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Lecture : Éphésiens 4 :8-16

Verset 11 : « Et lui [Christ], a donné les uns comme apôtres, les autres comme prophètes, les autres comme évangélistes, les autres comme pasteurs et docteurs. »

(1) 1 Corinthiens 12 différents d’Éphésiens 4

Ce passage d’Éphésiens 4 est souvent cité avec les passages de Romains 12 et de 1 Corinthiens 12, stipulant que les dons mentionnés dans Éphésiens sont similaires, ou de même nature que ceux cités dans Romains et 1 Corinthiens. Néanmoins une bonne observation nous indique qu’il y a de grandes différences entre ce passage d’Éphésiens et les autres.

a) L’Esprit et Christ

Lorsqu’il est question des dons de grâce, nous allons naturellement à 1 Corinthiens 12 ; et Romains 12 doit être considéré à la lumière de 1 Corinthiens 12 où nous lisons : « Or, pour ce qui est des spirituels [pneumatikos] … à chacun est donné la manifestation de l’Esprit … », (1 Corinthiens 12 :1, 7). Par ce passage, nous voyons clairement que c’est l’Esprit Saint qui opère ces dons de grâce : « Mais le seul et même Esprit opère toutes ces choses; distribuant à chacun en particulier comme il lui plaît. », 1 Corinthiens 12 :11.

L’Esprit prédomine ce chapitre 12 de 1 Corinthiens, où Il y est mentionné onze fois. Les dons de grâce sont la manifestation de l’Esprit (verset 7), c’est par Lui qu’ils sont donnés (verset 8 et 9), et c’est encore Lui qui opère les dons de grâce et qui les distribue (verset 11). Il est évident que tout ce qui concerne les dons de grâce (charismata) est l’action de l’Esprit Saint.

Par contre, dans le passage d’Éphésiens il est précisé que c’est Christ qui « a donné des dons aux hommes. » ; ces dons particuliers qui ont été donnés aux hommes l’ont été par Christ. Dans tout ce passage (versets 8-16) l’Esprit n’est pas mentionné une seule fois. En revanche, Christ est mentionné, directement ou indirectement treize fois. Ceci ne veut pas dire que l’Esprit n’est pas impliqué dans l’exercice de ces dons, mais Paul met l’accent sur le fait que c’est Christ qui a donné Lui-même ces dons aux hommes ; et il semble qu’il désirait que ses lecteurs reconnaissent la distinction : c’est Christ ressuscité et glorifié qui a donné ces dons aux hommes. Ceci est la première différence notoire.

b) Le mot « dons »

Deuxièmement, il est significatif que le mot « dons » trouvé au verset 8 n’est ni pneumatikos, ni charismata ; le mot utilisé par Paul est doma. Ce mot veut tout simplement dire un don au sens général. Le nom n’est employé que quatre fois dans le Nouveau Testament : Matthieu 7 :11 ; Luc 11 :13 ; Éphésiens 4 :8 et Philippiens 4 :17. Les deux passages des évangiles selon Matthieu et Luc ainsi que le passage dans Philippiens indiquent clairement la nature générale du don ; et seul le passage dans Éphésiens contient une connotation spirituelle.

Par ailleurs, la forme verbale de doma est didomi, trouvé aux versets 8 et 11. Ce mot très commun, puisqu’il est utilisé 416 fois dans le Nouveau Testament, veut dire donner au sens propre comme au sens figuré. Il est traduit de maintes façons dans toutes les versions, Darby le traduit par les verbes suivant : montrer, tenir, payer, offrir, s’efforcer, mettre, permettre, exercer, jeter, laisser agir, rendre, prononcer, s’aventurer et donner. Cet éventail de traductions nous montre la souplesse avec laquelle les mots doma et didomi sont employés et ce contrairement aux mots pneumatikos et charismata qui eux sont beaucoup plus précis. La distinction devrait nous interpeller.

