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Archive for the ‘Messages’ Category

Par Harry Foster

« Or en ces jours-là, des prophètes descendirent de Jérusalem à Antioche. Et l’un d’entre eux, nommé Agabus, se leva et déclara par l’Esprit, qu’une grande famine aurait lieu dans toute la terre habitée, laquelle aussi eut lieu sous Claude. Et les disciples, chacun selon ses ressources, déterminèrent d’envoyer quelque chose pour le service des frères qui demeuraient en Judée : ce qu’ils firent aussi, l’envoyant aux anciens par les mains de Barnabas et de Saul.», Actes 11 :27-30

« Or vers ce temps-là, le roi Hérode mit les mains sur quelques-uns de ceux de l’assemblée pour les maltraiter. », Actes 12 :1

« Pierre donc était gardé dans la prison; mais l’assemblée faisait d’instantes prières à Dieu pour lui. », Actes 12 :5

« Mais la parole de Dieu croissait et se multipliait. Et Barnabas et Saul, ayant accompli leur service, s’en retournèrent de Jérusalem, emmenant aussi avec eux Jean qui était surnommé Marc. », Actes 12 :24-25

L’incident raconté au chapitre douze du Livre des Actes pourra nous être une aide précieuse, si nous en réalisons les vastes implications. Le verset 24, en disant que la Parole de Dieu croissait et se multipliait, ne parle pas simplement de ce qui se passa à Jérusalem après la libération de Pierre, mais de la propagation de l’Évangile sur toute la terre. Il y a ici un point remarquable en ce qui concerne le peuple de Dieu — « Mais la Parole de Dieu croissait et se multipliait. » Et cependant, toute l’explication de cela se trouve certainement au verset 5, où il nous est révélée la crise secrète qui avait amené ce reflux de la marée — « Mais… la prière. »

Chacun sait naturellement que ce treizième chapitre marque une nouvelle division du Livre des Actes, et qu’il introduit un développement très important dans la vie de l’Église. A partir de ce moment, le témoignage de Jésus Christ est propagé d’une manière surprenante et entièrement nouvelle par toute la terre; la Parole de Dieu en effet se multiplie. Cependant le récit se continue directement depuis le douzième chapitre, et lui est intimement lié. Il ne faudrait pas nous imaginer que ce nouveau développement ait été sans relations avec ce qui s’était passé auparavant; mais il faut plutôt tenir compte de la relation intime qui existait entre les événements survenus à Jérusalem et l’initiative prise précédemment à Antioche.

La Signification du Temps

 a) Le Triomphe Spirituel à Antioche

« Or vers ce temps-là… » Quel temps ? Le temps d’une grande victoire et d’une bénédiction spirituelle à Antioche. L’Esprit de Dieu avait été puissamment à l’œuvre dans cette ville, et durant toute une année, Saul et Barnabas y avaient enseigné les nouveaux convertis, remarquables par la grâce immense de Dieu que l’on pouvait voir en eux. C’est alors, qu’au milieu de ce temps heureux de communion et d’instructions bénies, que s’élève une question toute pratique. Par le moyen d’un prophète venu de Jérusalem, le Saint Esprit leur présente une opportunité très pratique. C’est toujours ainsi qu’Il agit. Beaucoup de choses dépendent de la manière dont nous réagirons en présence d’un appel comme celui-là. Les saints d’Antioche apprennent qu’une famine menace la Judée, et c’est ainsi que, de manière très pratique, ils sont mis à contribution et doivent prouver s’ils vont efficacement profiter de cette nouvelle. C’est un moment critique. Par le moyen du prophète Agabus, ils sont amenés à démontrer si, réellement, la grâce de Dieu a agi efficacement en eux. S’ils sont prêts à supporter l’épreuve. Leur réponse est immédiate et sincère. Ils mettent de côté tout sentiment que pourrait produire leur éloignement de Jérusalem ou leur indépendance à l’égard de l’assemblée qui s’y trouvait.

Leurs frères sont dans le besoin. Cela leur suffit. L’amour triomphe et ils se décident immédiatement à envoyer une assistance ; chacun selon son pouvoir.

« Or, vers CE temps-là, le roi Hérode se mit à… » — N’est-ce pas là ce que fait le diable. C’est précisément lorsqu’il y a un nouveau mouvement du Seigneur parmi Son peuple, et une expression plus pleine du triomphe de Sa grâce dans le cœur de Ses enfants, que Satan réagit avec une haine et une opposition d’autant plus cruelles. C’est tellement vrai dans notre propre expérience.

 b) Les Débuts d’une Association Apostolique

Nous voyons un autre trait significatif, au temps où se fit cette attaque maligne, elle marque aussi les débuts d’une association très importante de deux hommes — Barnabas et Saul. Ils s’étaient déjà connus auparavant; c’était en fait Barnabas qui avait amené Saul à Antioche pour la première fois. Mais maintenant, un mouvement vital et significatif de Dieu va se faire, un mouvement qui demande le ministère de deux hommes. Dans la Providence de Dieu, ces deux hommes se trouvent ensemble à Jérusalem à ce moment même; il se peut qu’ils aient pris part à ce temps particulier de prière et d’intercession en faveur de Pierre. Nous ne devons pas faire trop de suppositions au sujet de ces mouvements des apôtres dont la Parole ne parle pas, mais le Saint Esprit a sûrement un but en rappelant leur présence à Jérusalem, immédiatement avant et aussitôt après le récit de la délivrance de Pierre d’entre les mains d’Hérode. Le chapitre onze se termine par l’arrivée de Barnabas et Saul à Jérusalem. Ils y étaient venus avec les dons qu’ils apportaient aux saints en détresse de cette ville. Il est vrai qu’il n’est fait aucune mention d’eux jusqu’au verset 24 du douzième chapitre; mais, à la fin du récit, il est parlé, au verset 25, de l’accomplissement de leur mission et de leur retour de Jérusalem à Antioche. Cela semble indiquer clairement que l’auteur du récit veut nous faire comprendre que Barnabas et Saul se trouvaient à Jérusalem durant la période intermédiaire. Il semble y avoir encore une autre confirmation à cela, dans le fait que les personnes réunies pour la prière étaient assemblées dans la maison de la mère de Jean Marc (verset 12), ce même jeune homme qui accompagna Saul et Barnabas lors de leur retour à Antioche. Cette réunion de prière à Jérusalem semble prendre une signification toute nouvelle. Elle est liée à des questions beaucoup plus vastes même que le ministère de Pierre et de l’assemblée locale. Premièrement elle arrête, puis renverse la marée montante de l’opposition des forces spirituelles, et ouvre la voie pour une puissante libération de l’énergie de l’Esprit ; à travers l’assemblée tout entière.

c) Le Temps de la Pâque

Il y a encore un autre point à relever, à l’égard de cet élément du temps; c’est que c’était le temps de la Pâque. « C’était pendant les jours des pains sans levain. » Il semble que, d’une manière générale, les saints aient encore observé les fêtes juives; il leur eut en effet été impossible de ne pas le faire à Jérusalem. S’ils n’observaient plus les autres fêtes juives, strictement, ils célébraient au moins la Pâque; ils en tenaient certainement compte. Lorsque la Pâque était célébrée, ils se souvenaient certainement, de manière vivante, de cette autre fête de la Pâque où, quelques années seulement auparavant, l’Agneau de Dieu avait été offert pour leur rédemption, il n’y a aucun doute à cela. Mais il y a toujours un danger dans notre commémoration des choses spirituelles; c’est qu’elle ne devienne une forme sans vie, au lieu d’exprimer des valeurs actuelles et vivantes. Le Seigneur doit prendre des précautions, afin de nous délivrer de ce péril. Il peut avoir vu que, à Jérusalem, les croyants couraient le danger de célébrer la victoire du Calvaire comme un fait de l’histoire ancienne, et c’est alors qu’il permit à Hérode de s’engager dans une nouvelle attaque, pour que le peuple de Dieu, amené dans un nouveau conflit, prouve à nouveau, et de manière personnelle, la puissance actuelle de la victoire glorieuse de Christ. Ce n’était donc pas tellement le temps de Satan — mais plutôt le temps de Dieu. Il n’y a pas de doute quant à la férocité de l’assaut qui tomba sur eux. « Mais… la prière. » Et nous pouvons réellement ajouter, « Mais Dieu… ».

 Ne nous laissons pas décourager lorsque l’ennemi renouvelle ses attaques, et ne commettons pas la faute de nous imaginer que le Seigneur est contre nous, simplement parce que la vie est difficile et pleine de problèmes. Il y a une opportunité en tout ce qui nous arrive. De grandes choses sont en vue. C’est précisément lorsque l’assemblée qui était à Antioche répond de tout son cœur au Seigneur, lorsqu’un nouveau jour va paraître pour le témoignage universel de Christ, et lorsque Dieu va donner à Son peuple une preuve nouvelle du triomphe parfait du Calvaire, que « vers CE temps-là le roi Hérode mit les mains sur quelques-uns de ceux de l’assemblée ».

Cela nous aidera à apprécier un fait important, c’est que nos difficultés personnelles et nos épreuves locales, nos expériences corporatives de conflit spirituel, ont une relation vitale avec des activités de Dieu, beaucoup plus grande que nous ne pouvons l’imaginer. « Mais l’assemblée faisait d’instantes prières… » — « Mais la Parole de Dieu croissait et se multipliait. » Ces deux choses sont très intimement liées.

Dieu se Sert de la Famine

Ce fut une famine qui fut l’occasion de la présence de Barnabas et de Saul à Jérusalem. Nous savons en effet qu’une famine comme celle-là sévit sur une vaste étendue de la terre. Nous avons non seulement d’autres récits authentiques de la famine sévère qui frappa Jérusalem même, mais aussi des descriptions de la condition de famine qui sévit alors en Grèce et à Rome. C’était un de ces temps où le monde tout entier était dans la détresse et la souffrance. Tandis que ce serait une exagération de suggérer la pensée que la situation du monde fut permise pour que le dessein de Dieu pût être réalisé parmi Son peuple à Jérusalem et à Antioche, il n’y a cependant aucun doute quant au fait que les conditions du monde sont employées à la fois par le diable et par Dieu, pour des activités et des intérêts particuliers parmi le peuple de Dieu.

Supposons maintenant que les saints à Antioche, qui apparemment n’étaient pas eux-mêmes affectés par la famine, soient restés indifférents et impassibles à l’égard des besoins de leurs frères à Jérusalem. Barnabas et Saul n’y seraient pas allés à ce moment là; ils auraient pu manquer un dessein divin, et il aurait pu n’y avoir aucun développement spirituel à Antioche, tel que celui décrit au chapitre treize. Beaucoup de choses peuvent avoir découlé de l’envoi du secours à Jérusalem. Aucun de nous ne savons combien les questions spirituelles sont étroitement reliées entre elles.

