Feeds:
Articles
Commentaires

Le pardon de Dieu

« Je vous écris, enfants, parce que vos péchés vous sont pardonnés par son nom. » 1 Jean 2 :12

Il est de la plus grande importance pour l’âme inquiète de connaître les bases sur lesquelles reposent le salut et le pardon que Dieu accorde aux pécheurs. Quel est le fondement de ce pardon ? Quelle est son étendue ? Quel est son caractère ?

Il est impossible qu’une conscience divinement exercée jouisse d’un vrai et complet repos si elle n’est pas au clair sur ces trois questions.

Le Fondement du Pardon

Une âme peut avoir des pensées vagues sur la bonté de Dieu, sur sa disposition à recevoir des pécheurs et à leur pardonner ; sur sa répugnance à exercer le jugement, sur sa disposition à user de miséricorde. Tout cela peut être connu ; mais il faut être convaincu que Dieu est juste en justifiant le pécheur et qu’Il est en même temps juge et sauveur. Il faut que l’âme comprenne comment Dieu a été glorifié en ce qui concerne la question du péché ; que tous ses attributs : la justice, la grâce, la miséricorde ont été mis en parfaite harmonie. Tant que l’âme ne l’a pas saisi, elle demeure étrangère à la paix de Dieu, cette paix qui, nous est-il dit, « dépasse toute intelligence ».

Une conscience, dans laquelle la lumière divine a fait pénétrer la vérité, sent et réalise que le péché ne peut jamais être supporté dans la présence de Dieu et que, là où il se trouve, il doit y avoir inexorablement le jugement du Dieu qui hait le mal. Cette connaissance ne peut produire dans une âme droite qu’une intense anxiété. Tous ces sujets demandent à être examinés sérieusement :

— La justice de Dieu doit être satisfaite.

— La conscience du croyant purifiée.

— Satan, notre accusateur, réduit au silence.

Comment tout cela peut-il se réaliser ? Par la croix de Jésus ! La précieuse expiation de Christ aplanit toutes ces difficultés et établit un terrain sur lequel le Dieu juste et un pécheur justifié peuvent avoir une douce et complète communion. Par cette expiation :

— Le péché est condamné.

— La justice est satisfaite et la loi magnifiée.

— Le pécheur est sauvé. L’adversaire confondu.

Quelle glorieuse réponse à la question : Comment Dieu peut-il être juste tout en justifiant le pécheur ? Il a réglé la question du péché à la croix sur laquelle « Jésus, qui n’a pas connu le péché, a été fait péché pour nous ». Il a été notre substitut.

L’Étendue du Pardon

Beaucoup d’âmes sont anxieuses au sujet de l’étendue du pardon ; elles ne réalisent pas sa plénitude ; elles ne saisissent pas la complète délivrance de leurs péchés passés, présents et futurs. Elles sont troublées à la pensée que leurs péchés journaliers commis après leur conversion subsistent. Comment pourrait-il en être ainsi ? Dans la mort de Christ, dans son sacrifice, dans l’expiation, il y a provision pour le plein pardon de tous leurs péchés. Il est vrai toutefois que le croyant qui commet un péché doit le confesser à son Père ; mais que dit l’apôtre à celui qui le confesse ? Dieu est « fidèle et juste pour nous pardonner nos péchés et nous purifier de toute iniquité », (1 Jean 1:9). Pourquoi dit-il : fidèle et juste, et non pas : bienfaisant et miséricordieux ? Parce que la question du péché n’existe plus pour le croyant ; elle a été réglée entre Dieu et Christ, notre substitut, qui est maintenant notre avocat à la droite de Dieu.

Tous les péchés du croyant ont été expiés à la croix ; si un seul subsistait, il serait perdu éternellement, car il est impossible qu’une âme franchisse l’entrée du sanctuaire avec le moindre des péchés.

Si tous nos péchés n’ont pas été expiés par la mort de Christ, ni confession, ni prières, ni jeûne, ni tout autre moyen ne pourront les expier. Mais comment, peut objecter un lecteur, concevoir que nos péchés futurs aient pu être expiés et portés par Christ sur la croix ? La difficulté pour nous, au sujet des péchés futurs, vient de ce que nous considérons la croix à notre point de vue et non à celui de Dieu — de la terre et non pas du ciel. La Parole ne parle jamais de péchés futurs. Le passé, le présent, le futur sont une conception humaine et terrestre ; pour Dieu tout est présent. La foi du croyant, en regardant à Christ, peut dire à tout moment et dans toutes les occasions avec évidence et décision, sans réserve ni la moindre hésitation : « Tu as jeté tous mes péchés derrière ton dos. », (Ésaïe 38 :17). Cette déclaration correspond à celle de Dieu : « Je ne me souviendrai plus jamais de leurs péchés ni de leurs iniquités. », (Hébreux 8 :12). « L’Éternel a fait tomber sur lui l’iniquité de nous tous. », (Ésaïe 53 :6).

Le Caractère du Pardon

Le caractère du pardon de Dieu est revêtu de son propre caractère. Il est amour. Son Fils est venu pour manifester cet amour et le déployer envers nous par ses actes et par ses paroles.

Les paraboles que le Seigneur nous a données expriment d’une manière bien précieuse les sentiments du cœur de Dieu en pardonnant.

Son pardon est gratuit. C’est ce que le Seigneur a exprimé à Simon le pharisien. Nous sommes tous des débiteurs de Dieu et nous n’avons pas de quoi payer. Il acquitte la dette à l’un et à l’autre. Lisons la touchante manière dont Dieu exerce le pardon en amour dans les paraboles du chapitre 15 de Luc : Un Homme (Christ), s’il a perdu une de ses brebis, la cherche jusqu’à ce qu’il l’ait trouvée, rien ne l’arrête ; il ne regrette pas les difficultés qu’elle lui a causées ; il est tout joyeux de l’avoir retrouvée. Aucun effort, ni aucune peine ne sont épargnés non plus par la femme qui cherche la drachme perdue.

Que dire de l’attitude du père quand son fils prodigue revient ? Son cœur avait continuellement pensé à lui. « Comme il était encore loin, son père le vit et fut ému de compassion, et, courant à lui, se jeta à son cou et le couvrit de baisers. », (Luc 15:20). Il n’y a dans le cœur du père aucun reproche, mais la joie débordante de pardonner.

Telle est la joie de Dieu dans son pardon. Sa grâce et son amour pour l’homme qui se repent sont infinis et plus réels, plus étendus et plus profonds que ce que le cœur humain peut concevoir et désirer.

Publicités

Par John N. Darby

« Mais le Dieu de toute grâce, qui vous a appelés à sa gloire éternelle dans le Christ Jésus, lorsque vous aurez souffert un peu de temps, vous rendra lui-même accomplis, vous affermira, vous fortifiera, et vous établira sur un fondement inébranlable. A lui la gloire et la puissance, aux siècles des siècles! Amen. Je vous ai écrit brièvement par Silvain, qui est un frère fidèle, comme je le pense, vous exhortant et attestant que cette grâce dans laquelle vous êtes est la vraie grâce de Dieu. » 1 Pierre 5:10-12

Dieu nous est révélé comme le «Dieu de toute grâce» ; et la position qui nous est faite est celle où nous « goûtons que le Seigneur est bon » (ou : plein de grâce). Combien il nous est souvent difficile de croire que le Seigneur est bon ! Le sentiment naturel de nos cœurs est celui-ci : « Je sais que tu es un homme sévère » ; il y a en chacun de nous une incompréhension absolue de la grâce de Dieu.

Quelques-uns pensent que le mot grâce implique que Dieu passe par-dessus le péché ; mais tel n’est pas le cas ; la grâce suppose que le péché est une chose si abominable que Dieu ne peut pas le supporter : s’il était au pouvoir de l’homme, après avoir fait le mal, de redresser ses voies et de corriger sa propre nature de manière à pouvoir se tenir devant Dieu, il n’y aurait nul besoin de grâce. Le fait même que le Seigneur agit en grâce démontre que le péché est une chose si affreuse que l’état de l’homme est absolument ruiné et sans espoir puisqu’il est un pécheur, et que rien sinon la libre grâce ne pourra répondre à son besoin.

Nous devons apprendre ce que Dieu est pour nous, et cela non au moyen de nos propres pensées, mais par la révélation qu’Il nous a donnée de Lui-même, c’est-à-dire « le Dieu de toute grâce ». Du moment où je comprends que je suis un homme pécheur, et que le Seigneur est venu à moi parce qu’Il connaissait l’étendue et l’horreur de mon péché, je comprends aussi ce que c’est que la grâce. La foi me montre que Dieu est plus grand que mon péché, et non pas que mon péché est plus grand que Dieu. Le Seigneur que j’ai connu laissant sa vie pour moi, est le même Seigneur avec lequel j’ai à faire tous les jours de ma vie, et toute sa manière d’agir envers moi repose sur les mêmes principes de grâce. Le grand secret pour croître, c’est de regarder au Seigneur comme au Dieu de grâce. Combien il est précieux et encourageant de savoir qu’à tout moment Jésus éprouve à mon égard et exerce envers moi le même amour que lorsqu’Il est mort pour moi sur la croix.

C’est là une vérité que nous devrions réaliser dans toutes les circonstances les plus ordinaires de la vie. Supposez, par exemple, que j’aie un défaut de caractère qui me paraisse difficile à corriger ; si je m’adresse à Jésus comme à mon Ami, Il me fournit la puissance dont j’ai besoin pour le faire. La foi devrait être ainsi constamment en exercice contre les tentations et non pas simplement mes propres efforts qui ne seront jamais suffisants. La source de la véritable force, c’est le sentiment que le Seigneur est plein de grâce. L’homme naturel ne veut jamais reconnaître Christ comme la seule source de force et de bénédictions. Si ma communion avec le Seigneur est interrompue, mon cœur naturel dira toujours : « Il faut que je corrige ce qui a causé cet état, avant de pouvoir venir à Christ ». Mais Il est plein de grâce ; et sachant cela, la seule chose que nous ayons à faire, c’est de retourner à Lui, aussitôt, tels que nous sommes, puis alors de nous humilier profondément devant Lui. Ce n’est qu’en Lui que nous trouverons et de Lui que nous recevrons ce qui peut restaurer nos âmes. L’humilité en Sa présence est la seule véritable humilité. Si dans Sa présence nous reconnaissons être exactement ce que nous sommes, nous découvrons qu’Il ne manifeste à notre égard que de la grâce et rien d’autre.

C’est Jésus qui donne un repos durable à nos âmes, ce n’est pas notre opinion personnelle sur nous-mêmes. La foi ne considère jamais ce qui est en nous-mêmes comme le fondement du repos ; elle reçoit, aime et craint la révélation de Dieu et les pensées de Dieu à l’égard de Jésus en qui se trouve Son repos. Si Jésus a du prix pour nos âmes, si nos yeux et nos cœurs sont occupés de Lui, la vanité et le péché qui nous entourent n’auront pas de prise sur nous ; et ce sera aussi là notre force contre le péché et la corruption de nos propres cœurs. Tout ce que je vois en moi en dehors de Lui est péché ; mais ce qui me rendra humble, ce n’est pas de penser à mes propres péchés, à ma mauvaise nature, et d’en être occupé, c’est au contraire de penser au Seigneur Jésus, de méditer sur l’excellence de sa Personne. Il est bon d’en avoir fini avec nous-mêmes et de n’avoir à faire qu’à Jésus. Nous avons le droit de nous oublier nous-mêmes, nous avons le droit d’oublier nos péchés, nous avons le droit de tout oublier sauf Jésus.

Rien n’est plus difficile pour nos cœurs que de demeurer dans le sentiment de la grâce, de rester pratiquement conscients que nous ne sommes pas sous la loi, mais sous la grâce ; c’est par la grâce que le cœur est « affermi », mais rien n’est plus difficile pour nous que de comprendre réellement la plénitude de la grâce, cette « grâce de Dieu dans laquelle nous sommes », et de marcher dans la puissance qui en découle.

Ce n’est que dans la présence de Dieu que nous pouvons la connaître et c’est notre privilège de nous trouver là. Dès que nous nous éloignons de la présence de Dieu, nos propres pensées sont toujours à l’oeuvre au-dedans de nous, et nos propres pensées ne peuvent jamais atteindre les pensées de Dieu à notre égard, la «grâce de Dieu».