c) Ce qui est donné

Troisièmement, nous devons noter avec attention que dans 1 Corinthiens 12 et dans Romains 12, ce sont des spirituels et des dons de grâce qui sont donnés. Et ceux-ci sont donnés par l’Esprit sporadiquement, au vu des besoins locaux des assemblées ; « comme il lui plaît. », 1 Corinthiens 12 :11. C’est à dire que parfois un ou plusieurs dons de grâce seront nécessaires alors que l’assemblée est réunie, et qu’à d’autres moments d’autres dons de grâce seront opérés par le même Esprit. Il n’y a pas règle particulière et nous ne devons pas en imaginer une : « Là où est l’Esprit du Seigneur, il y a la liberté. », 2 Corinthiens 3 :17. Cette merveilleuse liberté dont il est question ici c’est, en partie, la liberté du « ministère de l’Esprit. », verset 8.

Dans Éphésiens ce sont, non pas des spirituels (pneumatikos), ni même des dons de grâce (charismata) qui sont donnés, mais des hommes, (verset 11). Lorsqu’il est dit au verset 8 : « a donné des dons aux hommes », il faut que nous comprenions que ce ne sont pas des choses qui sont données, mais Christ a donné des hommes qui, de par Lui, ont reçu l’appel céleste afin qu’ils accomplissent une mission bien précise et continuelle.

Ceci est une différence marquante par rapport aux passages de Romains 12 et de 1 Corinthiens 12.

d) La nature de ce qui est donné

Ceci nous amène à remarquer la nature différente de ce qui est donné. Les spirituels (pneumatikos) et les dons de grâce (charismata), sont donnés au vu des besoins particuliers et momentanés des assemblées. Par exemple, aujourd’hui une parole de connaissance est supplée par l’Esprit à un frère car c’est ce qui est nécessaire. Mais, peut être qu’à la prochaine réunion de l’assemblée un autre, ou des autres dons de grâce sera ou seront plus appropriés. Tandis que dans Éphésiens 4, ce dont il est question c’est que des hommes sont donnés pour l’édification du corps de Christ. Et ces hommes, les apôtres, prophètes, évangélistes, pasteurs et docteurs, sont donnés « jusqu’à ce que nous parvenions tous à … », verset 13 ; et donc ces hommes ont une vocation permanente et durable. Ainsi, un frère peut avoir une parole de connaissance aujourd’hui, et ne pas forcément en avoir une à la prochaine réunion ; c’est « l’Esprit qui opère toutes ces choses. » Tandis que, par exemple, Paul lorsqu’il reçu son apostolat de la part du Seigneur (e. g. Galates 1 :1), demeura apôtre jusqu’à la fin, (2 Timothée 1 :1). Par ailleurs, il serait difficile d’imaginer pourquoi un frère serait un berger un jour et pas le lendemain, ou dix ans plus tard.

Cette dernière observation démontre encore une fois la différence importante qui existe entre 1 Corinthiens 12 et Éphésiens 4.

Avant de passer au paragraphe suivant, il est utile de faire une remarque quant au verset sept : « Mais à chacun de nous la grâce a été donnée selon la mesure du don de Christ. » Il ne faudrait pas que nous comprenions que ce qui est dit ici est expliqué par le verset onze, ceci nous pousserait à conclure que chacun est, soit un apôtre, un prophète, un évangéliste, un pasteur et docteur ; ce qui n’est évidemment pas le cas. Ce qui est indiqué dans le verset sept c’est que personne n’est sans la grâce de Dieu. Et, ce n’est pas ici la grâce du pardon des péchés, ni de la vie éternelle, ni même du salut ; c’est la grâce (charis) de pouvoir servir l’assemblée. Chacun a reçu la grâce de Dieu et donc l’aptitude spirituelle de servir l’assemblée. C’est ainsi que, par exemple, Paul reçu la grâce d’être un apôtre envers les nations, (Galates 1 :15-16) ; et qu’un autre recevra une parole de connaissance en vue de l’édification. Ce qui est mis en avant ici ce n’est pas tel ou tel don, temporaire ou permanent, mais c’est la grâce de Dieu qui a été donnée à tous et d’où sont issus tous les dons pour le service.