Un chrétien ordinaire, l’un de ceux qui se rassemblèrent dans la maison de la mère de Jean Marc pour la prière, aurait pu penser n’avoir aucun rôle dans la grande mission apostolique et les triomphes de l’Évangile accomplis par le moyen de Barnabas et de Saul. Il aurait pu penser n’avoir lui-même aucune part en cela. Dieu seul sait quelle énergie spirituelle est libérée, jusqu’aux extrémités de la terre, lorsqu’un simple groupe de croyants se réunit pour la prière, et non seulement se réunit pour la prière, mais triomphe et remporte la victoire dans la prière. Le conflit paraît être lié à une situation purement locale ou à un besoin personnel, mais si ceux qui assiègent ainsi le Trône dans l’intercession se lèvent au Nom du Seigneur pour réclamer la plénitude de Sa victoire, la victoire personnelle et locale deviendra l’occasion d’une libération des forces spirituelles dans une sphère très vaste.

L’Épreuve de la Persécution

Nous voyons ensuite que la famine est suivie par la persécution, par l’emprisonnement de Pierre, et par une épreuve sévère pour tous les croyants. Quel était le but de l’ennemi dans cette persécution ? N’était-ce pas de disperser les saints, de les diviser, de les amener à perdre courage, et peut-être à se compromette, ou même à tout abandonner ? Nous sommes, nous aussi, affectés par les conditions mondiales, comme eux le furent par la famine. Il se peut que quelques-uns d’entre nous, nous nous trouvions dans une persécution réelle, mais nous souffrons aussi des tentatives que fait Satan pour nous décourager et nous diviser. Il est vrai que seul Pierre était réellement en prison, mais l’assemblée tout entière était dans l’épreuve; tous les croyants étaient éprouvés. Allaient-ils rester fermes au jour mauvais, et remporter la victoire ? Il est si facile de jouir des réunions, d’apprécier l’enseignement biblique, et d’apporter nos louanges au Seigneur avec tous nos frères et sœurs, et cependant de défaillir lorsqu’arrive le conflit. Il ne leur eût pas été difficile de perdre courage. Jacques leur avait été violemment enlevé; Pierre était en prison; tout semblait démentir la réalité de leur foi. A quoi leur servirait-il d’aller à une réunion de prière ?

Très souvent, dans de telles circonstances, l’élément humain intervient. Pierre n’était pas un homme parfait, nous pouvons en être tout à fait certains; et dans une épreuve pareille, il devait leur être facile de se rappeler les fautes de Pierre. Ils pouvaient se dire que Pierre aurait pu éviter son arrestation, s’il avait agi différemment. Satan faisait tous ses efforts pour s’infiltrer au sein de ce troupeau, pour détruire la communion étroite des saints, pour les amener au doute, à la perplexité et à la discussion — à tout ce qui pourrait les empêcher de demeurer fermement ensemble dans la foi. Ils auraient pu sentir que cet emprisonnement était l’affaire de Pierre, et non la leur. Ils auraient pu le laisser trouver sa propre issue, tout en faisant peut-être par devoir une petite prière pour lui, bien que sentant en général que c’était son affaire personnelle, à lui. Et nous sommes, nous aussi, exposés à ces mêmes périls et à ces mêmes tentations. Nous n’avons pas à attendre une persécution active, car Satan cherche toujours à nous diviser en esprit, à nous rendre méfiants et critiques les uns à l’égard des autres, parfois même à rester égoïstement à l’écart. Le diable concentre toute son attention sur l’assemblée, pour lui faire perdre la foi, pour lui faire perdre l’espérance, et pour affaiblir son amour. Nous ne parlons pas ici de notre devoir d’assister à une réunion de prière — il se peut que quelques-uns des anciens n’aient pas été présents à celle-ci — mais nous soulignons le principe spirituel de la résistance à toute tentative de dispersion.

L’assemblée qui était à Jérusalem ne succomba pas devant cette tentation; elle se rallia dans une prière et un amour sincères, non pas seulement pour Pierre, mais pour la volonté et la gloire de son Seigneur.

La Victoire à Jérusalem

« Mais… la prière. » Nous avons ici la réponse spirituelle à un défi spirituel; et beaucoup de choses dépendent du résultat. Si la victoire n’avait pas été remportée à Jérusalem, si les saints avaient été dispersés, découragés et défaits, que serait-il arrivé à la Parole de Dieu ? La bataille réelle se livrait pour la libération de la Parole de Dieu. La question suprême, ce n’était pas ce qui allait arriver à l’assemblée qui était à Jérusalem, ni même ce qu’il adviendrait de Pierre. Ce qui importait réellement était ce qui allait arriver à la Parole de Dieu. Lorsque les saints se réunirent pour la prière dans la maison de Marie, bien qu’ils ne l’aient probablement pas réalisé alors, ils livraient la bataille pour l’évangélisation du monde, pour l’accroissement et la multiplication de la Parole de Christ. Il y a deux « mais » dans ce chapitre. Le premier, c’est la responsabilité de l’assemblée – elle ne se laissa pas ébranler. Satan essaya de renverser, de disperser, de détruire l’amour, et de changer la foi en désespoir, lorsqu’il fut soudain arrêté par une puissante résistance spirituelle — «Mais…la prière. » Ce fut un moment décisif. Tout le cours des événements est arrêté; et nous assistons alors à toute une suite bénie d’actes divins de délivrance. C’est immédiatement après cela — car Dieu avait pris ces choses en mains et faisait rapidement disparaître toute opposition — que Son peuple est conduit en avant, vers de nouveaux triomphes. Nous avons au verset 24 le grand « mais » divin : « MAIS la parole de Dieu croissait et se multipliait. » C’est la réponse à la prière de l’assemblée, la première responsabilité avait été la sienne, puis Dieu avait agi de manière puissante, et Il avait dit « mais » ; en libérant Sa Parole sur toute la terre.

De même que l’assemblée qui était à Jérusalem, nous avons, nous aussi, à subir des assauts contre notre foi, notre patience et notre amour. Si nous ne faisons pas résolument face à ces conflits locaux et personnels, pour remporter la victoire au Nom du Seigneur Jésus, quel espoir d’accroissement et de multiplication pourra-t-il y avoir ? Si, d’un autre côté, nous relevons le défi, comme le firent les croyants qui étaient à Jérusalem, en refoulant la menace du désastre spirituel par notre « Mais… la prière », Dieu répondra sûrement par Son « mais », et assainira le chemin pour un accroissement nouveau et une nouvelle plénitude.

 Les Effets plus Vastes

Il semble donc qu’il y ait eu un contexte très vaste, des implications très grandes, quant à la lutte que fut la prière dans la maison de Marie. Les chrétiens qui étaient à Jérusalem pensaient être assaillis dans leur intérêt purement local et personnel. Ils sentaient, et cela avec raison, que par la prière ils pourraient remporter une victoire locale et immédiate. Que le Seigneur en soit béni !

Mais ce qu’ils ne savaient pas, ce qu’ils auraient à peine pu imaginer, c’est qu’ils se trouvaient à un moment crucial dans la stratégie divine, c’est que cette victoire signifierait une grande libération des serviteurs de l’Eternel et de Sa Parole. Un simple croyant à Jérusalem aurait pu se demander s’il était vraiment si important qu’il fût triomphant ou défait, si beaucoup de choses dépendaient réellement de sa loyauté et de sa foi. Cela importait beaucoup plus qu’il ne pouvait le réaliser. Il en est toujours ainsi. Cela importe immensément. Il y a des issues très vastes qui sont engagées dans les victoires ou les revers spirituels du peuple de Dieu.

C’est ainsi que, lorsque Pierre fut libéré, quelque chose d’autre fut aussi libéré; toute la situation fut libérée. Il avait semblé, durant un certain temps, que tout était arrêté. Ce seul homme, Pierre, avait paru être l’incarnation de tout l’état des choses. Il était enfermé, il était dans les chaînes, et il semblait que toutes les activités de l’Esprit, par l’assemblée, arrivaient à une fin. Tout alors dépendait de l’attitude du peuple de Dieu, allait-il accepter ce qui paraissait inévitable ? Allait-il succomber en face de l’opposition, et serait-il défait ? Si oui, nous n’avons aucune garantie quant à ce qui aurait pu arriver. Mais au lieu de succomber, les enfants de Dieu se levèrent dans la foi, pour affirmer que la Pâque n’est pas une simple commémoration d’une victoire passée, mais qu’elle est la célébration de la puissance toujours actuelle du triomphe universel du Calvaire. Dieu répond en libérant Pierre, mais bien plus encore. Il donne un accroissement nouveau et puissant à tout le témoignage de l’assemblée.

Nous arrivons maintenant au treizième chapitre du livre des Actes, pour y trouver Barnabas et Saul à la veille du jour où ils seront envoyés par l’Esprit Saint jusqu’aux extrémités de la terre. Il faut se souvenir qu’ils viennent d’arriver de Jérusalem, dans la bénédiction spirituelle d’une grande victoire; ils en sont revenus sur une conquête glorieuse de vie et de puissance, celle-ci fut donnée en réponse à la prière de la foi. A bien des égards, Jérusalem et Antioche peuvent avoir été différentes, mais il n’y a aucun doute quant à leur relation spirituelle. La nature organique de l’Église signifie que nous dépendons fortement les uns des autres. Ce n’est pas la voie du Seigneur que de confiner Son action à des cas limités et locaux. Il se saisit de nos épreuves et de nos conflits, pour en faire l’occasion de victoires spirituelles importantes, devant amener un accroissement vaste et étendu. Les enfants de Dieu sont unis ensemble dans leur expérience actuelle, et en association vitale pour les intérêts et la gloire du Seigneur.

Une Parole d’Avertissement

Il reste simplement un mot d’avertissement au sujet du jeune homme qui accompagna Barnabas et Saul. Marc avait eu naturellement tous les encouragements à devenir un compagnon d’œuvre. Il avait vécu tous ces événements émouvants. Il avait été plongé avec d’autres dans l’obscurité de la bataille, il avait éprouvé la tristesse de la défaite apparente, il avait entendu la prière, et il avait été le témoin de la réponse merveilleuse. Lorsque Barnabas et Saul retournèrent à Antioche, marqués par la délivrance merveilleuse de Dieu, Marc y descendit avec eux, rempli du sentiment de la puissance irrésistible de Dieu. Il était si enthousiaste et si inspiré qu’il n’eut aucune difficulté à s’offrir pour aller jusqu’aux extrémités de la terre pour Christ. Nous apprenons donc que, lorsque Barnabas et Saul partirent, « ils avaient aussi Jean pour serviteur. » (Actes 13 :5). Mais cela ne dura pas longtemps : « Jean s’étant retiré d’eux, s’en retourna à Jérusalem » (verset 13). Il semble qu’il n’ait pas été préparé à voyager dans un territoire sombre et hostile, tout en continuant à croire fermement que le Dieu qui avait répondu à la prière à Jérusalem était encore avec eux. La seule expérience extérieure des choses ne nous mène pas très loin. Saul et Barnabas avaient quelque chose de plus que cela; ils avaient une connaissance intérieure et profonde du triomphe de la Croix, et de la réalité toujours présente du Seigneur vainqueur.