Si je pensais avoir le moindre droit à quelque chose, ce ne serait pas la pure et libre grâce, cela ne pourrait être la « grâce de Dieu ». Ce n’est que dans la communion avec Lui que nous sommes capables de mesurer toutes choses en rapport avec Sa grâce. Lorsque nous demeurons dans le sentiment de la présence de Dieu, il est impossible que quoi que ce soit nous trouble — fût-ce même l’état de l’Église — car nous comptons sur Dieu, et toutes choses se trouvent alors pour nous dans une sphère où s’exerce Sa grâce.

La vraie source de notre force comme chrétiens c’est d’avoir des pensées très simples au sujet de la grâce ; et le secret de toute sainteté, paix et tranquillité d’esprit, c’est de demeurer dans le sentiment de la grâce, en la présence de Dieu.

La « grâce de Dieu » est si illimitée, si complète, si parfaite, que si nous nous éloignons pour un moment de la présence de Dieu, nous ne pouvons en avoir une juste appréciation, nous n’avons pas de force pour la saisir ; et si nous cherchons à la connaître hors de Sa présence, nous ne pouvons que la changer en licence. Demandons-nous simplement ce que c’est que la grâce ? elle n’a ni bornes, ni limites. Quels que nous puissions être (et nous ne pouvons être pires que nous sommes) en dépit de tout, Dieu est AMOUR à notre égard. Ni notre joie, ni notre paix ne dépendent de ce que nous sommes pour Dieu, mais de qu’Il est pour nous, et c’est la grâce.

La grâce est la précieuse révélation que, par le moyen de Jésus, tout le péché et tout le mal qui est en nous a été ôté. Un seul péché est plus affreux aux yeux de Dieu qu’un millier de péchés ne le sont à nos yeux ; et cependant, malgré une connaissance parfaite de ce que nous sommes, tout ce que Dieu se plaît à être à notre égard, c’est AMOUR.

Au chapitre 7 de l’épître aux Romains nous est décrit l’état d’une âme vivifiée, mais dont tous les raisonnements se concentrent en elle-même. Elle ne connaît pas la grâce, le simple fait que, quel que soit son état, DIEU EST AMOUR, et rien qu’amour à notre égard. Au lieu de regarder à Dieu, il n’est question que de « moi », « moi », « moi ». La foi regarde à Dieu, tel qu’Il s’est révélé Lui-même en grâce. Est-ce moi, est-ce mon état qui est l’objet de la foi ? Non, la foi ne prend jamais pour objet ce qu’il y a dans mon cœur, mais la révélation que Dieu fait de Lui-même en grâce.

La grâce se rapporte à ce que Dieu est et non à ce que nous sommes, excepté en ce que l’étendue de nos péchés ne fait que magnifier l’immensité de la « grâce de Dieu ». Nous devons aussi nous rappeler que la grâce a pour objet et pour effet indispensable d’amener nos âmes dans la communion avec Dieu — de nous sanctifier en nous apprenant à connaître Dieu et à l’aimer ; la connaissance de la grâce est donc la véritable source de la sanctification.

Le triomphe de la grâce apparaît en ceci : c’est que lorsque l’inimitié de l’homme avait rejeté Jésus de la terre, l’amour de Dieu introduisit le salut par cet acte même — Il vint expier le péché de ceux qui L’avaient rejeté. En regard du développement le plus complet du péché de l’homme, la foi voit le déploiement le plus complet de la grâce de Dieu. Si j’ai le plus léger doute, la moindre hésitation au sujet de l’amour de Dieu, je me suis éloigné de la grâce. Je dirai alors : « je suis malheureux parce que je ne suis pas ce que je voudrais être » : là n’est pas la question. La vraie question est celle-ci : Dieu est-Il ce que nous voudrions qu’Il soit, Jésus est-Il tout ce que nous pouvons désirer ? Si la conscience de ce que nous sommes, de ce que nous trouvons en nous-mêmes, a un autre résultat que d’accroître notre adoration pour ce que Dieu est, même en nous humiliant, nous sommes hors du terrain de la pure grâce. Y a-t-il du mécontentement et de la méfiance dans votre esprit ? Voyez si la raison n’en serait pas que vous dites encore « moi », « moi », et que vous perdez de vue la grâce de Dieu.

Il vaut mieux être occupé, de ce que Dieu est, que de ce que nous sommes. Si nous regardons à nous-mêmes, c’est une preuve d’orgueil ; c’est que nous n’avons pas réellement conscience que nous ne sommes bons à rien. Jusqu’à ce que nous ayons compris cela, nous ne pouvons détourner tout à fait nos regards de nous-mêmes et les porter sur Dieu. En regardant à Christ, c’est notre privilège de nous oublier nous-mêmes. La vraie humilité ne consiste pas tellement à penser du mal de nous-mêmes qu’à n’y pas penser du tout. Je suis trop mauvais pour mériter qu’on pense à moi. Ce dont j’ai besoin, c’est de m’oublier moi-même et de regarder à Dieu qui est digne de toutes mes pensées. Le résultat en sera nécessairement de nous rendre humbles à l’égard de nous-mêmes.

Bien-aimés, si nous pouvons dire comme en Romains 7 : « Je sais qu’en moi, c’est-à-dire en ma chair, il n’habite point de bien », cela suffit en ce qui nous concerne nous-mêmes ; dirigeons alors nos pensées vers Celui qui a eu à notre égard « des pensées de paix et non de mal », longtemps avant que nous ayons pensé quoi que ce soit de nous-mêmes. Considérons Ses pensées de grâce à notre égard, et retenons cette parole de la foi : « Si Dieu est pour nous, qui sera contre nous ? »

Par George Cutting

« Le Christ Jésus est venu dans le monde pour sauver les pécheurs. », « sauver ce qui était perdu ». Tel est l’Évangile. Il est « l’Évangile du salut ».

A cet égard, trois points doivent être absolument clairs pour chacun de nous :

1) Le moyen du salut.
2) La connaissance du salut.
3) La joie du salut.

Ces trois aspects de la vérité, bien qu’intimement unis, reposent chacun sur un fondement différent. Il est très possible qu’une âme connaisse le moyen, le chemin du salut, sans être certaine qu’elle-même est sauvée, ou encore, sans goûter toujours le bonheur qui devrait accompagner cette connaissance. Nous dirons donc premièrement quelques mots sur :

Le Moyen du Salut

Dans le livre de l’Exode, chapitre 13 :13, nous lisons une instruction qui peut paraître étrange : Tout premier-né des ânes, « tu le rachèteras avec un agneau et si tu ne le rachètes pas, tu lui briseras la nuque. Et tout premier-né des hommes parmi tes fils, tu le rachèteras ».

Ce rite de la loi de Moïse illustre le salut des pécheurs, tel que Dieu nous l’offre. Nous avons besoin d’être rachetés. Coupables que nous sommes, un juste jugement devait nous atteindre. Pas d’autre perspective de salut pour nous que la mort d’un substitut agréé de Dieu ! Eh bien, la parole de Dieu me montre comment Dieu lui-même s’est pourvu d’un tel substitut pour nous, d’un « agneau » dans la personne de son Fils bien-aimé venu sur la terre pour « sauver les pécheurs ». « Voilà l’Agneau de Dieu qui ôte le péché du monde », dit Jean à ses disciples, en contemplant ce Sauveur parfait (Jean 1:29).

Au Calvaire, Christ a été mené « comme une brebis à la boucherie », et là, il « a souffert une fois pour les péchés, le juste pour les injustes, afin qu’il nous amenât à Dieu », (1 Pierre 3: 18). Il « a été livré pour nos fautes et a été ressuscité pour notre justification », (Romains 4: 25). Dieu a par là affirmé sa parfaite satisfaction : l’expiation est faite. Ainsi, quand Dieu justifie (c’est-à-dire quand il délivre de toute culpabilité celui qui croit en Jésus) il ne diminue en rien les droits de sa sainteté et de sa justice à l’égard du péché. Béni soit Dieu pour un tel Sauveur, pour un tel salut !

« Crois-tu au Fils de Dieu ? » C’est la question posée par Jésus à l’aveugle guéri (Jean 9: 35), celle qu’il vous pose aussi maintenant.
«Oui, répondez-vous. Comme un pauvre pécheur perdu et condamné, j’ai trouvé en Lui celui en qui je puis mettre toute ma confiance. Oui, je crois en Lui».

Nous pouvons alors vous dire de sa part que toute la valeur de son sacrifice et de sa mort, tels que Dieu les estime lui-même, vous sont attribués.

Quel merveilleux salut ! N’est-il pas grand, sublime, digne de Dieu ! La satisfaction de son propre cœur, la gloire de son divin Fils et mon salut sont liés ensemble. Quel faisceau de grâce et de gloire ! « Magnifiez l’Éternel avec moi, et exaltons ensemble son nom. », (Psaume 34: 3).

« Je sais bien, dira quelqu’un, que je ne puis avoir aucune confiance en moi, et je me repose sur l’œuvre de Christ. Mais comment se fait-il alors que je n’aie pas la pleine certitude de mon salut ? Un jour, je sens que je suis sauvé, le lendemain je ne le sens plus. Je me trouve ainsi comme un vaisseau battu par la tempête, qui ne sait où jeter l’ancre ». Eh bien ! c’est là qu’est votre erreur. Avez-vous jamais entendu dire qu’un capitaine fasse jeter l’ancre au-dedans du navire ? Jamais bien sûr, toujours au dehors.

Peut-être voyez-vous clairement que c’est la mort de Christ, divin moyen de notre salut, qui seule donne la sûreté, mais vous pensez que c’est ce que vous sentez qui donne la certitude.

Eh bien, nous désirons maintenant vous montrer dans la Parole comment Dieu donne à l’homme, en toute certitude,

La Connaissance du Salut

Avant de lire un verset qui nous enseigne comment un croyant sait qu’il a la vie éternelle, nous allons vous le citer tel que l’imagination de l’homme le lit souvent:

« Je vous ai donné de vous sentir heureux vous qui croyez au nom du Fils de Dieu, afin que vous sachiez que vous avez la vie éternelle ». Maintenant ouvrez votre Bible et comparez cela avec la parole bénie et immuable de Dieu. Le verset dont nous venons de faire une citation inexacte se trouve en 1 Jean 5: 13 et doit être lu ainsi: « Je vous ai écrit ces choses afin que vous sachiez que vous avez la vie éternelle, vous qui croyez au nom du Fils de Dieu ».

Comment les premiers-nés d’entre les enfants d’Israël pouvaient-ils avoir la certitude d’être en sûreté la nuit de la Pâque tandis que le jugement de Dieu tombait sur l’Égypte ? (Exode 12).

Supposons que nous ayons été en Égypte en ce temps-là, et que nous soyons entrés dans deux maisons des Israélites. Dans la première, toute la famille tremble de peur.

« Pourquoi cet effroi ? demandons-nous. – Ah ! dit le fils aîné, l’ange de la mort va parcourir le pays, et je ne sais pas ce qui m’arrivera à ce moment terrible. Quand l’ange destructeur aura dépassé notre maison, et que la nuit du jugement sera derrière nous, alors je saurai que je suis en sûreté. Mais jusqu’ à ce moment je ne suis pas tranquille. Dans la maison à côté, ils disent qu’ils sont certains d’échapper, mais nous les trouvons présomptueux. Tout ce que je peux faire durant cette longue et terrible nuit, c’est d’espérer que tout ira bien.

– Mais, demandons-nous, le Dieu d’Israël n’a-t-il pas préparé un moyen de salut pour son peuple?

– Oui, répond-il, et nous l’avons employé. Le sang de l’agneau d’un an, sans défaut, a été aspergé avec le bouquet d’hysope sur l’encadrement de la porte, mais pourtant nous ne sommes pas tout à fait sûrs d’être épargnés ».

Laissons maintenant ces pauvres Israélites indécis et troublés, et entrons dans la maison voisine. Quel contraste frappant ! Là, chaque visage reflète la paix. Ils sont debout, les reins ceints, leur bâton dans la main, et mangent l’agneau rôti.

D’où vient une telle tranquillité, pendant cette nuit solennelle ?

« Eh bien, disent-ils tous, nous attendons simplement que l’Éternel nous donne l’ordre du départ, et nous dirons un dernier adieu au fouet du cruel exacteur et à tout l’esclavage de l’Égypte !

– Mais attendez ! est-ce que vous oubliez que cette nuit le jugement va tomber sur ce pays ?

– Nous le savons bien, mais notre fils aîné est en sûreté. Nous avons fait aspersion du sang sur nos portes comme Dieu demandait de le faire.

– Je sais, ils ont fait la même chose dans la maison voisine, et pourtant ils sont tous inquiets, doutant de leur salut.

