur l’Ancien Testament et les convocations d’Israël pour les fêtes.

Les Écritures indiquent sans ambiguïté que les dons de grâce ont été donnés pour l’Église et pour elle seule, et plus précisément pour l’édification des assemblées locales :

 « A chacun est donnée la manifestation de l’Esprit en vue de l’utilité. », 1 Corinthiens 12 :7.

« Ainsi vous aussi, puisque vous désirez avec ardeur des esprits, cherchez à en être abondamment doués pour l’édification de l’assemblée. », 1 Corinthiens 14 :12.

Le but principal de l’effusion de l’Esprit Saint le jour de la Pentecôte était afin d’équiper et de préparer l’Église pour qu’elle parvienne à la maturité que le Seigneur désire pour elle. Les mots « édification » et « édifier » se retrouvent sept fois dans le chapitre 14 de 1 Corinthiens. L’édification de l’assemblée est, selon les Écritures, le but des dons de grâce :

« Ainsi donc poursuivons les choses qui tendent à la paix et celles qui tendent à l’édification mutuelle. », Romains 14 :19

« Qu’est-ce donc, frères? Quand vous vous réunissez … que tout se fasse pour l’édification. », 1 Corinthiens 14 :26

Aussi, un don de grâce n’est jamais pour la gratification personnelle ; il est toujours suppléé par l’Esprit pour le bien de l’assemblée. Le Seigneur a donné des dons de grâce afin d’amener Son Église à la maturité, ainsi ils sont des moyens spirituels alloués aux assemblées en vue de la perfection, (Éphésiens 4 :12-16). Et en fait ces dons de grâce sont spécifiquement donnés pour l’édification des assemblées, aussi est-il nécessaire d’être parfaitement au clair quant à la nature et vocation de l’assemblée ; mais ceci est un tout autre sujet. Néanmoins, nous pouvons dire que si la vérité de l’assemblée n’est pas appréhendée, il y a peu de chance que nous comprenions la nature et la fonction des dons de grâce !

La question se pose de savoir quand et comment nous recevons les dons de grâce ? Certains disent que nous les recevons en même temps que l’Esprit Saint Lui même, à la nouvelle naissance. D’autres disent que nous les recevons au cours de notre vie chrétienne, la maturité spirituelle étant un facteur décisif. D’autres encore avance le fait que bien que les Corinthiens étaient spirituellement immatures ils avaient des dons de grâce.

Bien que ces questions soient légitimes, il y en a une qui domine toutes les autres. Les dons de grâce étant pourvus pour les assemblées, il est donc nécessaire de connaître la nature même de l’Église. C’est un des facteurs décisifs, qui nous permettra de connaître les réponses à ces questions, ceci est totalement ignoré par la grande majorité des chrétiens : les dons de grâce sont donnés pour l’édification des assemblées locales. Aussi, il est extrêmement important de savoir ce qu’est l’Église, et de connaître sa nature.

La plupart des églises aujourd’hui contiennent et pratiquent des choses que nous ne retrouvons pas dans le Nouveau Testament, (e. g. affiliations à diverses fédérations, le pastorat, l’élection d’anciens, les aspects associatifs, les traditions, etc. …). Aussi, comment le Seigneur peut-Il pourvoir les dons de grâce alors que Sa Parole est ignorée ou écartée au profit des traditions des hommes, (cf. Matt. 15 :3 ; Marc 7 :8) ? Alors même que, soit l’église survit très bien sans les dons de grâce, ou bien au contraire elle s’en invente ?

Ainsi, nous ne pouvons pas répondre à ces questions à moins de nous trouver sur le fondement posé par Dieu, dans les Écritures, quant à la nature de l’assemblée.

(3) La nature des dons de grâce

Ce paragraphe est extrêmement important, car il y a une grande confusion quant à ce que sont ou ne sont pas les dons de grâce. Il ne faut pas confondre les dons de grâce avec le talent, les dons naturels, les dispositions des hommes à pouvoir faire certaines choses. Par exemple, ce que nous voulons dire par « il a un don pour la musique », c’est que cette personne est dotée d’une aptitude naturelle qui dépasse la moyenne ; mais, bien entendu, il n’y a rien de spirituel à cela. Beaucoup parmi ceux qui clament avoir un « don spirituel » ont en fait une habilité toute naturelle qu’ils mettent au service de la foi ou de leur église. Une grande majorité de ces soi-disant dons, ne sont en fait que des capacités naturelles.