 Ceci est une note d’avertissement, afin que nous ne soyons pas de ceux qui regardent de manière superficielle la question de la lutte dans la prière. Nous ne pouvons pas vivre d’émotions et de miracles. Nous n’aurons pas toujours des résultats rapides. Le conflit spirituel croissant demandera une connaissance toujours plus profonde et intérieure du Seigneur. L’enthousiasme de Marc ne le porta pas très loin. Peut-être la meilleure chose fut-elle pour lui de retourner à Jérusalem. Nous ne pouvons le certifier, mais il se peut qu’il eût mieux valu qu’il n’en partît pas pour un temps, car après tout, c’était là qu’il avait appris quelque chose de la puissance de Dieu. Mais nous savons que, dans une simple maison de cette ville, une réunion de simples chrétiens, sans nom, soutint une lutte spirituelle puissante, et remporta une victoire qui eut des répercussions dans des pays et des nations bien plus lointains. Et cela peut être vrai de nous tous.

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La Parole et l’Esprit

Par Frederick B. Meyer

 « La somme de ta parole est la vérité, et toute ordonnance de ta justice est pour toujours. », Psaume 119 :160

Il existe un danger préjudiciable, promu par certaines personnes sincères, qui est de magnifier la lumière intérieure et la conduite de l’Esprit Saint au détriment de la Parole qu’Il nous a donnée et à travers laquelle Il œuvre encore de façon efficace dans le cœur des hommes. Ceci est une grande erreur et la source d’une multitude de malveillances. Dès que nous mettons de coté la Parole de Dieu, nous nous soumettons aux sollicitations des nombreuses voix qui parlent dans nos cœurs. Alors, nous n’avons plus aucune référence, plus de critère de vérité ; plus aucun recours d’appel.

Comment pouvons-nous connaître la conduite de l’Esprit de Dieu, dans les situations les plus délicates dans lesquelles nous nous trouvons, à moins que notre jugement soit profondément ancré dans la Parole de Dieu ? Nous ne devons pas nous contenter de l’Esprit sans la Parole, ni de la Parole sans l’Esprit ! Nos vies doivent suivre ces deux voies comme le fait un train sur deux rails, parallèles et indissociables. La Parole est le véhicule divinement choisi par l’Esprit. Ce n’est que lorsque nous sommes familiers avec la Parole que nous pouvons discerner la voix de l’Esprit. C’est par la Parole que l’Esprit pénètre nos cœurs, comme le fait la lumière du soleil à travers une forêt.

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Prière et fardeau

Par Watchman Nee

« Ainsi dit l’Éternel qui fait cela, l’Éternel qui se le propose pour l’effectuer, l’Éternel est son nom: Crie vers moi, et je te répondrai, et je te déclarerai des choses grandes et cachées, que tu ne sais pas. » (Jérémie 33 : 2-3)

« N’éteignez pas l’Esprit. » (1 Thessaloniciens 5 :19)

I

Chaque enfant de Dieu devrait avoir un fardeau reçu de Dieu. Mais les fardeaux de Dieu ne peuvent être reçus que si nos esprits Lui sont ouverts. Cette ouverture de notre esprit envers Dieu est indispensable si nous désirons recevoir de Lui de tels fardeaux. Une fois que nous les avons reçus, nous devons apprendre à nous en décharger fidèlement dans la prière. Quand nous nous seront déchargé du premier fardeau, nous en recevrons un deuxième, et quand le deuxième sera déchargé, nous en recevrons un troisième.

Ce qui importe avant toute autre chose, ici, c’est que Dieu trouve notre esprit ouvert. A cause de l’infidélité, nous pouvons facilement nous trouver dans un état tel, que nous ne recevons plus aucun fardeau. Ainsi, pour peu que nous désirions être de ceux qui portent les fardeaux de Dieu, nous devons être très sensibles et ne rejeter aucune impression qui nous vienne de Lui. Au début, de telles notions peuvent être à peine perceptibles, mais elles gagneront en intensité si nous allons de l’avant. Si nous éteignons l’Esprit et que nous perdions notre fardeau, le seul moyen de revenir à notre position normale, c’est de confesser notre péché, et de réagir ensuite fidèlement à toute impression venue de Dieu. Sitôt que vous êtes porté à prier, priez. Si vous ne recevez pas de nouveaux fardeaux, il ne peut y avoir qu’une explication : c’est que vous ne vous êtes pas libéré du fardeau que vous aviez déjà. Déchargez-vous-en, et fardeau après fardeau se présenteront au fur et à mesure que vous vous en déchargez. Soyez fidèle. C’est en vous déchargeant fidèlement du fardeau que vous avez, que Dieu vous donnera, sans y manquer, de nouveaux fardeaux à porter. Si vous comptez sur Dieu pour qu’Il vous emploie, si peu que ce soit, il vous faut porter Ses fardeaux.

II

Les fardeaux sont surtout en rapport avec l’œuvre de Dieu. C’est pourquoi, si nous sommes préoccupé de faire Sa volonté, nous devons regarder à Lui jusqu’à ce qu’Il nous fasse part de Son fardeau, car Son fardeau est l’indication de Sa volonté. C’est par les fardeaux qu’il met sur nous que nous discernons Sa volonté pour nous, et la manière dont cette volonté peut être réalisée par nos vies.

Par exemple, si Dieu vous donne un fardeau pour prêcher l’évangile, plus vous prêcherez l’évangile, plus vous vous sentirez libéré, tandis que si vous restez chargé de ce fardeau, il s’appesantira sur vous de plus en plus, jusqu’à ce que vous en soyez écrasé. Puis une barrière se dressera entre vous et Dieu, et vous découvrirez qu’il n’est pas aussi facile qu’avant d’entrer en contact avec Lui.

Toute œuvre spirituelle est liée à des fardeaux de cette nature. Essayez de travailler sans fardeau, votre œuvre ne produira rien. Mais mettez-vous à l’œuvre progressivement en harmonie avec le fardeau qui est sur vous, et votre être tout entier jouira d’une liberté grandissante. La valeur de votre œuvre dépendra du fardeau dont il est l’occasion pour vous. Il aura infailliblement une valeur spirituelle s’il est le produit d’un fardeau reçu de Dieu, et vous-même serez continuellement libéré et rafraîchi. Autrement votre travail sera sans valeur spirituelle, vous aurez l’impression de vous dépenser en vain ; peut-être même vous sentirez-vous repris au milieu de vos labeurs. Qu’aucune œuvre spirituelle ne soit donc entreprise sans que nous nous soyons placé devant Dieu pour attendre qu’il nous confie Son fardeau; alors seulement mettons-nous résolument à l’œuvre pour nous en décharger.

III

Mais cela ne veut pas dire qu’il nous faille constamment regarder en dedans pour découvrir si nous avons un fardeau ou non. Parmi les enfants de Dieu, il n’y a rien de plus pernicieux que l’introspection. Retenez bien cette chose : rien n’est plus destructeur quant à notre vie intérieure que le regard tourné en dedans. L’introspection est une maladie. Le péché est facilement reconnu comme tel mais l’introspection est une maladie plus difficile à déceler; et la maladie insoupçonnée est bien plus à craindre que celle qui paraît au grand jour. Si l’on vous demande : Est-ce mal d’être orgueilleux ? Vous répondez immédiatement : Bien sûr – le doute n’est pas possible ! Si l’on vous demande : Est-ce mal d’être envieux ? Vous savez très bien que c’est mal. Mais vous pouvez porter vos regards sur vous-même vingt fois en un seul jour sans éprouver le moindre sentiment de mal faire. Si vous ouvrez une querelle, vous ne tardez pas à réaliser que vous avez péché, mais vous pouvez regarder au dedans sans avoir la moindre idée qu’il y ait là quelque chose de mal. Le regard tourné sur soi est ce qu’il y a de plus préjudiciable pour la vie chrétienne. De nombreux chrétiens sont des habitués de l’introspection, et ils ont, sans s’en douter, une spiritualité de contrefaçon. Avant d’entreprendre quoi que ce soit, ils s’arrêtent pour se poser la question : Ai-je vraiment un fardeau pour cela ? Ce sentiment que j’ai, est-ce réellement un fardeau réel ou pas ?

Supposez que quelqu’un vous demande de l’aider à porter une table d’une pièce à une autre, allez-vous commencer à vous demander : Est-ce là un fardeau ? Mais non ! De toute évidence, ce que vous portez est un fardeau. Souvenons-nous que notre fardeau, c’est ce que nous savons, et non pas ce que nous devons tâcher de découvrir ; il est très important de s’en souvenir.

Si vous sentez que vous devez annoncer l’évangile à quelqu’un, et que vous vous arrêtiez pour vous demander si oui ou non vous avez un fardeau à ce sujet, pendant que vous perdez votre temps à vous interroger, l’occasion peut être perdue. Oh ! frères et sœurs, il n’y a aucun profit à regarder en dedans. Ou bien vous avez un fardeau, ou bien vous n’en avez pas, dans l’un et l’autre cas vous savez très bien ce qu’il en est ; vous n’avez pas besoin de tirer la chose au clair en analysant vos sentiments. S’il y a quelque chose qui pèse sur vous, c’est cela votre fardeau. Agissez en conséquence et vous serez libéré. Vous serez prêt alors à recevoir de Dieu d’autres fardeaux.

C’est de cette manière que toute l’œuvre de Dieu s’accomplit. C’est de cette manière que s’exerce le ministère de la prière — et la prière est indispensable à l’œuvre de Dieu, quelle qu’elle soit. Apprenons donc à immédiatement exprimer par la prière, devant Lui, tout fardeau qu’Il met sur nous, de peur qu’en négligeant les indications qui viennent de Sa part dans notre esprit, nous perdions notre communion avec Lui et soyons écrasés par ces fardeaux mêmes qui nous auraient soulagés si nous nous en étions déchargés par la prière.

IV

S’il est vrai que les fardeaux que nous recevons de Dieu quand nous nous attendons à Lui représentent Sa volonté pour nous, il est vrai aussi qu’en général c’est grâce à notre connaissance des choses que les fardeaux prennent naissance. Il y a des exceptions. Par exemple, Dieu peut vous demander de vous lever au milieu de la nuit et de prier pour un frère travaillant dans une région éloignée, et dont les circonstances du moment ne vous sont pas connues; et ce n’est que plus tard que vous apprenez dans quel besoin il s’était trouvé. Mais le plus souvent nos fardeaux surgissent à propos de circonstances que nous connaissons. Premièrement, Dieu nous informe d’une façon ou d’une autre, ensuite un fardeau se forme sur la base de ce que nous avons appris.