(2) Les apôtres

a) Définition

Le mot apôtre (apostolos) veut littéralement dire un « envoyé ». C’est un mot relativement commun dans le Nouveau Testament puisqu’il est utilisé 79 fois (9 fois dans les évangiles, 28 fois dans le livre des Actes, 34 fois dans les épîtres de Paul et 8 fois dans les autres livres), la forme verbale « envoyer » est utilisée 135 fois, (e. g. Jean 17 :3, 18).

Deux sens sont donnés au mot apôtre :

Au sens large il peut être utilisé comme par exemple pour dire : « Hudson Taylor était un apôtre pour la Chine. », ou encore comme nous l’avons dans Philippiens 2 :25 : « Mais j’ai estimé nécessaire de vous envoyer Épaphrodite mon frère, mon compagnon d’œuvre et mon compagnon d’armes, mais votre envoyé [apostolos] et ministre pour mes besoins. » Dans ce sens un apôtre était un envoyé d’une assemblée pour informer Paul et subvenir à ses besoins. Ou encore dans 2 Corinthiens 8 :23 : « Quant à Tite, il est mon associé et mon compagnon d’œuvre auprès de vous; quant à nos frères, ils sont les envoyés [apostolos] des assemblées, la gloire de Christ. » Utilisé dans ce sens, le mot « apôtre » veut dire un envoyé, un messager, quelqu’un qui est mandaté pour une mission précise et momentanée.

Mais il y a un sens plus restrictif, comme par exemple « les douze » : « Et ayant appelé ses douze disciples … Or ce sont ici les noms des douze apôtres. », Matthieu 10 :1-2. Les douze apôtres représentent le fondement sur lequel repose tout apostolat, il sont les précurseurs et le type même de ce qu’était un apôtre. D’ailleurs, nous les retrouvons mentionnés dans l’Apocalypse : « Et la muraille de la cité avait douze fondements, et sur eux les douze noms des douze apôtres de l’Agneau. », Apocalypse 21 :14.

Ou encore, Paul était un « apôtre de Jésus Christ. », (e. g. Éphésiens 1 :1). Paul représente, plus qu’aucun autre, ce que c’est que d’être un apôtre. L’apostolat de Paul était différent des « douze » à plusieurs égards. Par exemple, il n’a pas fait parti des disciples du Seigneur lorsque Celui-ci était parmi les hommes. Ou encore, il est reconnu, contrairement au « douze », d’avoir fondé beaucoup d’assemblées.

Ainsi, nous voyons qu’il existe deux significations bien distinctes quant à ce qui est indiqué par le mot « apostolos » ; nous devrions respecter cette distinction.

b) Les qualifications d’un apôtre

Comme nous allons le voir, les qualifications des apôtres étaient multiples. Nous allons prendre comme exemple l’apôtre Paul car il est l’apôtre le plus représenté dans le Nouveau Testament. Il y avait au moins sept qualifications qui démontraient et prouvaient l’apostolat de Paul.

i) Un apôtre devait avoir vu le Seigneur ressuscité

Ceci est clairement établi dans le premier chapitre du livre des Actes, lorsque les disciples s’attachèrent au remplacement de Judas par Matthias : « Il faut donc … que quelqu’un soit témoin de sa résurrection. », Actes 1 :21-22.

Paul aussi avait vu le Seigneur ressuscité : « N’ai-je pas vu Jésus notre Seigneur ? », 1 Corinthiens 9 :1. Nous lisons également ailleurs : « Ensuite il a été vu de Jacques, puis de tous les apôtres; et, après tous, comme d’un avorton, il a été vu aussi de moi. », 1 Corinthiens 15 :7-8. Ceci est confirmé par les passages des Actes qui nous racontent l’événement mémorable survenu en route pour Damas, (Actes 9 :3-9, 22 :6-10, 26 :12-19).