– Oui, répond le premier-né avec assurance, mais outre l’aspersion du sang, nous avons la parole immuable de Dieu. Il a déclaré: Quand je verrai le sang, je passerai par-dessus vous. Dieu est satisfait par le sang mis à l’extérieur de notre maison. Mais à l’intérieur nous nous appuyons sur sa Parole.

L’aspersion du sang nous donne la sûreté.

La parole de Dieu nous donne la certitude.

Est-ce que quelque chose peut nous donner plus de sécurité que l’aspersion du sang, ou plus de certitude que la parole que Dieu a prononcée ? Non, absolument rien ».

Maintenant, lecteur, permettez-nous de vous poser une question: « Dans laquelle de ces deux maisons était-on le plus en sûreté ? » Si vous répondez que c’est dans la seconde, où tous étaient paisibles, vous vous trompez ; car dans l’une on était aussi en sûreté que dans l’autre. Leur sécurité dépendait de l’appréciation que Dieu faisait du sang au-dehors, et non pas de ce qu’eux sentaient au-dedans.

Méfions-nous du témoignage inconstant de nos émotions intérieures. Écoutons plutôt le témoignage infaillible de la parole de Dieu, du Seigneur Jésus lui-même : « En vérité, en vérité, je vous dis : Celui qui croit en moi, a la vie éternelle. », (Jean 6: 47).

Prenons un autre exemple tiré de la vie quotidienne. Un fermier n’a pas assez d’herbe pour son bétail. Il a fait une demande pour avoir la jouissance d’un beau pâturage qui est à louer près de sa maison. Quelque temps se passe, sans qu’il reçoive de réponse du propriétaire. Un jour, un voisin le rencontre et lui dit : « Je suis convaincu que vous aurez ce champ. Le propriétaire vous veut du bien ; il m’a demandé de vos nouvelles et m’a chargé de vous saluer ». Voilà notre fermier plein d’espérance.

Le jour suivant, un autre voisin, en causant avec lui, lui dit: « J’ai peur que vous n’ayez aucune chance d’avoir cette prairie. Le propriétaire l’a demandée, et vous savez qu’il est en très bons termes avec le propriétaire, qu’il lui rend souvent visite, etc. » Et les belles espérances du pauvre fermier s’évanouissent comme des bulles de savon. Un jour il espère, le lendemain il est rempli de doutes.

Mais voici le facteur qui arrive, lui apportant une lettre. Le fermier reconnaît l’écriture du propriétaire, et, fébrilement, déchire l’enveloppe. Son visage s’éclaire. « C’est maintenant certain, dit-il à sa femme, je n’ai plus ni doutes ni craintes. Le propriétaire dit que le champ est à ma disposition aussi longtemps que j’en aurai besoin, et aux meilleures conditions. Il me l’a promis ; je ne m’occupe plus de ce que pensent les gens ».

Combien de personnes sont dans la même condition que ce fermier, agitées et troublées par les opinions incertaines des hommes ou par les sentiments de leur propre coeur trompeur! Ce n’est qu’en recevant ce que Dieu dit dans sa Parole, que la certitude remplace le doute. Dieu est vrai, qu’il annonce la condamnation de l’incrédule ou le salut du croyant. « Éternel ! ta parole est établie à toujours dans les cieux. », (Psaume 119: 89). « Aura-t-il dit, et ne fera-t-il pas ? aura-t-il parlé, et ne l’accomplira-t-il pas ? », (Nombres 23:19).

Me faut-il une autre assurance
Pour dissiper tout mon effroi ?
Ce qui me donne confiance,
C’est que Jésus mourut pour moi.

Vous demandez peut-être maintenant « Comment être sûr que j’ai la véritable foi? »

Il ne peut y avoir qu’une seule réponse à cette question : « Avez-vous placé votre confiance dans la véritable personne c’est-à-dire dans le Fils bien-aimé de Dieu? »

Il ne s’agit pas de la grandeur de votre foi, mais de la fidélité de la personne en qui vous mettez votre confiance. L’un saisit Christ comme ferait un homme qui va se noyer; l’autre ne fait que toucher timidement le bord de son vêtement, mais le premier n’est pas plus en sûreté que le second. Ils ont fait tous les deux la même découverte, à savoir que tout ce qui vient d’eux les décevra toujours, mais que Christ mérite leur pleine confiance. Ils peuvent compter fermement sur sa parole et se reposer paisiblement sur l’efficacité éternelle de son oeuvre accomplie. Voilà ce que veut dire croire en Lui. « En vérité, en vérité, je vous dis : Celui qui croit en moi, a la vie éternelle. », (Jean 6: 47).

Prenez garde, on peut se reposer sur des oeuvres, sur des pratiques religieuses, sur des sentiments de piété, ou encore sur une éducation morale reçue dès l’enfance, et être en même temps perdu pour l’éternité.

Ne vous laissez pas tromper par de belles apparences « dans la chair » (Galates 6:12).

Dieu, dans l’Évangile, nous présente simplement le Seigneur Jésus Christ, et déclare : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui j’ai trouvé mon plaisir ». Il vous dit que vous pouvez, en toute confiance, vous fier à son cœur, mais vous ne pouvez impunément vous fier au vôtre.

« Je crois réellement en Lui, disait un jour une jeune femme angoissée, mais, quand on me demande si je suis sauvée, je n’ose pas dire oui, de peur de mentir ». Cette personne était la fille d’un boucher d’une petite ville. C’était justement le jour du marché et son père n’en était pas encore revenu. Je lui dis : « Supposez que votre père revienne, que vous lui demandiez combien de moutons il a achetés, et qu’il vous réponde : «dix». Admettez qu’ensuite un client vous demande: «Combien votre père a-t-il acheté de moutons aujourd’hui ?» et que vous répondiez : «Je n’ose pas le dire, parce que j’ai peur de dire un mensonge.

– Mais, dirait votre mère indignée à juste titre, tu fais de ton père un menteur».

Ne voyez-vous pas, cher lecteur, que cette jeune femme, quoique bien disposée, faisait en réalité Dieu menteur, en disant : Oui, je crois au Fils de Dieu. Mais il a beau m’affirmer que j’ai la vie éternelle, je n’ose pas le dire, de peur de mentir.

« Mais, dira un autre, comment puis-je être sûr que je crois réellement ? J’ai souvent essayé de croire, et j’ai cherché à en trouver la certitude dans mon for intérieur; mais plus je pense à ma foi, moins il me semble que j’en ai ».

Cher ami, vous cherchez dans une mauvaise direction. Le fait même que vous vous efforcez de croire montre clairement que vous faites fausse route.

Prenons un autre exemple. Vous êtes tranquillement assis chez vous quand un voisin sonne et vous annonce une catastrophe qu’il vient d’apprendre par la radio. Mais l’homme qui vous raconte cela est connu pour ses mensonges et ses exagérations. Allez-vous essayer de le croire ?

– Probablement pas.

– Et pourquoi, s’il vous plaît ?

– Parce que je le connais trop bien.

– Bon, alors dites-moi comment vous savez que vous ne le croyez pas. Est-ce en regardant en vous, à vos impressions, ou à vos sentiments ?

– Non, répondez-vous, simplement je ne me fie pas à celui qui m’a annoncé cette nouvelle.

Au bout d’un moment, un ami téléphone et confirme l’événement. Cette fois, vous dites : « Maintenant je le crois. Puisque c’est vous qui me le dites, je puis le croire.

– Comment savez-vous que vous croyez avec tant de confiance ce que votre ami vous a dit ?

– Parce que c’est quelqu’un que je connais ; Il ne m’a jamais trompé, et il est incapable de le faire».

Eh bien, voilà justement comment je sais que je crois l’Évangile; c’est à cause de Celui qui m’apporte les nouvelles. « Si nous recevons le témoignage des hommes, le témoignage de Dieu est plus grand : car c’est ici le témoignage de Dieu qu’il a rendu au sujet de son Fils… Celui qui ne croit pas Dieu, l’a fait menteur, car il n’a pas cru au témoignage que Dieu a rendu au sujet de son Fils. », (1 Jean 5: 9-10). « Abraham crut Dieu, et cela lui fut compté à justice. », (Romains 4:3).

Une personne angoissée disait un jour à un évangéliste: « Oh! monsieur, je ne puis pas croire ! » « Vraiment ? et qui est-ce que vous ne pouvez pas croire ? » Cette réponse rompit le charme. La personne regardait la foi comme une impression indescriptible qu’elle devait sentir au-dedans d’elle même, afin d’être sûre d’aller au ciel. Or la foi regarde toujours en dehors à une Personne vivante et à son oeuvre accomplie, et reçoit simplement le témoignage d’un Dieu fidèle au sujet de cette Personne et de son oeuvre. C’est le regard jeté au-dehors qui apporte la paix intérieure. Quand un homme se tourne du côté du soleil, son ombre est derrière lui. Vous ne pouvez pas regarder en même temps à vous-même et à un Christ glorifié dans le ciel.

Oui, la personne bénie du Fils de Dieu est digne de ma confiance. Son oeuvre accomplie me donne une sécurité éternelle. La parole de Dieu au sujet de ceux qui croient en Lui, me donne une certitude inébranlable. En Christ et dans son oeuvre, je trouve le chemin du salut et dans la parole de Dieu, la connaissance du salut. Mais, s’il est sauvé, mon lecteur dira peut-être : « Comment se fait-il alors que mon expérience soit si variable ? Je perds si souvent ma joie et je deviens aussi malheureux qu’avant ma conversion. »

Cette question nous amène au troisième point, c’est-à-dire à :

La Joie du Salut

Tandis que le salut nous est acquis par l’œuvre de Christ et que nous en avons la certitude par la parole de Dieu, nous sommes maintenus dans la joie et le bonheur du salut par le Saint Esprit qui habite dans chaque croyant.

Retenons bien ce que dit l’Écriture : tout homme sauvé a encore en lui la chair, c’est-à-dire la mauvaise nature avec laquelle il est né et qui se manifeste déjà quand il est encore tout petit. Le Saint Esprit qui habite dans le croyant résiste à la chair, et il est attristé chaque fois qu’elle se montre en pensée, en parole ou en acte.

Quand le croyant marche « d’une manière digne du Seigneur », le Saint Esprit produit en lui son fruit béni: – « l’amour, la joie, la paix, etc. », (Galates 5: 22). Tandis que quand il marche d’une manière charnelle et mondaine, le Saint Esprit est attristé et ce fruit manque plus ou moins.

Résumons ce que nous voulons dire de la manière suivante :

– L’œuvre de Christ et votre salut demeurent ou tombent ensemble.

– Votre marche selon Dieu et votre joie demeurent ou tombent ensemble.

Si l’œuvre de Christ était détruite (grâces à Dieu, elle ne le sera jamais), notre salut tomberait avec elle. Si notre marche n’est pas bonne, notre jouissance du salut s’en ira.

C’est ainsi qu’il est dit des premiers disciples qu’ils marchaient dans la crainte du Seigneur, et dans la consolation du Saint Esprit. Et ailleurs : « les disciples étaient remplis de joie et de l’Esprit Saint .», (Actes 9:31 ; 13:52). Notre joie spirituelle sera en proportion du caractère spirituel de notre marche après notre conversion.

Maintenant comprenez-vous que vous avez confondu deux choses complètement différentes : votre joie avec votre sécurité ? Si nous nous laissons aller à la colère, à la mondanité, etc. nous attristons le Saint Esprit et notre joie est perdue ; nous pensons alors que notre sécurité est ébranlée.

Mais rappelons-nous que:

– Notre sécurité dépend de l’œuvre de Christ pour nous.

– Notre certitude dépend de la parole que Dieu a prononcée à notre sujet.

– Notre joie dépend de notre marche qui honore ou attriste le Saint Esprit qui habite en nous.

Si, comme enfants de Dieu, nous faisons quoi que ce soit qui attriste le Saint Esprit de Dieu, notre communion avec le Père et le Fils est interrompue pour le moment ; et ce n’est que lorsque nous nous sommes jugés nous-mêmes, confessant notre péché que la joie de la communion nous est rendue.

Mon enfant a commis une faute. On voit à son air qu’il y a quelque chose qui ne va pas. Une demi-heure auparavant, il bavardait avec moi, plein de confiance. Mais maintenant tout est changé. Il boude misérablement dans un coin de la chambre.

J’ai eu beau lui dire que, s’il confessait sa faute, elle lui serait pardonnée : son orgueil et son obstination l’empêchent de le faire.