V

A propos de ce ministère de prière, si important pour le chrétien, une question se pose : notre ministère doit-il prendre une expression articulée, ou suffit-il que nous portions nos fardeaux en silence devant Dieu ?

Nous croyons que si Dieu nous donne un fardeau de prière, Il désire l’entendre formulé à haute voix. Il tient à ce que nous Lui donnions une expression articulée, même si la mention est brève et la phrase un peu hachée. Aucun fardeau ne peut être déchargé sans être formulé et exprimé. Frères et sœurs, il y a dans le domaine spirituel un principe étonnant dans cette question d’expression : Dieu ne prend pas note seulement de ce que nous croyons, Il prend note de ce que nous disons. Marc 7 : 29 nous rapporte cette conclusion de notre Seigneur à l’issue de Sa rencontre avec la femme syro-phénicienne : « A cause de cette parole, va, le démon est sorti de ta fille. » La femme prononça une seule phrase, mais ce furent les quelques mots qu’elle exprima qui suscitèrent l’action du Seigneur. Nous pouvons présenter une requête dans notre cœur, mais elle est plus efficace si elle trouve son expression sur nos lèvres. Dieu semble avoir besoin que nous formulions de vive voix ce que nous avons dans le cœur. Quand le Seigneur était dans le jardin de Gethsémané, Son fardeau Lui pesait tellement, qu’Il offrit, « avec de grands cris et avec larmes, des prières et des supplications » (Hébreux 5 : 7). Nous n’insistons pas sur le fait de prier à haute voix, mais il devrait y avoir une certaine correspondance entre le fardeau intérieur et son expression extérieure. Si nous ne pouvons pas prier à haute voix à la maison, tâchons de trouver un lieu de prière ailleurs, comme le faisait le Seigneur : Il recourut au désert (Luc 5 : 16) et à la montagne (Luc 6 : 12). En tout cas, formulons notre prière, même si nous devons prier à voix basse. Le fardeau que Dieu nous a donné doit être articulé pour pouvoir être libéré.

VI

Mais très souvent nous nous heurtons à une difficulté : même quand nous avons conscience d’un fardeau, nous avons beau nous agenouiller pour prier, nous ne parvenons pas à l’exprimer. Nous savons qu’il y a quelque chose qui pèse sur nous, mais il nous est impossible de le dire. Il faut comprendre ici que c’est notre esprit qui prend conscience du fardeau, alors que pour en prendre connaissance, pour nous puissions le formuler, ce sont nos ressources mentales qui entrent en jeu. Quelque fardeau que Dieu ait à nous donner c’est dans notre esprit qu’il s’enregistre, mais c’est notre entendement qui l’interprète et nous en fait comprendre la nature. Le fardeau qui fait pression sur notre esprit ne peut pas être intelligible pour notre entendement s’il n’y a pas de coordination entre le spirituel et le mental, entre l’esprit et l’entendement.

Comment donc le contact peut-il être établi entre le spirituel et le mental ? D’une manière toute simple. Si vous désirez trouver quelque chose, comment vous y prenez-vous ? Si la chose que vous cherchez se trouve à 2 kms à l’ouest, comment allez-vous la localiser ? Dépendamment de la manière dont vous vous y prenez, vous ferez peut-être le tour de la terre avant de la trouver. Il faut commencer à l’endroit où vous êtes et explorer le voisinage immédiat en élargissant toujours plus vos recherches, à partir de votre position initiale. Ainsi en est-il pour la prière. Ne vous livrez pas à des investigations minutieuses dans une direction donnée; commencez par prier pour ce que vous avez d’emblée sur le cœur, puis pour le deuxième sujet qui se présente, puis pour le troisième, en vous limitant chaque fois à effleurer les différents points à mesure qu’ils apparaissent, jusqu’à ce que vous sentiez que votre prière ait progressivement touché la chose qui se rapporte à votre fardeau du moment. En persévérant fidèlement dans cette direction, vous ferez l’expérience d’une libération grandissante. Quand vous aurez déchargé ce fardeau par la prière, vous serez prêt à en recevoir d’autres, que Dieu ne manquera pas de vous donner.

VII

Dans ce ministère de prière, il y a de nombreux chrétiens que Dieu ne peut pas employer, parce qu’ils sont surchargés. Ils ont laissé leurs fardeaux s’accumuler au lieu de chercher un soulagement dans la prière, et pour finir leur poids est si écrasant qu’il leur est impossible de prier. Oh ! frères et sœurs, l’œuvre de Dieu sera sérieusement entravée si nous ne sommes pas libres en esprit, de manière à être émancipés pour le service de Dieu. Supposez que vous ayez l’intention de demander à quelqu’un de vous donner un coup de main pour une certaine besogne, mais voilà, vous le trouvez les mains pleines; ce serait inutile de lui demander de l’aide. De la même manière, si vous êtes courbé par le poids de ce que Dieu vous a déjà confié, comment peut-Il vous confier autre chose ? Pour ce ministère de prière, il faut un esprit libéré. C’est notre ministère de prière que nous risquons de perdre, si nous ne nous déchargeons pas des fardeaux que Dieu nous a confié. Adonnons-nous donc résolument à cette tâche.

Nous avons tous tendance à être individualistes, pour cette raison nous avons besoin de nous unir à d’autres pour la prière. Il est impératif non seulement d’apprendre à prier seul, mais aussi de savoir prier avec nos frères et sœurs en Christ. En pratiquant la prière collective, nous apprenons à affiner aussi bien nos oreilles que nos bouches. Alors que nous entendons les autres prier, nous sommes amenés à prier avec eux et ainsi à partager mutuellement nos fardeaux. Lorsque nous pratiquons ensemble la prière, la nature et la signification des différents fardeaux que nous avons, deviennent claires ; ensemble nous sommes capables de les définir et de les décharger en priant. Ceci nous amène dans une situation de liberté qui permet à Dieu de nous confier, sans cesse, d’autres fardeaux. Afin d’accomplir Son dessein, le Seigneur a besoin de la coopération de Son assemblée ici-bas ; c’est par la prière que nous coopérons ainsi avec Lui. Qu’Il permette que nous Lui donnions toutes les opportunités dont Il a besoin, afin qu’Il puisse accomplir toute Sa volonté !

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Seul avec Dieu

Par Harry Foster

« Pour nous, nous précédâmes Paul sur le navire, et nous fîmes voile pour Assos, où nous avions convenu de le reprendre, parce qu’il devait faire la route à pied. Lorsqu’il nous eut rejoints à Assos, nous le prîmes à bord, et nous allâmes à Mytilène. », Actes 20 :13-14

La ville de Troas était distante d’une trentaine de kilomètres de la ville d’Assos, celles-ci étaient reliées par une voie romaine de bonne qualité ; ainsi le chemin emprunté par Paul était sûr et sans encombre. Le long du chemin il y avait des sources d’eaux chaudes et des forêts de chênes qui rendaient le voyage plus agréable. Au demeurant, des cours d’eau parsemaient cette région d’Asie Mineure.

Ceux qui sont familiers des écrits de l’apôtre, se douteront qu’il n’a pas entrepris ce voyage pour la beauté du paysage. Contrairement à son Maître, Paul semblait détaché de ces choses ; peut-être était-ce dû à son handicap visuel. Néanmoins, c’était parce qu’il était comme le Seigneur, qu’il demanda à ses compagnons de partir par bateau, alors qu’il décida de voyager à pied. Comme le Seigneur Jésus, il pensait qu’il était essentiel de passer du temps seul et en toute tranquillité avec le Père.

Étant un voyageur expérimenté, il ne trouvait jamais de difficulté à passer du temps dans les Écritures et dans la prière ; même lorsqu’il était entouré d’autres personnes. C’est une question de pratique. Cependant, aucun serviteur de Dieu ne peut se contenter du minimum, de passer quelque temps chaque jour dans la lecture et la prière ; s’il se satisfait d’un court moment quotidiennement son service en souffrira. Il doit avoir en plus des temps de réflexion, de méditation et d’écoute de Dieu. Il doit être capable de se retirer des activités prenantes, du partage de la Parole et du temps passer à parler avec d’autres, afin que son esprit puisse être renouvelé et sa pensée éclaircie.

Souvent, le Seigneur Jésus se levait de bon matin, se retirait sur une montagne, ou envoyait ses disciples au devant de Lui par bateau, pensant qu’Il passait des heures dans la solitude avec son Père céleste. Ainsi, Paul décida à Troas d’envoyer ses frères et collaborateurs, même le bien-aimé Luc, et choisi de couvrir la distance entre Troas et Assos à pied afin de pouvoir jouir de quelques moments de communion avec le Seigneur. C’était à la fois un privilège et une nécessité. Cette décision de l’apôtre était si significative que Luc s’est senti obligé de la relater dans son récit. Aussi, ne faisons pas l’erreur de négliger ce détail, comme si ces habitudes de Paul étaient sans conséquences pour son apostolat. Les sources d’eaux chaudes, les forêts de chênes, les rivières, représentaient une importance spirituelle pour Paul, même si leurs beautés naturelles le laissaient insensible.

Nous aspirons à la puissance et au succès de Paul. Nous sommes peut être prêts à supporter les mêmes souffrances. Mais qu’en est-il de son exemple à sacrifié beaucoup de temps pour la communion avec Dieu ? Quand avons-nous eu dernièrement un long moment de conversation et de méditation avec notre Seigneur ? Quand avons-nous décidé de nous mettre à l’écart de nos amis, de nos frères en Christ, pour l’écouter Lui seul ? Il y a tant de choses à faire, tant d’occupations, tant de conversations ; mais ces choses sont-elles de première importance pour notre vie spirituelle ?

Voici deux ans, j’ai appelé un serviteur du Seigneur au Canada. Son épouse m’a répondu courtoisement mais fermement que son mari était dans un moment de prière. Non pas à une réunion de prière, mais simplement en communion et conversation avec Dieu. Quand sera t-il disponible, demandai-je ? Elle ne pouvait pas répondre, elle n’en savait rien. Une telle épouse est une vraie bénédiction, elle coopérait tacitement avec son mari. Dans le cas de Paul, il est évident qu’il recherchait à être seul de temps à autre ; même si ceci demandait encore plus d’exigence et de contrainte pour lui. Il est impératif que nous consacrions du temps à Dieu. Paul n’attendait pas passivement que l’opportunité se présenta, car, comme il est écrit : « il l’avait ainsi ordonné. »

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Le pardon de Dieu

« Je vous écris, enfants, parce que vos péchés vous sont pardonnés par son nom. » 1 Jean 2 :12

Il est de la plus grande importance pour l’âme inquiète de connaître les bases sur lesquelles reposent le salut et le pardon que Dieu accorde aux pécheurs. Quel est le fondement de ce pardon ? Quelle est son étendue ? Quel est son caractère ?