ii) Un apôtre devait avoir été appelé par Christ

Bien entendu, ceci est vrai des douze disciples, (Matthieu 10 :1-4 ; Luc 6 :13). Mais, ceci était également vrai pour Paul : « Paul, apôtre, non de la part des hommes, ni par l’homme, mais par Jésus Christ, et Dieu le Père qui l’a ressuscité d’entre les morts. », Galates 1 :1. Maintes fois Paul déclare qu’il a reçu son apostolat directement du Seigneur Jésus Christ, (Romains 1 :1 ; 1 Corinthiens 1 :1 ; 2 Corinthiens 1 :1 ; Éphésiens 1 :1 ; Colossiens 1 :1 ; 1 Timothée 1 :1 ; 2 Timothée 1 :1 ; Tite 1 :1 ; voir aussi Romains 1 :4-5 ; 1 Corinthiens 9 :2 ; Galates 2 :8 ; 1 Thessaloniciens 2 :6). Il semble, par tous ces passages, que l’apostolat de Paul était au moins aussi bien établi que ceux des douze.

iii) Un apôtre opérait des œuvres surnaturelles

Encore une fois, c’était le cas des douze apôtres, (Luc 10 :17) ; et bien entendu beaucoup d’œuvres miraculeuses furent opérés par les apôtres dans le livre des Actes, (e. g. Actes 5 :12-16). C’en était de même pour Paul, il met en avant que son apostolat était confirmé par les signes d’un apôtre : « Certainement les signes d’un apôtre ont été opérés au milieu de vous avec toute patience, par signes, et des prodiges, et des miracles. », 2 Corinthiens 12 :12 ; (voir aussi Romains 15 :18-19). Et ceci était une preuve que quelqu’un avait reçu l’apostolat, (cf. Actes 15 :12 ; Hébreux 2 :4). Les apôtres étaient sanctionnés par le Seigneur en ce qu’ils opéraient des signes, des prodiges et des miracles.

iv) Les apôtres étaient rattachés à une assemblée

Nous savons que les douze étaient rattachés à l’assemblée qui était à Jérusalem, (Actes 8 :14, 15 :2-4, 16 :4). Et nous savons également que Paul était rattaché à l’assemblée qui était à Antioche de Syrie, (Actes 13 :1, 15 :35). Ceci indique que les apôtres n’étaient pas indépendants, et qu’ils n’agissaient pas indépendamment des assemblées desquelles ils étaient membres. Nous devons remarquer que treize ans se sont écoulés entre la conversion de Paul et son premier voyage apostolique en Asie. Treize ans durant lesquels Paul a acquis une expérience riche de la vie d’assemblée. L’apôtre Paul savait ce qu’était qu’une assemblée locale, et il semble que tous les apôtres du Nouveau Testament étaient membres d’une assemblée.

v) L’apostolat générait du fruit

Nous devons le développement des l’assemblées qui étaient en Judée et en Samarie, en partie, à l’œuvre des apôtres ; en partie car, bien entendu, c’est Dieu qui donne l’accroissement, (1 Corinthiens 3 :6). Mais, il est tout aussi vrai que l’accroissement n’aurait pas eu lieu si les apôtres n’avaient pas obéis aux instructions du Seigneur : « Vous recevrez de la puissance, le Saint Esprit venant sur vous; et vous serez mes témoins à Jérusalem et dans toute la Judée et la Samarie, et jusqu’au bout de la terre. », Actes 1 :8.

Et l’apostolat de Paul est prouvé par le fruit que celui-ci a produit : « Si je ne suis pas apôtre pour d’autres, je le suis pour vous du moins; car vous êtes le sceau de mon apostolat dans le Seigneur. », 1 Corinthiens 9 :2. Aussi, l’apostolat de Paul est confirmé par toutes les assemblées qui sont le fruit de sa vocation apostolique.

vi) Les apôtres avaient une autorité

C’est là une des caractéristiques extrêmement importantes des apôtres, ils étaient dotés d’une autorité que d’autres ne pouvaient pas se réclamer. Par exemple nous savons que pour régler le problème des doctrines des judaïsants, Paul et Barnabas sont allés à Jérusalem voir les apôtres ; et tous ensemble, et à l’unanimité, ils se sont convenus de ce qui était correct de faire à ce sujet, (Actes 15). La lettre établie à Jérusalem par tous les apôtres fut reçue avec joie par l’assemblée qui était à Antioche de Syrie, (Actes 15 :31) ; reconnaissant par la même occasion l’autorité même de ceux qui l’avait rédigée.