Où est sa joie de tout à l’heure ? Disparue. Pourquoi ? Parce que la communion entre lui et moi a été interrompue. Et la relation qui existait entre moi et mon fils, il y a une demi-heure, a-t-elle aussi disparu ou est-elle interrompue? Sûrement pas ! Sa relation dépend de sa naissance. Sa communion dépend de sa conduite.

Mais, au bout d’un moment, l’enfant quitte son coin avec une volonté et un cœur brisés, et il reconnaît toute sa faute, de sorte que nous voyons qu’il déteste autant que nous sa méchanceté et sa désobéissance. Alors je le prends dans mes bras et je l’embrasse. Sa joie est revenue, parce que la communion est restaurée.

Après que David eut si gravement péché dans l’affaire de la femme d’Urie, il ne dit pas : « Rends-moi ton salut », mais: « Rends-moi la joie de ton salut .», (Psaume 51:12).

Chaque fois qu’un croyant pèche, sa communion est interrompue et sa joie disparaît jusqu’à ce qu’il revienne au Père avec un cœur brisé, et qu’il confesse son péché. Alors s’il prend Dieu au mot, il sait qu’il est pardonné, car la Parole déclare clairement que « Si nous confessons nos péchés, il est fidèle et juste pour nous pardonner nos péchés et nous purifier de toute iniquité. », (1 Jean 1:9). L’enfant de Dieu doit toujours avoir à l’esprit ces deux vérités complémentaires : il n’y a rien de plus fort que le lien de la parenté ; rien de plus fragile que le lien de la communion. Toutes les puissances et les machinations du monde et de Satan réunies ne peuvent détruire le premier, tandis qu’une pensée impure ou une parole inutile interrompt le second. S’il nous arrive de nous sentir mal à l’aise humilions-nous devant Dieu et considérons nos voies. Et quand le voleur qui nous a ravi notre joie a été démasqué, confessons notre faute à Dieu, notre Père, et jugeons, sans nous épargner, le manque de vigilance qui a permis à l’Ennemi d’entrer. Mais ne confondons jamais notre sûreté avec notre joie.

Ne nous imaginons pas, cependant, que Dieu juge moins sévèrement le péché du croyant que celui de l’incrédule. Il n’a pas deux manières de traiter judiciairement le péché, et il ne peut pas passer plus légèrement sur le péché du croyant que sur celui de l’inconverti. Mais il y a une grande différence entre les deux. Dieu connaissait tous les péchés du croyant, et l’Agneau dont il s’était pourvu les a tous portés sur la croix du Calvaire. C’est là qu’une fois pour toutes, et pour toujours, la grande question judiciaire de sa culpabilité a été soulevée et réglée, le jugement tombant sur Christ comme substitut du croyant : « Lui-même a porté nos péchés en son corps sur le bois. », (1 Pierre 2: 24).

Celui qui rejette Christ portera lui-même ses propres péchés, dans l’étang de feu pour toujours (Apocalypse 20: 15). Quand un croyant tombe, la question judiciaire du péché ne peut pas être soulevée contre lui, puisque le Juge lui-même l’a réglée une fois pour toutes sur la croix, mais la question de la communion est soulevée en lui par le Saint Esprit, toutes les fois qu’il l’attriste.
Permettez-nous un dernier petit exemple.

Deux enfants sont au bord d’un puits, contemplant la lune qui s’y reflète. Le plus âgé laisse tomber dans le puits un petit caillou, l’autre s’écrie consterné : « Tu as cassé la lune – Que tu es naïf, répond l’aîné, regarde le ciel elle n’a pas changé : c’est l’agitation de l’eau qui en change l’aspect ».

Notre cœur est comme ce puits. Si, par la puissance de Dieu, nous ne laissons pas la chair agir, l’Esprit de Dieu nous révèle la gloire et la beauté de Christ pour notre consolation et notre joie. Mais il suffit qu’il s’élève dans notre cœur une mauvaise pensée, ou qu’une parole inutile s’échappe de nos lèvres sans être jugée, voilà l’eau troublée ! Toutes nos expériences heureuses sont mises en pièces, et nous sommes agités, attristés jusqu’au moment où, avec un esprit brisé devant Dieu, nous confessons notre péché. Nous retrouverons alors la calme et douce joie de la communion.

Quand notre cœur est ainsi troublé, l’œuvre de Christ a-t-elle changé ? C’est impossible Donc notre salut demeure. La Parole que Dieu a prononcée a-t-elle varié ? Pas davantage Donc notre salut est toujours aussi certain. Qu’est-ce alors qui est changé ? c’est l’action du Saint Esprit en nous. Au lieu de nous montrer les gloires du Seigneur, il nous remplit du sentiment de notre péché et de notre indignité.

Il nous ôte notre consolation et notre joie présentes jusqu’à ce que nous jugions et réprouvions la chose mauvaise. Quand cela est fait, la communion avec Dieu est de nouveau rétablie.

Que le Seigneur nous rende toujours plus défiants de nous-mêmes, afin que nous n’attristions pas le Saint Esprit de Dieu, par lequel nous sommes scellés pour le jour de la rédemption (Éphésiens 4:30) ! Cher lecteur, si faible que puisse être votre foi, soyez assuré que Celui qui en est l’objet ne changera jamais.

« Jésus Christ est le même hier, et aujourd’hui, et éternellement. », (Hébreux 13: 8). L’œuvre qu’il a accomplie ne variera jamais.

« Tout ce que Dieu fait subsiste à toujours ; il n’y a rien à y ajouter, ni rien à en retrancher.», (Ecclésiaste 3:14).

La parole qu’il a prononcée ne changera jamais. « L’herbe a séché et sa fleur est tombée, mais la parole du Seigneur demeure éternellement. », (1 Pierre 1:24-25).

Ainsi l’objet de ma confiance, le fondement de ma sécurité, la base de ma certitude, sont aussi éternellement invariables.

Oui, ton amour, toujours le même,
Sollicite mon faible cœur
A jouir de l’éclat suprême
De ses doux rayons de bonheur.

Mais si quelquefois un nuage
Vient me dérober ta beauté,
Ami divin, après l’orage,
Comme avant, brille ta clarté.

De toi que rien ne me sépare,
O mon Sauveur! Enseigne-moi,
Si de nouveau mon pied s’égare,
A revenir bientôt à toi.

Bâtir sur Christ

Par Harry Foster

« Selon la grâce de Dieu qui m’a été donnée, comme un sage architecte, j’ai posé le fondement, et un autre édifie dessus; mais que chacun considère comment il édifie dessus. Car personne ne peut poser d’autre fondement que celui qui est posé, lequel est Jésus Christ. Or si quelqu’un édifie sur ce fondement de l’or, de l’argent, des pierres précieuses, du bois, du foin, du chaume, l’ouvrage de chacun sera rendu manifeste, car le jour le fera connaître, parce qu’il est révélé en feu; et quel est l’ouvrage de chacun, le feu l’éprouvera. Si l’ouvrage de quelqu’un qu’il aura édifié dessus demeure, il recevra une récompense; si l’ouvrage de quelqu’un vient à être consumé, il en éprouvera une perte, mais lui-même il sera sauvé, toutefois comme à travers le feu. », 1 Corinthiens 3 :10-15

Deux Sortes de Matériaux à Disposition

 Il n’est pas difficile de se représenter les réflexions de l’apôtre, lorsqu’il pensait à Corinthe, la ville à laquelle il destinait sa lettre, ou à Ephèse, la ville d’où il l’envoyait. Elles lui fournissaient toutes les deux le même exemple. Promenant ses regards sur l’une ou l’autre de ces deux villes, il pouvait voir de riches bâtiments, cossus, faits de marbre ou de quelque autre matériau précieux et durable ; et tout à côté — car c’était la nature même de ces agglomérations urbaines — installées à leur ombre, d’autres maisons, sans apparence celles-là, d’humbles demeures de bois et de chaume. Il ne pouvait manquer de se dire que si un incendie passait sur ces différentes habitations, leur valeur relative apparaîtrait immédiatement. Les maisons de bois et de chaume seraient détruites, et seuls resteraient debout les édifices durables.

 C’est dans cette optique-là qu’il écrivit aux Corinthiens au sujet de l’édification de l’Eglise, et c’est dans cette optique-là que l’Esprit de Dieu nous applique le message à chacun. Vous remarquerez que dans ce passage il est question quatre fois de « l’œuvre de quelqu’un », ou de « l’œuvre de chacun ». La possibilité de construire avec du bois, du foin ou du chaume sur le vrai fondement est peut-être une pensée qui vous surprend. Nous nous sommes si souvent servis de cette idée, dans nos réunions d’évangélisation, que nous sommes enclins à penser que si nous sommes sur le vrai fondement, alors tout va bien, la construction sera ce qu’elle doit être. Ce que le feu consumera, pensons-nous, ce sont ces structures sans consistance des vies qui sont édifiées sur un fondement tout autre que Jésus Christ. Ce n’est pas du tout la pensée que nous avons ici.

 Vous remarquerez en effet que l’apôtre ne parle que de ceux qui sont sur le vrai fondement, — « personne ne peut poser un autre fondement que celui qui est posé ». En d’autres termes, les seuls chrétiens qui sont visés ici sont ceux qui sont édifiés sur le seul, sur l’unique fondement sûr et solide qu’est Jésus Christ. Oublions les autres pour le moment, car c’est de nous qu’il est question, pour peu que nous soyons édifiés selon la pensée exprimée ici. Cette affaire nous concerne parce qu’elle est un rappel solennel que l’édifice n’est pas achevé quand bien même le fondement a été posé, et que la structure de l’édifice n’est pas nécessairement décisive une fois que le fondement est en place. Le fondement une fois posé, l’ayant reçu de Dieu en toute gratuité, chacun doit faire face à la responsabilité solennelle de veiller à ce qu’il va bâtir dessus. Il peut construire quelque chose de durable, avec des pierres précieuses, de l’or et de l’argent. Dieu soit béni, n’importe qui peut voir la chose sous ce jour-là et s’y mettre ! Il n’y a pas besoin d’être un apôtre pour l’entreprendre. Mais, hélas ! n’importe qui, même un apôtre, peut choisir l’autre voie, et mettre sur le vrai fondement des matériaux de mauvaise qualité, édifier une structure déficiente dépourvue de substance qui ne supportera pas l’épreuve finale. Oh! si le peuple de Dieu pouvait comprendre la différence qu’il y a — même pour les chrétiens, même dans la vie chrétienne, même dans le service chrétien le plus sincère — entre ce qui est durable et ce qui est périssable ! Je crois que pour beaucoup d’entre nous il en résulterait un changement complet d’attitude.

 Ce qui est en cause, en réalité, c’est que l’édification et le parachèvement de l’édifice doivent être conformes à la nature de son fondement. Vous découvrirez que c’est Jésus Christ qui est la pierre de choix, précieuse entre toutes. Si vous connaissez tant soit peu le symbolisme des Ecritures, vous savez que l’or nous parle de Lui, et que l’argent nous parle de Son œuvre. Le fondement dont il s’agit a donc un certain caractère, mais l’édifice qui demeurera est celui qui aura ce même caractère ; il ne s’agit pas d’édifier quelque chose sur Christ, mais de laisser Christ s’édifier en nous.

 Nous pouvons, dans la meilleure des intentions, ériger une structure qui est notre contribution à Christ, pour découvrir un jour, quand tomberont sur elle la lumière et le feu de l’éternité, que cette structure était d’une nature différente de la nature de Christ, — édifiée sur Lui, mais ne provenant pas de Lui. Et l’apôtre nous dit qu’elle s’en ira, au grand désillusionnement des intéressés, et à leur plus grande humiliation.

 Il est bien clair qu’il ne parle pas ici de ces manquements ou même de ces péchés qui surviennent dans notre vie et que nous regrettons tous. Ce qu’il a en vue, c’est la structure en continuité, ce qui est constant dans nos vies. Il ne s’agit pas de l’accident que nous pouvons avoir au cours d’une vie spirituelle bien conduite. Nous en avons, et il nous appartient de revenir au Seigneur pour en recevoir le pardon. Mais ici, l’affaire est tout autre. Ce n’est pas tellement de l’événement isolé que l’apôtre parle, mais de ce qui s’accumule d’une manière constante et régulière, tout au long le la vie. Après tout, la construction n’est pas une de ces quelconque passe-temps dont on s’occupe quand cela nous plaît. C’est une occupation constante, à laquelle il faut s’attacher jusqu’à ce que l’édifice soit achevé. La vie est faite de ce labeur-là; nous sommes voués à cela. Et la question qui se pose chaque jour, tout au long de notre marche avec Dieu, dans ce qu’elle a de continuel et de persistant — pour ceux d’entre nous qui sont sur le vrai fondement — est celle-ci : ce que nous construisons, est-ce quelque chose qui est de la terre, un produit de nos propres efforts, de notre propre sagesse, ou est-ce vraiment Christ que nous édifions par la foi, dans nos vies?