Il est impossible qu’une conscience divinement exercée jouisse d’un vrai et complet repos si elle n’est pas au clair sur ces trois questions.

Le Fondement du Pardon

Une âme peut avoir des pensées vagues sur la bonté de Dieu, sur sa disposition à recevoir des pécheurs et à leur pardonner ; sur sa répugnance à exercer le jugement, sur sa disposition à user de miséricorde. Tout cela peut être connu ; mais il faut être convaincu que Dieu est juste en justifiant le pécheur et qu’Il est en même temps juge et sauveur. Il faut que l’âme comprenne comment Dieu a été glorifié en ce qui concerne la question du péché ; que tous ses attributs : la justice, la grâce, la miséricorde ont été mis en parfaite harmonie. Tant que l’âme ne l’a pas saisi, elle demeure étrangère à la paix de Dieu, cette paix qui, nous est-il dit, « dépasse toute intelligence ».

Une conscience, dans laquelle la lumière divine a fait pénétrer la vérité, sent et réalise que le péché ne peut jamais être supporté dans la présence de Dieu et que, là où il se trouve, il doit y avoir inexorablement le jugement du Dieu qui hait le mal. Cette connaissance ne peut produire dans une âme droite qu’une intense anxiété. Tous ces sujets demandent à être examinés sérieusement :

— La justice de Dieu doit être satisfaite.

— La conscience du croyant purifiée.

— Satan, notre accusateur, réduit au silence.

Comment tout cela peut-il se réaliser ? Par la croix de Jésus ! La précieuse expiation de Christ aplanit toutes ces difficultés et établit un terrain sur lequel le Dieu juste et un pécheur justifié peuvent avoir une douce et complète communion. Par cette expiation :

— Le péché est condamné.

— La justice est satisfaite et la loi magnifiée.

— Le pécheur est sauvé. L’adversaire confondu.

Quelle glorieuse réponse à la question : Comment Dieu peut-il être juste tout en justifiant le pécheur ? Il a réglé la question du péché à la croix sur laquelle « Jésus, qui n’a pas connu le péché, a été fait péché pour nous ». Il a été notre substitut.

L’Étendue du Pardon

Beaucoup d’âmes sont anxieuses au sujet de l’étendue du pardon ; elles ne réalisent pas sa plénitude ; elles ne saisissent pas la complète délivrance de leurs péchés passés, présents et futurs. Elles sont troublées à la pensée que leurs péchés journaliers commis après leur conversion subsistent. Comment pourrait-il en être ainsi ? Dans la mort de Christ, dans son sacrifice, dans l’expiation, il y a provision pour le plein pardon de tous leurs péchés. Il est vrai toutefois que le croyant qui commet un péché doit le confesser à son Père ; mais que dit l’apôtre à celui qui le confesse ? Dieu est « fidèle et juste pour nous pardonner nos péchés et nous purifier de toute iniquité », (1 Jean 1:9). Pourquoi dit-il : fidèle et juste, et non pas : bienfaisant et miséricordieux ? Parce que la question du péché n’existe plus pour le croyant ; elle a été réglée entre Dieu et Christ, notre substitut, qui est maintenant notre avocat à la droite de Dieu.

Tous les péchés du croyant ont été expiés à la croix ; si un seul subsistait, il serait perdu éternellement, car il est impossible qu’une âme franchisse l’entrée du sanctuaire avec le moindre des péchés.

Si tous nos péchés n’ont pas été expiés par la mort de Christ, ni confession, ni prières, ni jeûne, ni tout autre moyen ne pourront les expier. Mais comment, peut objecter un lecteur, concevoir que nos péchés futurs aient pu être expiés et portés par Christ sur la croix ? La difficulté pour nous, au sujet des péchés futurs, vient de ce que nous considérons la croix à notre point de vue et non à celui de Dieu — de la terre et non pas du ciel. La Parole ne parle jamais de péchés futurs. Le passé, le présent, le futur sont une conception humaine et terrestre ; pour Dieu tout est présent. La foi du croyant, en regardant à Christ, peut dire à tout moment et dans toutes les occasions avec évidence et décision, sans réserve ni la moindre hésitation : « Tu as jeté tous mes péchés derrière ton dos. », (Ésaïe 38 :17). Cette déclaration correspond à celle de Dieu : « Je ne me souviendrai plus jamais de leurs péchés ni de leurs iniquités. », (Hébreux 8 :12). « L’Éternel a fait tomber sur lui l’iniquité de nous tous. », (Ésaïe 53 :6).

Le Caractère du Pardon

Le caractère du pardon de Dieu est revêtu de son propre caractère. Il est amour. Son Fils est venu pour manifester cet amour et le déployer envers nous par ses actes et par ses paroles.

Les paraboles que le Seigneur nous a données expriment d’une manière bien précieuse les sentiments du cœur de Dieu en pardonnant.

Son pardon est gratuit. C’est ce que le Seigneur a exprimé à Simon le pharisien. Nous sommes tous des débiteurs de Dieu et nous n’avons pas de quoi payer. Il acquitte la dette à l’un et à l’autre. Lisons la touchante manière dont Dieu exerce le pardon en amour dans les paraboles du chapitre 15 de Luc : Un Homme (Christ), s’il a perdu une de ses brebis, la cherche jusqu’à ce qu’il l’ait trouvée, rien ne l’arrête ; il ne regrette pas les difficultés qu’elle lui a causées ; il est tout joyeux de l’avoir retrouvée. Aucun effort, ni aucune peine ne sont épargnés non plus par la femme qui cherche la drachme perdue.

Que dire de l’attitude du père quand son fils prodigue revient ? Son cœur avait continuellement pensé à lui. « Comme il était encore loin, son père le vit et fut ému de compassion, et, courant à lui, se jeta à son cou et le couvrit de baisers. », (Luc 15:20). Il n’y a dans le cœur du père aucun reproche, mais la joie débordante de pardonner.

Telle est la joie de Dieu dans son pardon. Sa grâce et son amour pour l’homme qui se repent sont infinis et plus réels, plus étendus et plus profonds que ce que le cœur humain peut concevoir et désirer.

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Par John N. Darby

« Mais le Dieu de toute grâce, qui vous a appelés à sa gloire éternelle dans le Christ Jésus, lorsque vous aurez souffert un peu de temps, vous rendra lui-même accomplis, vous affermira, vous fortifiera, et vous établira sur un fondement inébranlable. A lui la gloire et la puissance, aux siècles des siècles! Amen. Je vous ai écrit brièvement par Silvain, qui est un frère fidèle, comme je le pense, vous exhortant et attestant que cette grâce dans laquelle vous êtes est la vraie grâce de Dieu. » 1 Pierre 5:10-12

Dieu nous est révélé comme le «Dieu de toute grâce» ; et la position qui nous est faite est celle où nous « goûtons que le Seigneur est bon » (ou : plein de grâce). Combien il nous est souvent difficile de croire que le Seigneur est bon ! Le sentiment naturel de nos cœurs est celui-ci : « Je sais que tu es un homme sévère » ; il y a en chacun de nous une incompréhension absolue de la grâce de Dieu.

Quelques-uns pensent que le mot grâce implique que Dieu passe par-dessus le péché ; mais tel n’est pas le cas ; la grâce suppose que le péché est une chose si abominable que Dieu ne peut pas le supporter : s’il était au pouvoir de l’homme, après avoir fait le mal, de redresser ses voies et de corriger sa propre nature de manière à pouvoir se tenir devant Dieu, il n’y aurait nul besoin de grâce. Le fait même que le Seigneur agit en grâce démontre que le péché est une chose si affreuse que l’état de l’homme est absolument ruiné et sans espoir puisqu’il est un pécheur, et que rien sinon la libre grâce ne pourra répondre à son besoin.

Nous devons apprendre ce que Dieu est pour nous, et cela non au moyen de nos propres pensées, mais par la révélation qu’Il nous a donnée de Lui-même, c’est-à-dire « le Dieu de toute grâce ». Du moment où je comprends que je suis un homme pécheur, et que le Seigneur est venu à moi parce qu’Il connaissait l’étendue et l’horreur de mon péché, je comprends aussi ce que c’est que la grâce. La foi me montre que Dieu est plus grand que mon péché, et non pas que mon péché est plus grand que Dieu. Le Seigneur que j’ai connu laissant sa vie pour moi, est le même Seigneur avec lequel j’ai à faire tous les jours de ma vie, et toute sa manière d’agir envers moi repose sur les mêmes principes de grâce. Le grand secret pour croître, c’est de regarder au Seigneur comme au Dieu de grâce. Combien il est précieux et encourageant de savoir qu’à tout moment Jésus éprouve à mon égard et exerce envers moi le même amour que lorsqu’Il est mort pour moi sur la croix.

C’est là une vérité que nous devrions réaliser dans toutes les circonstances les plus ordinaires de la vie. Supposez, par exemple, que j’aie un défaut de caractère qui me paraisse difficile à corriger ; si je m’adresse à Jésus comme à mon Ami, Il me fournit la puissance dont j’ai besoin pour le faire. La foi devrait être ainsi constamment en exercice contre les tentations et non pas simplement mes propres efforts qui ne seront jamais suffisants. La source de la véritable force, c’est le sentiment que le Seigneur est plein de grâce. L’homme naturel ne veut jamais reconnaître Christ comme la seule source de force et de bénédictions. Si ma communion avec le Seigneur est interrompue, mon cœur naturel dira toujours : « Il faut que je corrige ce qui a causé cet état, avant de pouvoir venir à Christ ». Mais Il est plein de grâce ; et sachant cela, la seule chose que nous ayons à faire, c’est de retourner à Lui, aussitôt, tels que nous sommes, puis alors de nous humilier profondément devant Lui. Ce n’est qu’en Lui que nous trouverons et de Lui que nous recevrons ce qui peut restaurer nos âmes. L’humilité en Sa présence est la seule véritable humilité. Si dans Sa présence nous reconnaissons être exactement ce que nous sommes, nous découvrons qu’Il ne manifeste à notre égard que de la grâce et rien d’autre.

C’est Jésus qui donne un repos durable à nos âmes, ce n’est pas notre opinion personnelle sur nous-mêmes. La foi ne considère jamais ce qui est en nous-mêmes comme le fondement du repos ; elle reçoit, aime et craint la révélation de Dieu et les pensées de Dieu à l’égard de Jésus en qui se trouve Son repos. Si Jésus a du prix pour nos âmes, si nos yeux et nos cœurs sont occupés de Lui, la vanité et le péché qui nous entourent n’auront pas de prise sur nous ; et ce sera aussi là notre force contre le péché et la corruption de nos propres cœurs. Tout ce que je vois en moi en dehors de Lui est péché ; mais ce qui me rendra humble, ce n’est pas de penser à mes propres péchés, à ma mauvaise nature, et d’en être occupé, c’est au contraire de penser au Seigneur Jésus, de méditer sur l’excellence de sa Personne. Il est bon d’en avoir fini avec nous-mêmes et de n’avoir à faire qu’à Jésus. Nous avons le droit de nous oublier nous-mêmes, nous avons le droit d’oublier nos péchés, nous avons le droit de tout oublier sauf Jésus.