Aussi, avoir un don de grâce ne veut pas dire être doué pour un lieu de service particulier : « il a un don pour œuvrer dans les quartiers difficiles ». Ce n’est pas non plus avoir un « ministère » pour une certaine classe de gens : « il a un don pour travailler avec les jeunes. » Toutes ces choses, ne sont que des facultés et des compétences naturelles comme en ont les gens non-régénérés et n’ont rien à voir avec ce que nous enseigne la Parole de Dieu sur les dons de grâce. Il est déplorable de voir combien et comment ces dispositions toutes naturelles sont mises en avant et utilisées dans la Chrétienté. Dans beaucoup de milieux, ces choses remplacent les dons de grâce croyant qu’elles sont issues de l’Esprit Saint. Ceci a pour résultat beaucoup de confusion et que les vies demeurent infructueuses. Une des raisons principales de ces erreurs est qu’aucune distinction n’est faite entre l’âme et l’esprit, et beaucoup de choses qui sont dites et faites sont attribuées à l’Esprit alors qu’elles sont en fait issues de l’âme. Le résultat catastrophique d’une telle attitude est que l’Esprit Saint est totalement ignoré.

Enfin, lorsqu’un don de grâce était exercé dans l’église primitive, ni la personne, ni le don, n’étaient mis en avant et glorifiés. Dans le livre des Actes, beaucoup de dons de grâce étaient exercés, mais jamais nous ne lisons que les dons de grâce mêmes, ni ceux par qui ils étaient opérés avaient un statut particulier dans les assemblées. L’exercice et l’opération des dons de grâce étaient, tout du moins, dans les assemblées du Nouveau Testament, quelque chose de normal et de courant ; personne ne s’enorgueillissait quant au fait que les dons de grâce étaient présents.

(4) Distinction des dons de grâce

Il y a dans le Nouveau Testament deux passages principaux traitant des dons de grâce, et d’autres passages secondaires ; voici ces passages et les dons mentionnés:

a) Romains 12 :6-8

La prophétie, le service, l’enseignement, l’exhortation, la distribution, la conduite, l’exercice de la miséricorde.

b) 1 Corinthiens 12 : 8-10

La parole de sagesse, la parole de connaissance, la foi, les guérisons, les opérations de miracles, la prophétie, les discernements d’esprits, les langues, l’interprétation des langues.

i) 1 Corinthiens 12 :28

Les apôtres, les prophètes, les docteurs, les miracles, les guérisons, les aides, les gouvernements, les langues. Nous traiterons des « apôtres, prophètes et docteurs » dans une étude ultérieure.

ii) Éphésiens 4 :11

Apôtres, prophètes, évangélistes, pasteurs, docteurs. Ce passage a plusieurs particularités par rapport aux autres, nous y reviendrons plus tard.

iii) 1 Pierre 4 :7-11

Parler, le service.

Les divers « dons de grâce », mentionnés dans la Parole de Dieu, sont donc les suivants : la prophétie, le service, l’enseignement, la distribution, la conduite, l’exercice de la miséricorde, la parole de sagesse, la parole de connaissance, la foi, les guérisons, les opérations de miracles, les discernements d’esprits, les langues, l’interprétation des langues, les aides, les gouvernements.

Notons que certains dons de grâce sont au pluriel. Par exemple, il est incorrect de parler du « don de guérison », ou que quelqu’un a le « don de guérison » ; les Écritures disent les guérisons.

De cette liste nous pouvons faire plusieurs observations. Premièrement, il est fort probable que ces « listes » ne soient pas exhaustives, certains de ces « dons » ne sont donnés qu’à titre d’exemple, (e. g. 1 Corinthiens 13 :1-3). Par ailleurs, certaines choses auraient pu être considérées parfois comme un « don », comme par exemple la prière. Personne ne peut nier le fait que certains chrétiens, à travers les âges, avaient une capacité exceptionnelle quant à la prière ; une capacité qui ne pouvait avoir été donnée que par le Seigneur.

Par surcroît, nous lisons que d’avoir un psaume était égal à avoir un enseignement ou une langue, (1 Corinthiens 14 :26) ; ceci démontre que les « listes » élaborées ici et là ne sont pas complètes. Combien y a t-il de « dons de grâce » en tout, personne ne le sait ; car les Écritures ne nous donnent que quelques indications quant à ceux-ci. Ceci justifie le fait que nous ne devrions pas être dogmatiques en ce qui concerne les choses spirituelles, et que nous de pouvons pas systématiser les choses que nous trouvons dans la Parole de Dieu.

Je pense qu’il est juste de considérer Éphésiens 4 :11 séparément. En effet, il semble y avoir des différences importantes entre les « dons » listés ci-dessus et le fait que Christ ait donné des apôtres, prophètes, évangélistes, pasteurs et docteurs. La liste établie ci-dessus décrit des aptitudes spirituelles. L’Esprit de Dieu rendait capables de faire certaines choses, qui étaient naturellement impossible à faire. Les « dons » énumérés dans Éphésiens 4 sont des hommes qui sont divinement équipés pour accomplir une œuvre.

(5) Le sujet des dons de grâce divise

Ce sujet particulier a divisé les chrétiens en deux camps principaux :

a) Ceux qui ne croient pas que les dons de grâce sont pour aujourd’hui, ou du moins qui croient que certains dons ne sont plus pour aujourd’hui ; les chrétiens adoptant cette attitude sont appelés « cessionistes » (les dons ayant cessés). Ce camp inclus la majorité des chrétiens évangéliques, y compris les Frères. La plupart de ceux-ci mettent en avant l’intellect et donc la connaissance, ils ont, en général, une approche toute rationnelle envers les Écritures ; et sont donc très suspicieux envers tout ce qui leur semble irrationnel.