 Naturellement le bois et le chaume sont à portée de la main. C’est ce que vous avez, c’est la contribution que vous pouvez fournir. Les pierres, l’or et l’argent représentent du travail, de la recherche, de la concentration et un constant effort. Est-ce que nous mettrons dans notre vie juste ce que nous avons sous la main, ou sommes-nous préparés à payer le prix d’une recherche auprès du Seigneur des matériaux appropriés au but à atteindre? Ce n’est pas qu’ils fassent défaut. Dieu soit béni, ils sont là, à notre disposition ! Mais l’expression « pierres précieuses » ne peut manquer de nous rappeler qu’elles ont été coûteuses, non seulement pour Celui qui nous les a fournies — notre Seigneur bien-aimé — mais qu’il y a un prix à payer pour les obtenir. Elles impliquent la nécessité d’une préoccupation supplémentaire et d’une disposition à faire un sacrifice pour les avoir.

 Dieu Procure les Ressources pour l’Edifice qui le Satisfait

 Pour notre encouragement, rappelons-nous les uns aux autres que le Seigneur ne nous exhorterait jamais à édifier ainsi, s’il ne nous fournissait les matériaux nécessaires. Et l’apôtre ne dirait jamais que tout homme doit bâtir ainsi, s’il n’était pas sûr que chacun puisse édifier ainsi. Ainsi donc la question des ressources dont nous disposons n’entre pas en ligne de compte. En fait, c’est exactement le contraire, car si Paul, en parcourant ces villes du regard, pouvait immédiatement, d’un simple coup d’œil, différencier ce qui était bon de ce qui était mauvais, il n’en va pas ainsi dans les choses spirituelles : le feu seul manifestera, au jour du jugement, la qualité de l’édifice. Ce qui peut être inapproprié ou insuffisant, comme matériau, peut faire une impression tout à fait trompeuse de bonne qualité. Ce que nous avons à offrir, et ce que les Corinthiens avaient à offrir, peut paraître, à l’observateur superficiel, une contribution de grande valeur ; mais il s’agit de ce que nous avons fait, ce n’est pas Christ. C’est pourquoi, quand l’éternité mettra ces choses à l’épreuve, leur vraie nature sera révélée.

 Et bien souvent, ce qui est de Christ maintenant est souvent bien loin de ressembler à des pierres précieuses, à de l’or ou à de l’argent. C’est pour cela que nous sommes si facilement découragés d’en faire usage pour l’édifice. L’édifice constitué de matériaux spirituels exige toujours la foi, réclame toujours de la patience dans notre persistance à bien faire, quand bien même nous n’avons rien pour le démontrer. Il y a là un devoir absolu à répudier les valeurs humaines et à se méfier de l’approbation populaire. En deux mots, il ne nous faut pas uniquement construire que sur Christ, nous devons également apprendre Christ.

 Le Contraste Entre les Deux Sortes de Matériaux

 Je pense que ce contraste n’apparaît nulle part aussi clairement que dans l’exposé que l’apôtre fait lui-même au chapitre 13 de cette lettre. Nous lisons au verset 8 : « L’amour ne périt jamais. », c’est à dire qu’il ne disparaîtra jamais ; il est permanent. Ce n’est ni du bois, ni du foin, ni du chaume. « Y a-t-il des prophéties? elles auront leur fin. Y a-t-il des langues? elles cesseront. Y a-t-il de la connaissance? elle aura sa fin.» — et comme ils aimaient la connaissance, ces Corinthiens ! Ici donc, nous voyons le contraste entre le durable, le permanent — et le temporaire. La prophétie, les langues et la connaissance ont toutes les trois quelque chose qui les fait valoir et les fait passer, sur le moment, comme étant spécialement de Dieu. Mais l’amour est la manifestation continuelle, dans le caractère, de la vraie nature de Christ. Cela ne veut pas dire, naturellement, que la prophétie soit sans valeur. C’est la prophétie sans l’amour qui est sans valeur.

 Parce qu’il y a toujours pour nous la possibilité d’édifier quant à la chair, s’ensuit-il que nous devions renoncer tout à fait à construire. Bien sur que non ! C’est là une interprétation tout à fait fausse de la Croix. La vérité, c’est que n’importe quel service, si réussi soit-il à nos yeux, et quelle que soit l’approbation dont il est l’objet de la part de notre entourage, s’il n’est pas accompagné d’une expérience correspondante en nous, par le Saint Esprit, sera consumé par le feu et il n’en restera aucune trace.

 Nous voyons les Corinthiens enthousiasmés par les questions spirituelles, par l’évangile, les réunions, la prédication, l’étude des Ecritures, se donnant du mal pour mener à bien toutes sortes d’activités, et l’apôtre leur dit, en substance : « Attention ! Quand viendra l’éternité et que cette phase de votre vie sera soumise au verdict divin, prenez garde qu’en ce qui concerne les valeurs spirituelles, elle ne se trouve dénuée de toute substance. »

 Et voici d’autre part l’auteur de la lettre, durement éprouvé (lisez le chap. 4), « nous avons été faits un spectacle pour le monde, et pour les anges et pour les hommes. », méprisé, critiqué, mais entretenant continuellement un esprit de conformité à Christ, de patience et de persévérance dans le vrai témoignage, animé d’un amour sans défaillance pour Christ, et d’un amour semblable même pour les chrétiens qui s’efforcent de le calomnier. Le voici, cet apôtre, faible et méprisé aux yeux des hommes, mais qui pourra dire, à la fin de sa vie : « J’ai achevé ma course », (2 Timothée 4 :7). En d’autres termes, mon travail d’édification est terminé, et l’édifice durera jusque dans l’éternité. L’amour, qui est non seulement Christ vivant Sa propre vie — car Il est amour — mais cet amour qui est Christ vivant Sa propre vie en nous, cet amour-là ne passera jamais.

 Oh ! quel encouragement à aller fermement de l’avant, utilisant des matériaux toujours précieux dans l’édification d’une humble vie de foi, d’obéissance et d’amour pour Dieu ! Il peut nous sembler que nous faisons beaucoup, ou au contraire que nous ne faisons pas grand-chose, qu’importe, ne nous laissons jamais décourager dans le rude travail que nous accomplissons, car le jour qui vient le mettra en lumière. Ce que le Seigneur désire ardemment pour nous, c’est que l’éternité ne soit pas un désillusionnement à cause de ce qui est perdu, mais au contraire un émerveillement dans la découverte de ce qui est gagné. C’est une pensée merveilleuse ! Vous et moi, qui oeuvrons tellement dans l’obscurité maintenant — car Dieu ne nous a pas montré le plan de nos vies, et Il ne nous laisse pas voir ce que nous avons devant nous — nous qui connaissons le prix des matériaux que nous fournissons à l’édifice, nous serons peut-être, un jour, tout ébahi en voyant la magnificence et la gloire de ce que Dieu a fait dans nos vies. Notre foi et notre patience, la persistance de notre marche spirituelle avec le Seigneur n’auront pas été vaines. Est-ce que cela ne vaut pas beaucoup mieux que de mettre sur pied une vaste structure qui satisfait notre vanité, et nous vaut l’approbation des hommes attachés à la terre, mais dont l’apôtre dit que les flammes la dévoreront, et que nous serons laissés sans rien d’autre que de belles fondations sous nos pieds? Dieu soit béni, ces fondations résisteront aux flammes, nous serons là. Mais, est-ce assez? Oh! être là avec quelque chose de Christ qui ait de la valeur, pour notre propre joie et à la louange et à l’honneur de Son Nom !

Par Harry Foster

Nous lisons dans le livre du prophète Osée : « Je serai pour Israël comme la rosée », (Osée 14 :5). Le reste du chapitre, notons-le, révèle que cette promesse est destinée à ceux qui sont contrits, à ceux qui se savent éloignés du Seigneur et qui en sont profondément attristés, à ceux qui regrettent leur manque de fidélité envers Lui. Le chapitre commence ainsi :

« Israël, reviens à l’Éternel, ton Dieu, car tu es tombé par ton iniquité. Prenez avec vous des paroles, et revenez à l’Éternel ; dites-lui : Pardonne toute iniquité, et accepte ce qui est bon, et nous te rendrons les taureaux (les sacrifices) de nos lèvres. »

C’est à ce genre de personne que le Seigneur dit : « Je serai comme la rosée » ; à celui qui ne peut plus que faire appel à la miséricorde de Dieu. Il y en a peut-être qui éprouvent un certain dépit à appliquer à eux-mêmes cette histoire d’Osée, car c’est en fait une histoire sombre ; démontrant le pire genre d’ingratitude et d’infidélité. Peut-être pensez-vous : « Il y a sûrement des chrétiens comme ça, mais je n’en fais pas partie. » Si vous pensez ainsi, je peux vous dire que cette promesse : « Je serai pour Israël comme la rosée » ne vous est pas adressée.

Maintenant, ne dites pas que vous n’avez pas de promesses ni de bénédictions. Peut-être aurez-vous l’orage, le tonnerre et les éclairs ? Mais vous n’aurez pas la rosée. La rosée est uniquement pour ceux qui sont contrits de cœur ! Et si nous regardons au dernier verset de ce chapitre, nous voyons qu’il est dit : « Qui est sage ? Il comprendra ces choses. » A l’évidence, cette question ne se réfère pas uniquement à ce dernier chapitre, mais à tout le livre d‘Osée ; et, une fois cette prophétie lue, elle doit être considérée comme étant le dernier commentaire. Toute l’histoire est résumée en ce verset : « Qui est sage ? Il comprendra ces choses ; et intelligent ? Il les connaîtra. »

Ce chapitre est celui des joies de la réconciliation. Ici, le peuple – qui s’était éloigné de l’Éternel – revient à Lui et Lui demande d’être agréé gracieusement. Par la même occasion, le peuple fait sa confession et sa promesse : « nous te rendrons les taureaux (les sacrifices) de nos lèvres ». Il révèle ainsi combien il est désillusionné par la voie qu’il avait choisie. Dans le troisième verset, Israël dit en substance : « Plus jamais, plus jamais ! L’Assyrie ne nous sauvera pas, je ne compterai plus jamais sur personne excepter le Seigneur ! Nous ne monterons pas sur des chevaux, je n’imiterai plus personne d’autre ! Plus jamais nous ne dirons de l’œuvre de nos mains « Notre Dieu ». Je mettrai fin à mon propre travail et à mes propres efforts ! Plus jamais Éternel ! Toi, tu es Celui, et le Seul qui puisse satisfaire pleinement ma vie ! » Et en réponse à cette réconciliation bénie, le Seigneur répand Ses promesses à chaque démonstration de foi en Lui. Cet échange se poursuit jusqu’au verset huit, où les deux interlocuteurs sont impatients de se parler.

Nous avons quatre déclarations distinctes. Tout d’abord Éphraïm : « Qu’ai-je de plus à faire avec les idoles ? » L’Éternel lui répond : « Moi, je lui répondrai et je le regarderai ». Israël ajoute : « Moi, je suis comme un cyprès vert. » Et l’Éternel est impatient de répondre : « De moi provient ton fruit. » C’est ici l’atmosphère de tout le chapitre. Si vous avez fait l’expérience d’une querelle et d’une réconciliation, vous comprendrez ce qui est dit ici. Ainsi, Israël et l’Éternel se pressent, chacun leur tour, de prendre la parole afin de révéler leur cœur l’un envers l’autre et de renouveler, plus profondément qu’auparavant, leur amour mutuel. Regardons au chapitre quatorze et verset quatre, nous y voyons la réponse de l’Éternel à Israël, ce dernier se rassérénant à nouveau dans une pleine confiance en Lui : « Je guérirai leur abandon de moi, je les aimerai librement »! Et maintenant, dans cette atmosphère d’échanges réciproques, où il y a de fraîches manifestations de tristesse quant au péché d’un coté, et un appel gracieux au pardon d’un autre coté, survient cette assurance bénie de la part de Dieu ; une promesse toute particulière au verset cinq : « Je serai pour Israël comme la rosée ».