Rien n’est plus difficile pour nos cœurs que de demeurer dans le sentiment de la grâce, de rester pratiquement conscients que nous ne sommes pas sous la loi, mais sous la grâce ; c’est par la grâce que le cœur est « affermi », mais rien n’est plus difficile pour nous que de comprendre réellement la plénitude de la grâce, cette « grâce de Dieu dans laquelle nous sommes », et de marcher dans la puissance qui en découle.

Ce n’est que dans la présence de Dieu que nous pouvons la connaître et c’est notre privilège de nous trouver là. Dès que nous nous éloignons de la présence de Dieu, nos propres pensées sont toujours à l’oeuvre au-dedans de nous, et nos propres pensées ne peuvent jamais atteindre les pensées de Dieu à notre égard, la «grâce de Dieu».

Si je pensais avoir le moindre droit à quelque chose, ce ne serait pas la pure et libre grâce, cela ne pourrait être la « grâce de Dieu ». Ce n’est que dans la communion avec Lui que nous sommes capables de mesurer toutes choses en rapport avec Sa grâce. Lorsque nous demeurons dans le sentiment de la présence de Dieu, il est impossible que quoi que ce soit nous trouble — fût-ce même l’état de l’Église — car nous comptons sur Dieu, et toutes choses se trouvent alors pour nous dans une sphère où s’exerce Sa grâce.

La vraie source de notre force comme chrétiens c’est d’avoir des pensées très simples au sujet de la grâce ; et le secret de toute sainteté, paix et tranquillité d’esprit, c’est de demeurer dans le sentiment de la grâce, en la présence de Dieu.

La « grâce de Dieu » est si illimitée, si complète, si parfaite, que si nous nous éloignons pour un moment de la présence de Dieu, nous ne pouvons en avoir une juste appréciation, nous n’avons pas de force pour la saisir ; et si nous cherchons à la connaître hors de Sa présence, nous ne pouvons que la changer en licence. Demandons-nous simplement ce que c’est que la grâce ? elle n’a ni bornes, ni limites. Quels que nous puissions être (et nous ne pouvons être pires que nous sommes) en dépit de tout, Dieu est AMOUR à notre égard. Ni notre joie, ni notre paix ne dépendent de ce que nous sommes pour Dieu, mais de qu’Il est pour nous, et c’est la grâce.

La grâce est la précieuse révélation que, par le moyen de Jésus, tout le péché et tout le mal qui est en nous a été ôté. Un seul péché est plus affreux aux yeux de Dieu qu’un millier de péchés ne le sont à nos yeux ; et cependant, malgré une connaissance parfaite de ce que nous sommes, tout ce que Dieu se plaît à être à notre égard, c’est AMOUR.

Au chapitre 7 de l’épître aux Romains nous est décrit l’état d’une âme vivifiée, mais dont tous les raisonnements se concentrent en elle-même. Elle ne connaît pas la grâce, le simple fait que, quel que soit son état, DIEU EST AMOUR, et rien qu’amour à notre égard. Au lieu de regarder à Dieu, il n’est question que de « moi », « moi », « moi ». La foi regarde à Dieu, tel qu’Il s’est révélé Lui-même en grâce. Est-ce moi, est-ce mon état qui est l’objet de la foi ? Non, la foi ne prend jamais pour objet ce qu’il y a dans mon cœur, mais la révélation que Dieu fait de Lui-même en grâce.

La grâce se rapporte à ce que Dieu est et non à ce que nous sommes, excepté en ce que l’étendue de nos péchés ne fait que magnifier l’immensité de la « grâce de Dieu ». Nous devons aussi nous rappeler que la grâce a pour objet et pour effet indispensable d’amener nos âmes dans la communion avec Dieu — de nous sanctifier en nous apprenant à connaître Dieu et à l’aimer ; la connaissance de la grâce est donc la véritable source de la sanctification.

Le triomphe de la grâce apparaît en ceci : c’est que lorsque l’inimitié de l’homme avait rejeté Jésus de la terre, l’amour de Dieu introduisit le salut par cet acte même — Il vint expier le péché de ceux qui L’avaient rejeté. En regard du développement le plus complet du péché de l’homme, la foi voit le déploiement le plus complet de la grâce de Dieu. Si j’ai le plus léger doute, la moindre hésitation au sujet de l’amour de Dieu, je me suis éloigné de la grâce. Je dirai alors : « je suis malheureux parce que je ne suis pas ce que je voudrais être » : là n’est pas la question. La vraie question est celle-ci : Dieu est-Il ce que nous voudrions qu’Il soit, Jésus est-Il tout ce que nous pouvons désirer ? Si la conscience de ce que nous sommes, de ce que nous trouvons en nous-mêmes, a un autre résultat que d’accroître notre adoration pour ce que Dieu est, même en nous humiliant, nous sommes hors du terrain de la pure grâce. Y a-t-il du mécontentement et de la méfiance dans votre esprit ? Voyez si la raison n’en serait pas que vous dites encore « moi », « moi », et que vous perdez de vue la grâce de Dieu.

Il vaut mieux être occupé, de ce que Dieu est, que de ce que nous sommes. Si nous regardons à nous-mêmes, c’est une preuve d’orgueil ; c’est que nous n’avons pas réellement conscience que nous ne sommes bons à rien. Jusqu’à ce que nous ayons compris cela, nous ne pouvons détourner tout à fait nos regards de nous-mêmes et les porter sur Dieu. En regardant à Christ, c’est notre privilège de nous oublier nous-mêmes. La vraie humilité ne consiste pas tellement à penser du mal de nous-mêmes qu’à n’y pas penser du tout. Je suis trop mauvais pour mériter qu’on pense à moi. Ce dont j’ai besoin, c’est de m’oublier moi-même et de regarder à Dieu qui est digne de toutes mes pensées. Le résultat en sera nécessairement de nous rendre humbles à l’égard de nous-mêmes.

Bien-aimés, si nous pouvons dire comme en Romains 7 : « Je sais qu’en moi, c’est-à-dire en ma chair, il n’habite point de bien », cela suffit en ce qui nous concerne nous-mêmes ; dirigeons alors nos pensées vers Celui qui a eu à notre égard « des pensées de paix et non de mal », longtemps avant que nous ayons pensé quoi que ce soit de nous-mêmes. Considérons Ses pensées de grâce à notre égard, et retenons cette parole de la foi : « Si Dieu est pour nous, qui sera contre nous ? »

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Par George Cutting

« Le Christ Jésus est venu dans le monde pour sauver les pécheurs. », « sauver ce qui était perdu ». Tel est l’Évangile. Il est « l’Évangile du salut ».

A cet égard, trois points doivent être absolument clairs pour chacun de nous :

1) Le moyen du salut.
2) La connaissance du salut.
3) La joie du salut.

Ces trois aspects de la vérité, bien qu’intimement unis, reposent chacun sur un fondement différent. Il est très possible qu’une âme connaisse le moyen, le chemin du salut, sans être certaine qu’elle-même est sauvée, ou encore, sans goûter toujours le bonheur qui devrait accompagner cette connaissance. Nous dirons donc premièrement quelques mots sur :

Le Moyen du Salut

Dans le livre de l’Exode, chapitre 13 :13, nous lisons une instruction qui peut paraître étrange : Tout premier-né des ânes, « tu le rachèteras avec un agneau et si tu ne le rachètes pas, tu lui briseras la nuque. Et tout premier-né des hommes parmi tes fils, tu le rachèteras ».

Ce rite de la loi de Moïse illustre le salut des pécheurs, tel que Dieu nous l’offre. Nous avons besoin d’être rachetés. Coupables que nous sommes, un juste jugement devait nous atteindre. Pas d’autre perspective de salut pour nous que la mort d’un substitut agréé de Dieu ! Eh bien, la parole de Dieu me montre comment Dieu lui-même s’est pourvu d’un tel substitut pour nous, d’un « agneau » dans la personne de son Fils bien-aimé venu sur la terre pour « sauver les pécheurs ». « Voilà l’Agneau de Dieu qui ôte le péché du monde », dit Jean à ses disciples, en contemplant ce Sauveur parfait (Jean 1:29).

Au Calvaire, Christ a été mené « comme une brebis à la boucherie », et là, il « a souffert une fois pour les péchés, le juste pour les injustes, afin qu’il nous amenât à Dieu », (1 Pierre 3: 18). Il « a été livré pour nos fautes et a été ressuscité pour notre justification », (Romains 4: 25). Dieu a par là affirmé sa parfaite satisfaction : l’expiation est faite. Ainsi, quand Dieu justifie (c’est-à-dire quand il délivre de toute culpabilité celui qui croit en Jésus) il ne diminue en rien les droits de sa sainteté et de sa justice à l’égard du péché. Béni soit Dieu pour un tel Sauveur, pour un tel salut !

« Crois-tu au Fils de Dieu ? » C’est la question posée par Jésus à l’aveugle guéri (Jean 9: 35), celle qu’il vous pose aussi maintenant.
«Oui, répondez-vous. Comme un pauvre pécheur perdu et condamné, j’ai trouvé en Lui celui en qui je puis mettre toute ma confiance. Oui, je crois en Lui».

Nous pouvons alors vous dire de sa part que toute la valeur de son sacrifice et de sa mort, tels que Dieu les estime lui-même, vous sont attribués.

Quel merveilleux salut ! N’est-il pas grand, sublime, digne de Dieu ! La satisfaction de son propre cœur, la gloire de son divin Fils et mon salut sont liés ensemble. Quel faisceau de grâce et de gloire ! « Magnifiez l’Éternel avec moi, et exaltons ensemble son nom. », (Psaume 34: 3).

« Je sais bien, dira quelqu’un, que je ne puis avoir aucune confiance en moi, et je me repose sur l’œuvre de Christ. Mais comment se fait-il alors que je n’aie pas la pleine certitude de mon salut ? Un jour, je sens que je suis sauvé, le lendemain je ne le sens plus. Je me trouve ainsi comme un vaisseau battu par la tempête, qui ne sait où jeter l’ancre ». Eh bien ! c’est là qu’est votre erreur. Avez-vous jamais entendu dire qu’un capitaine fasse jeter l’ancre au-dedans du navire ? Jamais bien sûr, toujours au dehors.

Peut-être voyez-vous clairement que c’est la mort de Christ, divin moyen de notre salut, qui seule donne la sûreté, mais vous pensez que c’est ce que vous sentez qui donne la certitude.