Pour ceux qui adoptent une attitude mitigée entre les « cessionistes » radicaux et les « non-cessionistes », les dons considérés comme ayant cessés sont : les apôtres, les prophètes, la prophétie, les miracles, les guérisons, les langues, les interprétations de langues et les discernements d’esprits.

b) Ceux qui au contraire, croient que tous les dons de grâce sont toujours actuels sont appelés « non-cessionistes ». Ce camp inclus, en particulier, les pentecôtistes et les charismatiques, mais aussi certains chrétiens évangéliques. Le plus grand nombre de ceux-ci mettent en avant les sens, les émotions, et donc les expériences. Il s’ensuit que, dans ces milieux, beaucoup de choses interprétées comme étant des « dons spirituels » sont en fait les activités de l’âme. Ils se refusent à rejeter quoi que ce soit se trouvant dans la Bible concernant les « dons spirituels ». Beaucoup d’entre eux considèrent que les dons donnés aux hommes dans Éphésiens 4 sont toujours d’actualité.

Nous pouvons faire quelques observations quant à ces deux camps. Chacun d’eux mettent en avant certains passages bibliques, que nous considèrerons plus tard, pour « prouver » leur position. Les termes « cessionistes » et « non-cessionistes » sont relativement récents et ne se rencontre que dans les milieux académiques, comme les écoles bibliques. La position des « cessionistes » est en fait une réaction aux mouvements pentecôtistes et charismatiques. Autrement dit cette école est très moderne dans le sens où le mouvement pentecôtiste remonte au début du 20e siècle, et que le mouvement charismatique ne date que depuis la fin des années 1950 ; avant cela personne ne s’intéressait vraiment aux « dons spirituels ». Ceci est intéressant, et devrait nous interpeller par trois fois :

1) Il semble que l’Église, du second au 20e siècle, excepté quelques mouvements marginaux, ne se soit pas préoccupée des « dons spirituels » ; elle a survécue sans mettre l’accent sur ces choses. La question que l’on peut se poser est : les « dons spirituels » sont-ils alors indispensables ? L’Église qui a survécue et prospérée pendant près de 20 siècles sans se soucier aucunement des « dons spirituels », ne prouve t-elle pas qu’elle pourrait exister ainsi jusqu’au retour du Seigneur ?

2) Mais cette Église, prise au sens général du terme, a été moins que « glorieuse, n’ayant ni tache, ni ride, ni rien de semblable … sainte et irréprochable. », (Éphésiens 5 :27). Certes elle n’a aucunement éprouvé le besoin d’avoir et d’exercer les « dons spirituels », mais ne s’est-elle pas appauvrie spirituellement par la même occasion ? Aussi, n’a t-elle pas remit en question et en danger sa croissance spirituelle et donc son témoignage ?

3) Il y a une troisième remarque que nous devons faire. Est-il possible que l’Église ait exercé les « dons spirituels », tout du moins quelques uns, sans qu’elle ni ait apporté une importance démesurée ? Sans, en quelque sorte, qu’elle ne trouve anormal l’exercice de ces « dons » ? Il est fort possible, que dans certains milieux, ceci ce soit passé : des « dons spirituels » étaient effectifs sans que l’accent soit mis sur eux, ni sur les personnes à travers lesquelles ils avaient été opérés. L’histoire de l’Église témoigne, qu’à travers les âges, le Seigneur est intervenu à maintes fois pour secourir et aider Son Église. Par exemple, ne voit-on pas l’exercice du don de la foi dans ces chrétiens qui étaient jetés aux fauves dans les arènes ? Cette démonstration de foi extraordinaire n’était-elle pas un formidable catalyseur de courage pour les assemblées ?

Pour conclure ce paragraphe, il est triste de constater que ce sujet des « dons spirituels » divise les chrétiens, alors même que Paul nous dit que nous sommes supposés être conduits « jusqu’à ce que nous parvenions à l’unité de la foi. », Éphésiens 4 :13.

(6) L’actualité des dons de grâce

Aucun passage des Écritures ne nous indiquent que les dons de grâce énumérés dans Romains 12 et 1 Corinthiens 12 ont cessés à un point donné de l’histoire de l’Église. Beaucoup avancent que les dons de grâce ont pris fin avec la complétion du canon du Nouveau Testament. Néanmoins, cette hypothèse ne peut pas être prouvée par les Écritures ; à moins de se lancer dans des interprétations hasardeuses de quelques passages.

Les dons de grâce sont toujours actuels. Mais ils ont été donnés exclusivement pour l’édification des assemblées, et ils y sont manifestés sans que personne n’élève au delà de l’ordre divin ni ces dons ni ceux par qui ils sont manifestés. L’exhortation de l’apôtre Paul s’applique particulièrement bien ici : « Que toutes choses se fassent avec bienséance et avec ordre. », 1 Corinthiens 14 :40.

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