Bien souvent dans la Bible, nous retrouvons cette assurance de l’Éternel, qu’Il guérira leur abandon de Lui : « Je les aimerai librement ». Mais, il y a ici cette promesse singulière : « Je serai pour Israël comme la rosée ». Votre cœur ne s’exalte-t-il pas à ces paroles? Oh ! Connaître le Seigneur ainsi : comme la rosée ! Il ne s’agit pas là d’un simple sentiment. Nous savons, comme cela est exprimé au chapitre quatorze, combien – si la rosée est présente en une puissance rafraîchissante, en abondance et à profusion –cela se manifestera dans la vie. Ainsi, la rosée est une illustration de ce que devrait être l’enfant de Dieu : C’est ce que le prophète Osée représente comme étant la plénitude de la vie, telle que le désire Dieu pour tous ses enfants.

Ensuite, nous voyons qu’Osée se tourne vers les montagnes du Liban dans les versets cinq à sept :

« Je serai pour Israël comme la rosée ; il fleurira comme le lis, et il poussera ses racines comme le Liban, Ses rejetons s’étendront, et sa magnificence sera comme l’olivier, et son parfum, comme le Liban, ils reviendront s’asseoir sous son ombre, ils feront vivre le froment, et ils fleuriront comme une vigne ; leur renommée sera comme le vin du Liban. »

Lorsque Dieu révèle Sa volonté pour Son peuple, Il pointe souvent vers une montagne. Le Seigneur aimerait que nous soyons un peuple des sommets. Dans le pays de Juda, en ces temps de la fin, les prophètes se tournaient vers Sion : « Dans la ville de notre Dieu, dans sa montagne sainte. » La maison du Seigneur se trouve au sommet de la montagne : « Belle dans son élévation, la joie de toute la terre, est la montagne de Sion » – belle dans son élévation, selon la pensée du Seigneur, (Psaume 48 :1-2). C’est ce que le Seigneur désire pour Son peuple.

Puis, Osée se tourne vers une autre montagne, la plus imposante dans la chaîne libanaise, le Mont Hermon. Fertile, rafraîchissante et pleine de vie. Osée voit, en cette montagne, ce que devrait être le peuple de Dieu. Vous vous souvenez sans doute qu’il est dit dans le Psaume 133 : « Comme la rosée de l’Hermon, qui descend sur les montagnes de Sion » – Ainsi, dit l’Éternel : « Je serai pour Israël comme la rosée. »

C’est la plénitude de la vie qui est représentée dans ce psaume 133. Lorsque nous évoquons la Maison sur la montagne, nous pensons à la vie de communion. En considérant cette montagne de l’Hermon, aucune contradiction n’apparaît quant à cette plénitude de vie, car l’accent n’est pas sur l’ordre, ni le coté relationnel, mais sur les besoins élémentaires et fondamentaux de la vie – la plénitude de la vie. Tandis que l’ordre et la vie corporative peuvent parfois créer des problèmes de relations les uns avec les autres, ici, dans Osée, il s’agit purement d’une question de vie personnelle avec le Seigneur.

Personne ne peut nous priver de jouir de la rosée, excepté nous-mêmes. « Je serai pour Israël comme la rosée ». Nous voyons ce que la rosée produit dans le verset cinq : « il fleurira comme le lis » – une superbe et attirante expression de la vie ; le lis des champs. Sommes-nous rayonnants pour le Seigneur, ou bien sommes-nous au contraire flétris ? Nous devrions fleurir comme le lis des champs. Nous nous souvenons des paroles du Seigneur Jésus dans Matthieu 6 : 28-29 : « … les lis des champs, comment croissent-ils, ils ne travaillent ni ne filent ; … Salomon dans toute sa gloire, n’était pas vêtu comme l’un d’eux. » Pourquoi ? Parce que la gloire de Salomon était artificielle, mais cette gloire-là est naturelle, belle, c’est celle du lis des champs. Aucun artifice humain ne peut produire ce qui pousse simplement et spontanément dans les vallées entourant les montagnes. Beaucoup se demande ce qu’était vraiment le lis des champs, une anémone, un iris ou une autre fleur. Il semble néanmoins que le Seigneur ne pensait pas à une fleur particulière. Il suffit de remarquer qu’ici les fleurs poussent spontanément, produisant une beauté magnifique à observer. Ces lis ne sont pas des fleurs comme nous les connaissons en général, des fleurs qui pousseraient parmi d’autres dans un jardin afin d’être admirées. Il n’y a rien de banal à propos de ces fleurs là. Car, peut-être sont-elles vues ou pas ; peut-être sont-elles admirées ou bien ignorées ; elles ne s’en soucient guerre, elles continuent de fleurir ! Oh ! Que la vie fleurisse avec la beauté du Seigneur, non pas pour être remarquée, pour être admirée ; mais en étant simplement une expression de la vie de Christ dans sa beauté – « le Lis des vallées. »

Il est bon de savoir que le Seigneur est le Lis des vallées, et il est bénéfique de réaliser nos faiblesses, nos péchés et manquements, et de venir au Seigneur par Sa Grâce réconciliatrice et de l’entendre dire : « …il fleurira comme le lis, et il poussera ses racines comme le Liban » – comme les cèdres du Liban. Le Liban est célèbre de par ses cèdres magnifiques, ces arbres peuvent se tenir forts et droits grâce à la profondeur et la fermeté de leurs racines. Et, ici, le Seigneur ne mentionne même pas les arbres. Les racines des arbres semblent avoir quelque chose de la montagne même – les racines du Liban. J’ignore ce que les racines évoquent pour vous, mais je sais de quoi elles me parlent. Elles signifient la force. Elles révèlent la stabilité, et autant je désire la beauté du lis, autant j’aspire à la force immuable, fidèle, persistante et constante d’un arbre profondément enraciné. Bien entendu, ce sont les tempêtes et les rafales de vent qui révèlent la profondeur plus ou moins importante des racines. Et il y a beaucoup de coups de vent et de tempêtes autour de nous frères et sœurs, et il en sera toujours ainsi ; mais grâces soient rendues à Dieu, nous n’avons pas besoin de craindre quoi que ce soit. Nous ne devons pas craindre d’être ébranlé : « …il poussera ses racines comme le Liban. »

Ce sont des gens comme ceux-là que le Seigneur recherche. Notons bien qu’il ne s’agit pas de deux sortes différentes de personnes, certaines manifestant la beauté, d’autres la force. Dans la même vie le Seigneur recherche à la fois la beauté et l’humilité, la simplicité et la majesté, la dignité et la force : « Ses rejetons s’étendront, et sa magnificence sera comme l’olivier. » Il s’agit d’une sorte de beauté différente, une beauté fructueuse ! L’olive n’est pas un simple fruit comme les autres, mais elle est essentielle ; elle est un aliment de base. Dans le maintien de la vie même, le peuple dépendait de la récolte des olives et de son huile. Il y a, tout autour de nous, des gens dont les vies ont besoin d’être nourries, ils ont besoin de cette huile. Nous ne devrions pas être uniquement beaux et forts, mais nous devrions être capables de donner, à ceux qui en ont besoin, l’huile de la vie même de Christ pour leur affermissement, pour leur renouvellement dans le Seigneur.

Le verset sept fait également mention du froment et de la vigne – toutes ces choses représentent la même vie. Ensuite, nous notons dans le verset six, ce parfum comme le Liban ; et dans le verset suivant, que la renommée sera comme le vin du Liban. C’est ici une autre caractéristique de cette grande fertilité – une fraîcheur vitale – d’une vie telle que Dieu la désire. Une fragrance qui est la fragrance même de Christ ! Et enfin, nous avons la confession, sa propre reconnaissance est exprimée dans le verset huit : « Je suis comme le cyprès vert – de moi provient ton fruit. »

Il ne m’appartient pas de dire, de moi-même, si je suis comme le lis ou bien comme le cèdre, car comme pour l’olivier, ou la fleur odorante, ce sont les autres qui doivent évaluer ma vie. Néanmoins, je devrais savoir si je suis comme un cyprès vert ou pas – je me dois de savoir ceci – car c’est ici la confession qui découle d’une expérience intérieure : « Moi, je suis comme un cyprès vert. Je connais, à travers tous les changements de circonstances, la fraîcheur de l’amour divin dans mon esprit. » Et nous devons remercier Dieu en toute humilité, pour le fait que nous connaissons, un tant soit peu, quelque chose de cette expérience. Et si nous portons en nous même un peu de l’expression de cette vie, aussi variée soit-elle, et telle que Dieu la désire, le secret en est très simple. Cette expression de la vie est due à la rosée ; à « la rosée de l’Hermon. » Les fleurs sont présentes dans toute leur beauté, attendant consciemment la rosée afin de pousser et de fleurir.

Chers frères et sœurs, nous avons la beauté de Christ en nous. Nous n’avons pas à nous revêtir de gloire comme Salomon. Nous sommes tels le Lis qui a besoin de la rosée afin de croître, de fleurir et d’apporter la satisfaction à Dieu ! « Je serai pour Israël comme la rosée. » Remarquons que le Seigneur ne dit pas : « Je donnerai de la rosée à Israël.» Il dit : « Je seraila rosée ». Quelle merveilleuse promesse. Le Seigneur dit : « Je viendrai à toi mon enfant. » Notons dans le verset trois qu’il est dit : « Auprès de toi, l’orphelin trouve la miséricorde. » – « Mon pauvre orphelin est amené dans ma famille, celui qui n’était pas béni, pas aimé, pas mon peuple ; mais maintenant, il est béni et réconcilié avec son Père. Je viendrai Moi-même à vous, Je serai la rosée afin de vous apporter la vie, une vie remplie de fraîcheur et de fruits, pour la gloire de Dieu et la bénédiction des hommes. »

Oh, prenons possession de cette promesse très significative du Seigneur : « Je serai ». Nous n’avons pas besoin de regarder autour de nous, en nous disant « Comme je désire cette rosée ! » Il n’est pas nécessaire de nous lamenter dans nos circonstances en nous disant : « Dans les circonstances présentes, il m’est impossible de connaître la rosée. » Au contraire, nous devons recevoir cette promesse du Seigneur dans notre cœur avec des actions de grâce. Le Seigneur aimerait pouvoir nous dire : « Mon cher enfant, si tu es contrit, s’il y a vraiment cette pleine réconciliation entre nous, si tous ceux et toutes choses qui t’entourent – excepté Moi – te désespèrent ; pour toi, je serai alors comme la rosée. »

Que dirons-nous de la rosée ? Premièrement, nous devrions remarquer sa douceur, la rosée se répand doucement. La nuit doit être calme pour qu’il y ait de la rosée. Et c’est pendant la nuit que la rosée apparaît. Concernant sa force, la rosée n’est ni faible ni forte, néanmoins ses effets peuvent être observés. La rosée vient doucement, gentiment, imperceptiblement ; et le Seigneur dit : « Je viendrai à vous de cette façon. » Trop souvent, nous avons manqué le Seigneur parce que nous recherchions des tornades ; et Il désirait être la rosée. Nous réclamions des pluies torrentielles, et il désirait se manifester comme la rosée. La rosée est trop calme et paisible pour beaucoup d’entre nous, mais combien elle peut être puissante. Ou encore, trop souvent nous sommes si accablés dans nos esprits, dans nos exercices, nos préoccupations, nos plaintes ; que la rosée ne peut pas se manifester. En fait, la rosée ne peut venir que dans le calme. Lorsque la terre se refroidit, la rosée commence à tomber ; il est probable que nous ne sommes pas assez dans le repos, dans la paix, pour expérimenter la rosée.

La rosée est, a la fois, un miracle et un mystère. Bien entendu, n’importe quel écolier peut nous dire comment la rosée arrive. Dans un certain sens, il est facile de l’expliquer ; cependant, la rosée conserve un mystère perpétuel. Bien entendu, un mystère est rattaché à la pluie également dans la façon dont l’eau s’évapore des océans pour former des nuages et être répandue sur la terre. Tout ceci est merveilleux, mais il semble y avoir un mystère et un miracle transcendants lorsque l’humidité se manifeste sans nuages et sans vent. Cette humidité qui se trouve dans l’atmosphère, et que personne ne peut vraiment distinguer, se transforme en rosée. On peut à peine la discerner, mais elle est là. Vous devez vous lever tôt pour la voir et le monde entier en voit les effets. Il y a un mystère lorsque Dieu se manifeste dans nos esprits, un mystère qui ne peut être expliqué par aucun effort ; par aucune chose que nous sommes capables de faire. Il s’agit uniquement de la grâce de Dieu qui produit ce miracle, transformant notre aridité en Sa fertilité, notre bouillonnement en Sa fraîcheur, notre stérilité en Son abondance. Nous nous souvenons qu’il est écrit dans le livre des Nombres : « Quand la rosée descendait la nuit sur le camp, la manne descendait. » Quarante ans après, Israël l’appelait toujours « la manne. » C’était le don céleste de l’Éternel. Ainsi, la rosée régénère, renouvelle et revitalise l’esprit, c’est un miracle. Ceux d’entre nous qui connaissent l’aridité de nos propres cœurs, peuvent rendre témoignage du miracle produit par la rosée. Nous devons rendre grâces à Dieu pour le miracle qui prend place lorsque le Seigneur vient à nous dans Sa grâce rafraîchissante. Personne ne peut nous dérober cette promesse et cette bénédiction excepté notre propre manque de foi.