Eh bien, nous désirons maintenant vous montrer dans la Parole comment Dieu donne à l’homme, en toute certitude,

La Connaissance du Salut

Avant de lire un verset qui nous enseigne comment un croyant sait qu’il a la vie éternelle, nous allons vous le citer tel que l’imagination de l’homme le lit souvent:

« Je vous ai donné de vous sentir heureux vous qui croyez au nom du Fils de Dieu, afin que vous sachiez que vous avez la vie éternelle ». Maintenant ouvrez votre Bible et comparez cela avec la parole bénie et immuable de Dieu. Le verset dont nous venons de faire une citation inexacte se trouve en 1 Jean 5: 13 et doit être lu ainsi: « Je vous ai écrit ces choses afin que vous sachiez que vous avez la vie éternelle, vous qui croyez au nom du Fils de Dieu ».

Comment les premiers-nés d’entre les enfants d’Israël pouvaient-ils avoir la certitude d’être en sûreté la nuit de la Pâque tandis que le jugement de Dieu tombait sur l’Égypte ? (Exode 12).

Supposons que nous ayons été en Égypte en ce temps-là, et que nous soyons entrés dans deux maisons des Israélites. Dans la première, toute la famille tremble de peur.

« Pourquoi cet effroi ? demandons-nous. – Ah ! dit le fils aîné, l’ange de la mort va parcourir le pays, et je ne sais pas ce qui m’arrivera à ce moment terrible. Quand l’ange destructeur aura dépassé notre maison, et que la nuit du jugement sera derrière nous, alors je saurai que je suis en sûreté. Mais jusqu’ à ce moment je ne suis pas tranquille. Dans la maison à côté, ils disent qu’ils sont certains d’échapper, mais nous les trouvons présomptueux. Tout ce que je peux faire durant cette longue et terrible nuit, c’est d’espérer que tout ira bien.

– Mais, demandons-nous, le Dieu d’Israël n’a-t-il pas préparé un moyen de salut pour son peuple?

– Oui, répond-il, et nous l’avons employé. Le sang de l’agneau d’un an, sans défaut, a été aspergé avec le bouquet d’hysope sur l’encadrement de la porte, mais pourtant nous ne sommes pas tout à fait sûrs d’être épargnés ».

Laissons maintenant ces pauvres Israélites indécis et troublés, et entrons dans la maison voisine. Quel contraste frappant ! Là, chaque visage reflète la paix. Ils sont debout, les reins ceints, leur bâton dans la main, et mangent l’agneau rôti.

D’où vient une telle tranquillité, pendant cette nuit solennelle ?

« Eh bien, disent-ils tous, nous attendons simplement que l’Éternel nous donne l’ordre du départ, et nous dirons un dernier adieu au fouet du cruel exacteur et à tout l’esclavage de l’Égypte !

– Mais attendez ! est-ce que vous oubliez que cette nuit le jugement va tomber sur ce pays ?

– Nous le savons bien, mais notre fils aîné est en sûreté. Nous avons fait aspersion du sang sur nos portes comme Dieu demandait de le faire.

– Je sais, ils ont fait la même chose dans la maison voisine, et pourtant ils sont tous inquiets, doutant de leur salut.

– Oui, répond le premier-né avec assurance, mais outre l’aspersion du sang, nous avons la parole immuable de Dieu. Il a déclaré: Quand je verrai le sang, je passerai par-dessus vous. Dieu est satisfait par le sang mis à l’extérieur de notre maison. Mais à l’intérieur nous nous appuyons sur sa Parole.

L’aspersion du sang nous donne la sûreté.

La parole de Dieu nous donne la certitude.

Est-ce que quelque chose peut nous donner plus de sécurité que l’aspersion du sang, ou plus de certitude que la parole que Dieu a prononcée ? Non, absolument rien ».

Maintenant, lecteur, permettez-nous de vous poser une question: « Dans laquelle de ces deux maisons était-on le plus en sûreté ? » Si vous répondez que c’est dans la seconde, où tous étaient paisibles, vous vous trompez ; car dans l’une on était aussi en sûreté que dans l’autre. Leur sécurité dépendait de l’appréciation que Dieu faisait du sang au-dehors, et non pas de ce qu’eux sentaient au-dedans.

Méfions-nous du témoignage inconstant de nos émotions intérieures. Écoutons plutôt le témoignage infaillible de la parole de Dieu, du Seigneur Jésus lui-même : « En vérité, en vérité, je vous dis : Celui qui croit en moi, a la vie éternelle. », (Jean 6: 47).

Prenons un autre exemple tiré de la vie quotidienne. Un fermier n’a pas assez d’herbe pour son bétail. Il a fait une demande pour avoir la jouissance d’un beau pâturage qui est à louer près de sa maison. Quelque temps se passe, sans qu’il reçoive de réponse du propriétaire. Un jour, un voisin le rencontre et lui dit : « Je suis convaincu que vous aurez ce champ. Le propriétaire vous veut du bien ; il m’a demandé de vos nouvelles et m’a chargé de vous saluer ». Voilà notre fermier plein d’espérance.

Le jour suivant, un autre voisin, en causant avec lui, lui dit: « J’ai peur que vous n’ayez aucune chance d’avoir cette prairie. Le propriétaire l’a demandée, et vous savez qu’il est en très bons termes avec le propriétaire, qu’il lui rend souvent visite, etc. » Et les belles espérances du pauvre fermier s’évanouissent comme des bulles de savon. Un jour il espère, le lendemain il est rempli de doutes.

Mais voici le facteur qui arrive, lui apportant une lettre. Le fermier reconnaît l’écriture du propriétaire, et, fébrilement, déchire l’enveloppe. Son visage s’éclaire. « C’est maintenant certain, dit-il à sa femme, je n’ai plus ni doutes ni craintes. Le propriétaire dit que le champ est à ma disposition aussi longtemps que j’en aurai besoin, et aux meilleures conditions. Il me l’a promis ; je ne m’occupe plus de ce que pensent les gens ».

Combien de personnes sont dans la même condition que ce fermier, agitées et troublées par les opinions incertaines des hommes ou par les sentiments de leur propre coeur trompeur! Ce n’est qu’en recevant ce que Dieu dit dans sa Parole, que la certitude remplace le doute. Dieu est vrai, qu’il annonce la condamnation de l’incrédule ou le salut du croyant. « Éternel ! ta parole est établie à toujours dans les cieux. », (Psaume 119: 89). « Aura-t-il dit, et ne fera-t-il pas ? aura-t-il parlé, et ne l’accomplira-t-il pas ? », (Nombres 23:19).

Me faut-il une autre assurance
Pour dissiper tout mon effroi ?
Ce qui me donne confiance,
C’est que Jésus mourut pour moi.

Vous demandez peut-être maintenant « Comment être sûr que j’ai la véritable foi? »

Il ne peut y avoir qu’une seule réponse à cette question : « Avez-vous placé votre confiance dans la véritable personne c’est-à-dire dans le Fils bien-aimé de Dieu? »

Il ne s’agit pas de la grandeur de votre foi, mais de la fidélité de la personne en qui vous mettez votre confiance. L’un saisit Christ comme ferait un homme qui va se noyer; l’autre ne fait que toucher timidement le bord de son vêtement, mais le premier n’est pas plus en sûreté que le second. Ils ont fait tous les deux la même découverte, à savoir que tout ce qui vient d’eux les décevra toujours, mais que Christ mérite leur pleine confiance. Ils peuvent compter fermement sur sa parole et se reposer paisiblement sur l’efficacité éternelle de son oeuvre accomplie. Voilà ce que veut dire croire en Lui. « En vérité, en vérité, je vous dis : Celui qui croit en moi, a la vie éternelle. », (Jean 6: 47).

Prenez garde, on peut se reposer sur des oeuvres, sur des pratiques religieuses, sur des sentiments de piété, ou encore sur une éducation morale reçue dès l’enfance, et être en même temps perdu pour l’éternité.

Ne vous laissez pas tromper par de belles apparences « dans la chair » (Galates 6:12).

Dieu, dans l’Évangile, nous présente simplement le Seigneur Jésus Christ, et déclare : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui j’ai trouvé mon plaisir ». Il vous dit que vous pouvez, en toute confiance, vous fier à son cœur, mais vous ne pouvez impunément vous fier au vôtre.

« Je crois réellement en Lui, disait un jour une jeune femme angoissée, mais, quand on me demande si je suis sauvée, je n’ose pas dire oui, de peur de mentir ». Cette personne était la fille d’un boucher d’une petite ville. C’était justement le jour du marché et son père n’en était pas encore revenu. Je lui dis : « Supposez que votre père revienne, que vous lui demandiez combien de moutons il a achetés, et qu’il vous réponde : «dix». Admettez qu’ensuite un client vous demande: «Combien votre père a-t-il acheté de moutons aujourd’hui ?» et que vous répondiez : «Je n’ose pas le dire, parce que j’ai peur de dire un mensonge.

– Mais, dirait votre mère indignée à juste titre, tu fais de ton père un menteur».

Ne voyez-vous pas, cher lecteur, que cette jeune femme, quoique bien disposée, faisait en réalité Dieu menteur, en disant : Oui, je crois au Fils de Dieu. Mais il a beau m’affirmer que j’ai la vie éternelle, je n’ose pas le dire, de peur de mentir.

« Mais, dira un autre, comment puis-je être sûr que je crois réellement ? J’ai souvent essayé de croire, et j’ai cherché à en trouver la certitude dans mon for intérieur; mais plus je pense à ma foi, moins il me semble que j’en ai ».

Cher ami, vous cherchez dans une mauvaise direction. Le fait même que vous vous efforcez de croire montre clairement que vous faites fausse route.

Prenons un autre exemple. Vous êtes tranquillement assis chez vous quand un voisin sonne et vous annonce une catastrophe qu’il vient d’apprendre par la radio. Mais l’homme qui vous raconte cela est connu pour ses mensonges et ses exagérations. Allez-vous essayer de le croire ?

– Probablement pas.

– Et pourquoi, s’il vous plaît ?

– Parce que je le connais trop bien.

– Bon, alors dites-moi comment vous savez que vous ne le croyez pas. Est-ce en regardant en vous, à vos impressions, ou à vos sentiments ?

– Non, répondez-vous, simplement je ne me fie pas à celui qui m’a annoncé cette nouvelle.

Au bout d’un moment, un ami téléphone et confirme l’événement. Cette fois, vous dites : « Maintenant je le crois. Puisque c’est vous qui me le dites, je puis le croire.

– Comment savez-vous que vous croyez avec tant de confiance ce que votre ami vous a dit ?

– Parce que c’est quelqu’un que je connais ; Il ne m’a jamais trompé, et il est incapable de le faire».

Eh bien, voilà justement comment je sais que je crois l’Évangile; c’est à cause de Celui qui m’apporte les nouvelles. « Si nous recevons le témoignage des hommes, le témoignage de Dieu est plus grand : car c’est ici le témoignage de Dieu qu’il a rendu au sujet de son Fils… Celui qui ne croit pas Dieu, l’a fait menteur, car il n’a pas cru au témoignage que Dieu a rendu au sujet de son Fils. », (1 Jean 5: 9-10). « Abraham crut Dieu, et cela lui fut compté à justice. », (Romains 4:3).