La rosée accomplit son but par sa constance. Une nuit de rosée apporterait peu aux cèdres du Liban, même aux fleurs des vallées. La force et l’efficacité de la rosée résident dans sa venue constante et son renouveau perpétuel. C’est ici la promesse du Seigneur pour nous tous. Dans la nuit silencieuse, dans le secret de la nuit, par un miracle, et dans un renouveau continuel, nous pouvons connaître la fraîcheur et la plénitude de la vie. Notre Dieu dit : « Je serai pour Israël comme la rosée. »

Souvenons-nous comment Gédéon s’est assuré la réalité de la présence du Seigneur en se servant de la rosée. En ce qui le concernait, la rosée n’était pas vraiment ce qui était recherché. Il recherchait le témoignage de la présence de l’Éternel. Gédéon, lui, pouvait compter sur son Dieu. Tout d’abord, il plaça la toison sur le sol en disant : « Si la rosée est sur la toison seule, et que la sécheresse soit sur toute la terre, alors je connaîtrai que tu sauveras Israël par ma main, comme tu l’as dit. » Il en fut ainsi. Puis, pour s’assurer qu’il s’agissait vraiment de Dieu, il réitéra l’expérience en inversant les choses. Ainsi, chers amis, si le Seigneur est vraiment la rosée pour vous, dans votre vie, vous ne serez pas les seuls à le savoir, mais tous ceux qui vous rencontreront diront : « Cette chose est de Dieu. » Non pas parce que vous êtes une personne intelligente, non pas parce que vous êtes consacrés et dévoués ; mais parce que cela vient de Dieu – et de Dieu seul.

Vous souvenez-vous de ce que Gédéon fit avec la toison ? Il ne s’est pas contenté d’observer la toison afin de voir si elle était mouillée, car les apparences sont parfois trompeuses. Il prit la toison, la pressa et en exprima la rosée dans une coupe. Peut-être que le Seigneur fait de même avec vous maintenant ? En est-il ainsi ? Vous tient-Il dans ses mains et vous presse-t-Il ? Que ressort-il ? De la toison de Gédéon, il en ressortit une coupe pleine d’eau.

Que le Seigneur permette que nous ne soyons pas secs lorsqu’ Il nous presse, mais qu’au contraire, qu’une telle épreuve prouve que nous contenons de la rosée. Que le Seigneur vienne à nous constamment comme la rosée – qu’Il le fasse pour Sa gloire.

Christ et son épouse

Éphésiens 5 :25-27

« Christ a aimé l’assemblée et s’est livré lui-même pour elle, afin qu’il la sanctifiât, en la purifiant par le lavage d’eau par la parole; afin que lui se présentât l’assemblée à lui-même, glorieuse, n’ayant ni tache, ni ride, ni rien de semblable, mais afin qu’elle fût sainte et irréprochable. »Le Père a établi toutes choses pour Son Fils. Ces « toutes choses » sont supposées être le co-héritage de Son Fils et de l’épouse du Fils, l’Église. C’est ce qui ressort très clairement du Nouveau Testament. Cette épouse était dans la race de l’homme, créée selon ce qui nous est dit dans le livre de la Genèse. Cette épouse devrait être selon un certain ordre, une certaine caractéristique, une certaine nature, afin qu’elle soit appropriée à ce Fils. Elle devrait être une épouse très particulière, elle devrait être rendue le plus harmonieusement possible pour Lui.

Ensuite, nous avons l’histoire d’Adam et Ève, et nous savons ce qui est arrivé de par leur capitulation à Satan. Quelque chose de spirituel se produit en eux, un changement prit place dans leur nature propre. Dieu les avait créés tout d’abord pour être uni à Lui, ensuite pour qu’ils aient de la communion avec Lui, et pour qu’ils soient à Sa ressemblance, dépendants de Lui, et enfin pour qu’ils aient une foi absolue et implicite en Lui. ce sont ici les cinq choses qui caractérisent l’Église selon la pensée de Dieu : 1) Union avec Dieu, une union vitale, l’union d’une seule vie. 2) La communion avec Dieu, une affinité, une harmonie, une unité de pensée. 3) La conformité avec Dieu, dans Sa propre image et à Sa ressemblance, ayant la même singularité, Dieu donnant Ses caractéristiques et Sa nature à l’Église. 4) Une dépendance tellement complète qu’il n’y a pas de vie en dehors de Lui. Et ceci implique 5) Une foi parfaite en Lui. Ces cinq choses doivent être les caractéristiques de l’épouse de Christ.

Ce qui se passa entre Satan et Adam et Ève a changé toutes ces choses. L’union fut brisée ; la communion arriva à une fin ; la ressemblance fut corrompue et sa pleine expression fut rendue impossible ; l’indépendance surgit, car leur acte fut indépendant de Dieu : Satan les incita à agir par eux-mêmes, sans qu’ils ne se réfèrent à Dieu. Cette relation entre eux et Dieu étant interrompue leur foi en Lui fut détruite. Et il ne s’agissait pas d’un acte seulement, ce qui ce passa changea leur nature même ; c’est ainsi qu’est la race humaine aujourd’hui.

Ce que le Seigneur fait maintenant c’est de réveiller celui-ci et cet autre afin de former Son épouse. Il les amène là où ils doivent prendre cette décision et cette position : « Je suis mort à tout ce qui s’est passé il y a si longtemps, je suis mort a tout ce qui a détruit l’union avec Dieu, la communion, la ressemblance, à tout indépendance de Lui, et à toute incrédulité. Je répudie ces choses, je les met derrière moi, ces choses appartiennent à une création haïssable, et je désire que ma relation avec cette ancienne création soit terminée, je veux y être mort et enseveli. En Christ l’union avec Dieu est restaurée ; la communion recommence ; la ressemblance, cette conformité à l’image du Fils est l’œuvre du Saint Esprit. Je suis, à partir de ce moment précis, complètement et totalement dépendant du Seigneur ; je ne désire plus vivre pour moi-même, mais ‘pour celui qui pour eux est mort et a été ressuscité.’, ( 2 Corinthiens 5 :15) ; et dorénavant je place ma foi en Lui. »

« Christ a aimé l’assemblée », et Il s’est donné pour une seule chose, pour se l’approprier ; et Il est mort à sa place, ayant subi la mort pour elle. Nous ne pouvions pas mourir pour nos péchés, alors le Seigneur l’a fait pour nous. En Lui ont été crucifiées toutes ces choses qui étaient contraires à Dieu, et dans Sa résurrection toutes choses sont rendues nouvelles et possibles. Ainsi, dans Sa mort, nous sommes morts à tout ce qui s’est passé en Eden, et dans Sa résurrection nous sommes amenés à tout ce que Dieu s’était proposé pour l’épouse. « Christ a aimé l’assemblée et s’est livré lui-même pour elle … afin que lui se présentât l’assemblée à lui-même, glorieuse, n’ayant ni tache, ni ride, ni rien de semblable, mais afin qu’elle fût sainte et irréprochable. »

Ceci nous amène au fait que nous sommes tous ensemble l’Église, l’épouse, sur la base de la résurrection, et notre vie en tant que chrétiens n’est plus une vie indépendante. Nous sommes dépendants des uns des autres en Christ, parce que Christ s’est investi dans l’Église, et nous parvenons à une plus grande plénitude de Christ dans notre relation les uns avec les autres que si nous étions des chrétiens isolés. Nous obtenons une plus grande plénitude de Christ dans notre communion mutuelle. Ainsi, nous avons besoin de l’assemblée, car Christ vient à nous dans l’assemblée, et cette dépendance envers le Seigneur est démontrée par notre dépendance les uns envers les autres ; par notre communion avec le peuple de Dieu. En Christ nous sommes un, Lui pourvoyant ce que le Père a toujours eu l’intention de Lui pourvoir : une Église glorieuse.

Par Charles H. Mackintosh

1 Samuel chapitres 4 et 7

Ces deux chapitres illustrent de manière frappante un principe que l’on retrouve à travers toute l’Écriture inspirée, à savoir que, dès l’instant où l’homme prend sa vraie place, la place qui lui revient vraiment, Dieu peut le rencontrer en grâce — et en grâce parfaite, gratuite, souveraine, sans pareil : la plénitude de Dieu attend des vases vides pour s’y épancher. Ce grand principe brille partout de la Genèse à l’Apocalypse. Le mot «principe» est insuffisant pour en rendre le sens, il est trop froid. Nous devrions en parler comme d’un fait divin, vivant, merveilleux, qui brille d’un éclat céleste dans l’évangile de la grâce de Dieu et dans l’histoire du peuple de Dieu, collectivement et individuellement, tant aux jours de l’Ancien que du Nouveau Testament.

Il faut que l’homme soit à sa vraie place. C’est absolument essentiel. C’est là seulement qu’il peut avoir une juste vision de Dieu. Quand l’homme tel qu’il est, rencontre Dieu tel qu’il est, il y a une réponse parfaite à toutes les questions, une solution divine à toutes les difficultés. C’est sur le pied d’une ruine absolue et sans espoir que l’homme découvre une vue claire et libératrice, et le sens du salut de Dieu. C’est quand l’homme en a fini avec lui-même sous tous les aspects — son mauvais moi et son bon moi, son moi coupable et son juste moi — qu’il commence avec un Dieu Sauveur. C’est vrai au commencement de la vie, et c’est vrai tout le long du chemin. La plénitude de Dieu attend toujours des vases vides. La grande difficulté est de vider ces vases : quand on en arrive là, tout est réglé, car la plénitude de Dieu peut alors s’y déverser.

Assurément, c’est une vérité de base, merveilleuse. Dans ces chapitres 4 et 7 de 1 Samuel, nous la voyons en application pour le peuple terrestre de l’Éternel, autrefois. Considérons un peu ces chapitres.

Au début du chapitre 4, Israël est battu par les Philistins ; mais au lieu de s’humilier devant l’Éternel, dans une vraie contrition et dans le jugement de soi-même à cause de leur terrible condition, et au lieu d’accepter leur défaite comme le juste jugement de Dieu, les voilà totalement insensibles et durs de cœur. «Et le peuple rentra dans le camp, et les anciens d’Israël dirent : pourquoi l’Éternel nous a-t-il battus aujourd’hui devant les Philistins ?» D’après ces paroles, il est bien évident que les anciens n’étaient pas à la place qui leur convenait. Ils n’auraient jamais prononcé le mot «pourquoi» s’ils avaient réalisé leur condition morale, et n’auraient que trop su le pourquoi de la situation. Il y avait du péché honteux au milieu d’eux — la conduite immorale d’Hophni et Phinées. «Et le péché de ces jeunes hommes fut très grand devant l’Éternel ; car les hommes méprisaient l’offrande de l’Éternel», (2:17).

Mais hélas ! Le peuple n’avait aucun sens de sa terrible condition, et donc aucun sens du remède. C’est pourquoi ils disent : «Prenons à nous, de Silo, l’arche de l’alliance de l’Éternel, et qu’elle vienne au milieu de nous et nous sauve de la main de nos ennemis». Quelle illusion ! Quel aveuglement complet ! Il n’y a aucun jugement de soi-même, aucune confession du déshonneur porté sur le nom et le culte du Dieu d’Israël ; aucun regard vers l’Éternel dans une vraie contrition et un vrai brisement de cœur. Il n’y a rien, si ce n’est cette vaine pensée que l’arche les sauverait de la main de leurs ennemis.

«Et le peuple envoya à Silo, et on apporta de là l’arche de l’alliance de l’Éternel des armées, qui siège entre les chérubins ; et les deux fils d’Éli, Hophni et Phinées, était là avec l’arche de l’alliance de Dieu». Quelle condition effrayante ! L’arche de Dieu associée à ces hommes impies dont la méchanceté allait attirer le juste jugement d’un Dieu saint et juste sur la nation tout entière. Rien ne pouvait être plus terrible, ni plus offensant pour Dieu que cette tentative téméraire d’associer Son nom et Sa vérité, avec la méchanceté. En toute circonstance, le mal moral est déjà mauvais, mais la tentative d’allier le mal moral au nom et au service de Celui qui est saint et véritable, est la forme d’iniquité la plus grande et la plus ténébreuse, et ne peut que faire éclater un jugement de Dieu très sévère. Ces sacrificateurs impies, les fils d’Éli, avaient osé souiller les lieux mêmes du sanctuaire par leurs abominations ; et maintenant c’étaient eux qui accompagnaient l’arche de Dieu au champ de bataille. Quel aveuglement et quelle dureté de cœur ! Cette expression : «Hophni et Phinées étaient là avec l’arche de l’alliance de Dieu» exprime dans sa brièveté la terrible condition morale d’Israël.

«Et aussitôt que l’arche de l’alliance de l’Éternel rentra dans le camp, tout Israël se mit à pousser de grands cris, de sorte que la terre en frémit». Que ces cris étaient vains ! — Que cette vantardise était vide de sens ! — Que cette prétention était creuse ! Hélas, hélas ! tout cela fut suivi d’une défaite humiliante, et il ne pouvait en être autrement. «Et les Philistins combattirent, et Israël fut battu ; et ils s’enfuirent chacun à sa tente ; et la défaite fut très grande, et il tomba d’Israël 30.000 hommes de pied. Et l’arche de Dieu fut prise, et les deux fils d’Éli, Hophni et Phinées, moururent».

Quel état de choses ! Les sacrificateurs tués ; l’arche prise ; la gloire partie. L’arche dont ils se vantaient, et sur laquelle ils avaient fondé leur espoir de victoire, la voilà maintenant entre les mains des Philistins, ces incirconcis. Tout était fini. Cette circonstance terrible — l’arche de Dieu dans la maison de Dagon — exprime l’histoire affligeante de la ruine et de la faillite totale d’Israël. Dieu veut de la réalité, de la vérité et de la sainteté chez ceux avec lesquels il daigne habiter. «La sainteté sied à ta maison, ô Éternel ! pour de longs jours», (Ps. 93:5). C’était un privilège si élevé d’avoir l’Éternel faisant sa demeure au milieu d’eux ; mais la sainteté en était la contrepartie nécessaire. Dieu ne pouvait associer son nom avec le péché non jugé. Impossible. Cela aurait été le renversement de sa nature, et Dieu ne peut se renier lui-même. Le lieu où il veut habiter doit correspondre à sa nature et à son caractère. « Soyez saints, car moi je suis saint », (1 Pierre 1:16). C’est une vérité fondamentale et merveilleuse qui doit être retenue fermement et confessée avec révérence. Il ne faut jamais l’abandonner.

Mais considérons un peu ce qu’il advint de l’arche au pays des Philistins. C’est tout à fait solennel et instructif. Israël avait faillit de façon évidente et avait péché honteusement. Ils s’étaient montrés totalement indignes de l’arche de l’alliance de l’Éternel ; et les Philistins avaient posé leurs mains incirconcises sur elle, se permettant carrément de l’introduire dans la maison de leur faux dieu, comme si l’Éternel Dieu d’Israël et Dagon pouvaient cohabiter ! Quelle présomption blasphématoire ! Mais la gloire qui s’en était allé d’Israël était revendiquée dans les ténèbres et la solitude du temple de Dagon.

Dieu sera Dieu, même si son peuple fait défaut. En conséquence nous voyons que quand Israël a entièrement faillit à garder l’arche de Son témoignage, et l’a laissée passer dans les mains des Philistins, — quand tout est perdu dans les mains de l’homme, — alors la gloire de Dieu brille en puissance et en splendeur : Dagon s’écroule, et toute la terre des Philistins tremble sous la main de l’Éternel. Sa présence leur devient intolérable, et ils cherchent à s’en débarrasser au plus tôt. Il était démontré de manière irrécusable l’impossibilité absolue pour l’Éternel et les incirconcis de marcher ensemble. Il en était ainsi, il en est ainsi, il en sera toujours ainsi. «Quel accord de Christ avec Bélial ?… et quelle convenance y a-t-il entre le temple de Dieu et les idoles ?», (2 Cor. 6:15). Aucun, en tout état de cause.

Passons maintenant au chapitre 7. Nous y trouvons un tout autre état de choses. Nous allons trouver ce qu’est un vase vide, et, comme toujours, la plénitude de Dieu attendant une telle condition. «Et il arriva que, depuis le jour où l’arche demeura à Kiriath-Jéarim, il se passa un long temps, vingt années ; et toute la maison d’Israël se lamenta après l’Éternel». Dans les chapitres 5 et 6, nous voyons que les Philistins ne pouvaient pas subsister avec l’Éternel. Au chapitre 7, nous voyons qu’Israël ne pouvait pas subsister sans Lui. C’est bien frappant et instructif. Le monde ne peut pas supporter l’idée même de la présence de Dieu. On le voit dès la chute, en Genèse 3. L’homme s’enfuit loin de Dieu avant même que Dieu ne le chasse du jardin d’Éden. Il ne pouvait supporter la présence divine. «J’ai entendu ta voix dans le jardin, et j’ai eu peur, car je suis nu, et je me suis caché».

Il en a toujours été ainsi, dès lors et jusqu’à aujourd’hui. Comme quelqu’un l’a dit : «si vous pouviez mettre un homme non-converti dans le paradis, il ferait son possible pour quitter les lieux au plus vite». Combien c’est parlant ! Quelle marque sur toute la race humaine, et quelle preuve de la profondeur de la dépravation morale où peuvent sombrer les membres de cette race ! Si un homme ne peut pas supporter la présence de Dieu, où peut-il être à l’aise ? et de quoi n’est-il pas capable ? Question importante et solennelle !

Puis «toute la maison d’Israël se lamenta après l’Éternel». Vingt années, longues et tristes, se sont écoulées sans le sentiment béni de sa présence ; « Et Samuel parla à toute la maison d’Israël, disant : si de tout votre cœur vous retournez à l’Éternel, ôtez du milieu de vous les dieux étrangers, et les Ashtoreths, et attachez fermement votre cœur à l’Éternel, et servez le lui seul, et IL» — non pas l’arche — « vous délivrera de la main des Philistins. Et les fils d’Israël ôtèrent les Baals et les Ashtoreths, et servir l’Éternel seul. Et Samuel dit : Assemblez tout Israël à Mitspa, et je prierai l’Éternel pour vous. Et ils s’assemblèrent à Mitspa, et ils puisèrent de l’eau et la répandirent devant l’Éternel ; et il jeûnèrent ce jour-là, et dirent là : Nous avons péché contre l’Éternel», (chapitre 7 versets 2 à 6)

Quelle différence d’avec l’état de choses présenté au chapitre 4. Ici, les vases sont vides, prêts à recevoir la plénitude de Dieu. Il n’y a pas de vaines prétentions, ni recherche de moyens extérieurs de salut. Tout est réalité, tout est travail de cœur ici. Au lieu des cris de vantardise, il y a l’eau répandue — symbole saisissant et expressif d’une faiblesse absolue et la reconnaissance de n’être bon à rien. En un mot, l’homme prend sa vraie place ; et cela, nous le savons, est un signe précurseur assuré que Dieu va prendre la Sienne. Ce grand principe traverse, comme un merveilleux fil d’or, tout le long de l’Écriture, tout le long de l’histoire du peuple de Dieu, tout au long de l’histoire des âmes. Il est condensé dans cette expression si brève, mais de si vaste portée : « la repentance et la rémission des péchés », (Luc 24:47). La repentance est la vraie place de l’homme. La rémission des péchés est la réponse de Dieu. La repentance exprime que le vase vide ; la rémission des péchés exprime la plénitude de Dieu. Quand les deux se rencontrent, tout est réglé.

Ceci présenté d’une façon très saisissante dans la scène de ce chapitre 7. Israël ayant pris sa vraie place, Dieu est libre d’agir en leur faveur. Ils ont confessé être eux même comme de l’eau répandue sur la terre, totalement impuissants et indignes. C’est tout ce qu’ils avaient à dire d’eux-mêmes, et cela suffisait. Dieu peut maintenant entrer en scène et s’occuper des Philistins rapidement. «Si Dieu est pour nous, qui sera contre nous ?»

« Et Samuel pris un agneau de lait, et l’offrit tout entier à l’Éternel en holocauste ; et Samuel cria à l’Éternel pour Israël ; et l’Éternel l’exauça. Comme Samuel offrait l’holocauste, les Philistins s’approchèrent pour livrer bataille à Israël » — Combien peu ils connaissaient Celui qu’ils venaient combattre, Celui qui allait à leur rencontre ! « Et l’Éternel fit tonner ce jour-là un grand tonnerre sur les Philistins, et les mis en déroute, et ils furent battus devant Israël… et Samuel prit une pierre, et la plaça entre Mitspa et le rocher, et il appela son nom Ében-Ézer (la pierre de secours), et dit : l’Éternel nous a secourus jusqu’ici».

Quel contraste entre les grands cris d’Israël poussés au chapitre 4 et le tonnerre de l’Éternel au chapitre 7 ! Les premiers n’étaient que prétention humaine ; le second, la puissance divine. Ceux-là avait été aussitôt suivi d’une humiliante défaite ; celui-ci, d’un splendide triomphe. Les Philistins ignoraient ce qui s’était passé — l’eau répandue, les pleurs de repentance, l’offrande de l’agneau, l’intercession sacerdotale. Que pouvaient connaître des Philistins incirconcis de ces précieuses réalités ? Rien. Quand la terre frémissait sous les cris d’orgueil d’Israël, ils pouvaient se rendre compte de ce qui se passait. Les hommes du monde peuvent comprendre et apprécier l’auto satisfaction et la confiance en soi ; mais voilà justement ce qui repousse Dieu. À l’opposé, un cœur brisé, un esprit contrit, un esprit humble, voilà ce qui fait son plaisir. Quand Israël a pris cette place d’abaissement, la place du jugement de soi-même et de la confession, alors on entend le tonnerre de l’Éternel, et les armées des Philistins son dispersées et confondues. La plénitude de Dieu attend toujours que le vase soit vide. Vérité précieuse et bénie ! Puissions-nous entrer plus entièrement dans sa profondeur, sa plénitude, sa puissance et son étendue !

Avant d’achever ce court article, je voudrais juste mentionner que 1 Samuel 4 et 7 nous rappellent quelque chose des églises de Laodicée et Philadelphie, en Apocalypse 3. La première nous présente une condition que nous devrions scrupuleusement éviter ; la seconde, une condition que nous devrions cultiver avec diligence et sérieux. Dans la première, il y a une misérable autosatisfaction, et Christ est laissé dehors. Dans la seconde, il y a la conscience de sa propre faiblesse, mais Christ y est exalté, aimé, et honoré ; Sa Parole gardée, et Son Nom estimé.

Souvenons-nous que ces choses se poursuivent jusqu’à la fin. Il est très instructif de voir que les quatre dernières des sept églises donnent quatre phases de l’histoire de l’Église allant jusqu’à la fin. En Thyatire, nous trouvons le Romanisme ; en Sarde, le Protestantisme. En Philadelphie, comme nous l’avons dit, nous avons cet état d’âme, cette attitude de cœur, que tout vrai croyant, et toute assemblée de croyants devrait cultiver avec ardeur et manifester fidèlement. Laodicée, au contraire, présente un état d’âme et une attitude de cœur qu’il faut rejeter avec une sainte crainte. Philadelphie est aussi attirante pour le cœur de Christ, que Laodicée lui est répugnante. De la première, Il en fera un pilier dans le temple de Son Dieu ; la seconde, il la vomira de sa bouche, et Satan la prendra et en fera le repaire de tout oiseau immonde et exécrable ! (Apocalypse 18:2). Combien cela est effrayant pour tous ceux qui participeront à ce désastre. N’oublions jamais que la prétention à être Philadelphie manifeste l’esprit de Laodicée. Là où vous trouvez toute sorte de prétention, d’affirmation du moi, d’auto satisfaction, vous avez Laodicée, en esprit et en principe — que le Seigneur veuille en délivrer tout Son peuple !

Bien-aimés, soyons contents de n’être rien dans cette scène d’auto-exaltation. Que notre aspiration soit de marcher dans l’ombre, en ce qui concerne les pensées humaines, et ne jamais nous éloigner de l’approbation du Père. En un mot, rappelons-nous que la plénitude de Dieu attend toujours des vases vides.