Une personne angoissée disait un jour à un évangéliste: « Oh! monsieur, je ne puis pas croire ! » « Vraiment ? et qui est-ce que vous ne pouvez pas croire ? » Cette réponse rompit le charme. La personne regardait la foi comme une impression indescriptible qu’elle devait sentir au-dedans d’elle même, afin d’être sûre d’aller au ciel. Or la foi regarde toujours en dehors à une Personne vivante et à son oeuvre accomplie, et reçoit simplement le témoignage d’un Dieu fidèle au sujet de cette Personne et de son oeuvre. C’est le regard jeté au-dehors qui apporte la paix intérieure. Quand un homme se tourne du côté du soleil, son ombre est derrière lui. Vous ne pouvez pas regarder en même temps à vous-même et à un Christ glorifié dans le ciel.

Oui, la personne bénie du Fils de Dieu est digne de ma confiance. Son oeuvre accomplie me donne une sécurité éternelle. La parole de Dieu au sujet de ceux qui croient en Lui, me donne une certitude inébranlable. En Christ et dans son oeuvre, je trouve le chemin du salut et dans la parole de Dieu, la connaissance du salut. Mais, s’il est sauvé, mon lecteur dira peut-être : « Comment se fait-il alors que mon expérience soit si variable ? Je perds si souvent ma joie et je deviens aussi malheureux qu’avant ma conversion. »

Cette question nous amène au troisième point, c’est-à-dire à :

La Joie du Salut

Tandis que le salut nous est acquis par l’œuvre de Christ et que nous en avons la certitude par la parole de Dieu, nous sommes maintenus dans la joie et le bonheur du salut par le Saint Esprit qui habite dans chaque croyant.

Retenons bien ce que dit l’Écriture : tout homme sauvé a encore en lui la chair, c’est-à-dire la mauvaise nature avec laquelle il est né et qui se manifeste déjà quand il est encore tout petit. Le Saint Esprit qui habite dans le croyant résiste à la chair, et il est attristé chaque fois qu’elle se montre en pensée, en parole ou en acte.

Quand le croyant marche « d’une manière digne du Seigneur », le Saint Esprit produit en lui son fruit béni: – « l’amour, la joie, la paix, etc. », (Galates 5: 22). Tandis que quand il marche d’une manière charnelle et mondaine, le Saint Esprit est attristé et ce fruit manque plus ou moins.

Résumons ce que nous voulons dire de la manière suivante :

– L’œuvre de Christ et votre salut demeurent ou tombent ensemble.

– Votre marche selon Dieu et votre joie demeurent ou tombent ensemble.

Si l’œuvre de Christ était détruite (grâces à Dieu, elle ne le sera jamais), notre salut tomberait avec elle. Si notre marche n’est pas bonne, notre jouissance du salut s’en ira.

C’est ainsi qu’il est dit des premiers disciples qu’ils marchaient dans la crainte du Seigneur, et dans la consolation du Saint Esprit. Et ailleurs : « les disciples étaient remplis de joie et de l’Esprit Saint .», (Actes 9:31 ; 13:52). Notre joie spirituelle sera en proportion du caractère spirituel de notre marche après notre conversion.

Maintenant comprenez-vous que vous avez confondu deux choses complètement différentes : votre joie avec votre sécurité ? Si nous nous laissons aller à la colère, à la mondanité, etc. nous attristons le Saint Esprit et notre joie est perdue ; nous pensons alors que notre sécurité est ébranlée.

Mais rappelons-nous que:

– Notre sécurité dépend de l’œuvre de Christ pour nous.

– Notre certitude dépend de la parole que Dieu a prononcée à notre sujet.

– Notre joie dépend de notre marche qui honore ou attriste le Saint Esprit qui habite en nous.

Si, comme enfants de Dieu, nous faisons quoi que ce soit qui attriste le Saint Esprit de Dieu, notre communion avec le Père et le Fils est interrompue pour le moment ; et ce n’est que lorsque nous nous sommes jugés nous-mêmes, confessant notre péché que la joie de la communion nous est rendue.

Mon enfant a commis une faute. On voit à son air qu’il y a quelque chose qui ne va pas. Une demi-heure auparavant, il bavardait avec moi, plein de confiance. Mais maintenant tout est changé. Il boude misérablement dans un coin de la chambre.

J’ai eu beau lui dire que, s’il confessait sa faute, elle lui serait pardonnée : son orgueil et son obstination l’empêchent de le faire.

Où est sa joie de tout à l’heure ? Disparue. Pourquoi ? Parce que la communion entre lui et moi a été interrompue. Et la relation qui existait entre moi et mon fils, il y a une demi-heure, a-t-elle aussi disparu ou est-elle interrompue? Sûrement pas ! Sa relation dépend de sa naissance. Sa communion dépend de sa conduite.

Mais, au bout d’un moment, l’enfant quitte son coin avec une volonté et un cœur brisés, et il reconnaît toute sa faute, de sorte que nous voyons qu’il déteste autant que nous sa méchanceté et sa désobéissance. Alors je le prends dans mes bras et je l’embrasse. Sa joie est revenue, parce que la communion est restaurée.

Après que David eut si gravement péché dans l’affaire de la femme d’Urie, il ne dit pas : « Rends-moi ton salut », mais: « Rends-moi la joie de ton salut .», (Psaume 51:12).

Chaque fois qu’un croyant pèche, sa communion est interrompue et sa joie disparaît jusqu’à ce qu’il revienne au Père avec un cœur brisé, et qu’il confesse son péché. Alors s’il prend Dieu au mot, il sait qu’il est pardonné, car la Parole déclare clairement que « Si nous confessons nos péchés, il est fidèle et juste pour nous pardonner nos péchés et nous purifier de toute iniquité. », (1 Jean 1:9). L’enfant de Dieu doit toujours avoir à l’esprit ces deux vérités complémentaires : il n’y a rien de plus fort que le lien de la parenté ; rien de plus fragile que le lien de la communion. Toutes les puissances et les machinations du monde et de Satan réunies ne peuvent détruire le premier, tandis qu’une pensée impure ou une parole inutile interrompt le second. S’il nous arrive de nous sentir mal à l’aise humilions-nous devant Dieu et considérons nos voies. Et quand le voleur qui nous a ravi notre joie a été démasqué, confessons notre faute à Dieu, notre Père, et jugeons, sans nous épargner, le manque de vigilance qui a permis à l’Ennemi d’entrer. Mais ne confondons jamais notre sûreté avec notre joie.

Ne nous imaginons pas, cependant, que Dieu juge moins sévèrement le péché du croyant que celui de l’incrédule. Il n’a pas deux manières de traiter judiciairement le péché, et il ne peut pas passer plus légèrement sur le péché du croyant que sur celui de l’inconverti. Mais il y a une grande différence entre les deux. Dieu connaissait tous les péchés du croyant, et l’Agneau dont il s’était pourvu les a tous portés sur la croix du Calvaire. C’est là qu’une fois pour toutes, et pour toujours, la grande question judiciaire de sa culpabilité a été soulevée et réglée, le jugement tombant sur Christ comme substitut du croyant : « Lui-même a porté nos péchés en son corps sur le bois. », (1 Pierre 2: 24).

Celui qui rejette Christ portera lui-même ses propres péchés, dans l’étang de feu pour toujours (Apocalypse 20: 15). Quand un croyant tombe, la question judiciaire du péché ne peut pas être soulevée contre lui, puisque le Juge lui-même l’a réglée une fois pour toutes sur la croix, mais la question de la communion est soulevée en lui par le Saint Esprit, toutes les fois qu’il l’attriste.
Permettez-nous un dernier petit exemple.

Deux enfants sont au bord d’un puits, contemplant la lune qui s’y reflète. Le plus âgé laisse tomber dans le puits un petit caillou, l’autre s’écrie consterné : « Tu as cassé la lune – Que tu es naïf, répond l’aîné, regarde le ciel elle n’a pas changé : c’est l’agitation de l’eau qui en change l’aspect ».

Notre cœur est comme ce puits. Si, par la puissance de Dieu, nous ne laissons pas la chair agir, l’Esprit de Dieu nous révèle la gloire et la beauté de Christ pour notre consolation et notre joie. Mais il suffit qu’il s’élève dans notre cœur une mauvaise pensée, ou qu’une parole inutile s’échappe de nos lèvres sans être jugée, voilà l’eau troublée ! Toutes nos expériences heureuses sont mises en pièces, et nous sommes agités, attristés jusqu’au moment où, avec un esprit brisé devant Dieu, nous confessons notre péché. Nous retrouverons alors la calme et douce joie de la communion.

Quand notre cœur est ainsi troublé, l’œuvre de Christ a-t-elle changé ? C’est impossible Donc notre salut demeure. La Parole que Dieu a prononcée a-t-elle varié ? Pas davantage Donc notre salut est toujours aussi certain. Qu’est-ce alors qui est changé ? c’est l’action du Saint Esprit en nous. Au lieu de nous montrer les gloires du Seigneur, il nous remplit du sentiment de notre péché et de notre indignité.

Il nous ôte notre consolation et notre joie présentes jusqu’à ce que nous jugions et réprouvions la chose mauvaise. Quand cela est fait, la communion avec Dieu est de nouveau rétablie.

Que le Seigneur nous rende toujours plus défiants de nous-mêmes, afin que nous n’attristions pas le Saint Esprit de Dieu, par lequel nous sommes scellés pour le jour de la rédemption (Éphésiens 4:30) ! Cher lecteur, si faible que puisse être votre foi, soyez assuré que Celui qui en est l’objet ne changera jamais.

« Jésus Christ est le même hier, et aujourd’hui, et éternellement. », (Hébreux 13: 8). L’œuvre qu’il a accomplie ne variera jamais.

« Tout ce que Dieu fait subsiste à toujours ; il n’y a rien à y ajouter, ni rien à en retrancher.», (Ecclésiaste 3:14).

La parole qu’il a prononcée ne changera jamais. « L’herbe a séché et sa fleur est tombée, mais la parole du Seigneur demeure éternellement. », (1 Pierre 1:24-25).

Ainsi l’objet de ma confiance, le fondement de ma sécurité, la base de ma certitude, sont aussi éternellement invariables.

Oui, ton amour, toujours le même,
Sollicite mon faible cœur
A jouir de l’éclat suprême
De ses doux rayons de bonheur.

Mais si quelquefois un nuage
Vient me dérober ta beauté,
Ami divin, après l’orage,
Comme avant, brille ta clarté.

De toi que rien ne me sépare,
O mon Sauveur! Enseigne-moi,
Si de nouveau mon pied s’égare,
A revenir bientôt à toi.

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