L’apôtre Paul jouissait également d’une autorité qui lui avait été donné d’en haut, et c’est ici un point crucial. Paul ne s’était pas approprié l’autorité avec laquelle il agissait, son autorité n’était pas humaine, d’ici-bas, elle lui avait été donnée par le Seigneur : « Car si même je me glorifiais un peu plus de notre autorité que le Seigneur nous a donnée pour l’édification et non pas pour votre destruction. », 2 Corinthiens 10 :8. « C’est pourquoi j’écris ces choses étant absent, afin que, quand je serai présent, je n’use pas de sévérité, selon l’autorité que le Seigneur m’a donnée pour l’édification et non pas pour la destruction. », 2 Corinthiens 13 :10. Cette autorité de Paul, donné par le Seigneur, était indiscutable ; et c’était en partie de par cette autorité qu’il reprit l’apôtre Pierre en Galatie.

vii) Les apôtres avaient été sujet à des révélations de Dieu

Ceci est le deuxième point crucial, avec l’autorité, de tout apostolat. Et c’était bien là une des caractéristiques de Paul : il avait été sujet à des révélations extraordinaires, (2 Corinthiens 12 :1-7). Voici quelques mystères qui furent révélés à Paul :

Premièrement, Paul reçu la connaissance de l’Évangile par révélation : « Or je vous fais savoir, frères, que l’évangile qui a été annoncé par moi n’est pas selon l’homme. Car moi, je ne l’ai pas reçu de l’homme non plus, ni appris, mais par la révélation de Jésus Christ. », Galates 1 :11-12. Ceci est un fait tout à fait extraordinaire, Paul eu connaissance de l’Évangile de par ce qui lui a été révélé par le Seigneur Lui-même ; aucun autre apôtre ne pouvait dire cela.

Deuxièmement, c’est à Paul, que fut révélé le mystère de l’endurcissement partiel d’Israël, (Romains 11 :25).

Troisièmement, c’est lui qui reçu la révélation de la résurrection et de l’enlèvement de l’église, (1 Corinthiens 15 :51-52).

Quatrièmement, c’est lui qui reçu la révélation du mystère de l’iniquité, (2 Thessaloniciens 2 :7).

Cinquièmement, c’est encore Paul qui reçu la révélation du propos éternel de Dieu, (Éphésiens 1 :9).

Enfin, c’est à Paul qu’à été donné la révélation du mystère de Christ, c’est à dire concernant le corps de Christ, (Éphésiens 3 :1-13, 5 :32 ; Colossiens 1 :24-29). Et cette révélation grandiose n’a été révélée qu’à lui seul, nous devons notre entendement du corps de Christ à l’apôtre Paul. Ce mystère révélé à Paul et qu’il nous a transmis dans ses écrits, n’était pas que les Nations hériteraient un jour du salut de Dieu, ceci avait été déjà été révélé à Abraham, (Genèse 12). Mais, c’était que les Juifs et les Nations formeraient un jour un seul corps. C’est là la révélation majeure qui fut donnée à l’apôtre Paul, tout ce que nous pouvons savoir sur le corps de Christ, sur l’Église, nous le devons à Paul.

c) Il y a t-il des apôtres aujourd’hui ?

Premièrement, nous ne pouvons répondre à cette question que dans le contexte de ce qui précède. C’est à dire que, d’après les Écritures certaines qualifications étaient requises afin de démontrer la véracité de l’apostolat. Si certains estiment qu’il y a des apôtres aujourd’hui, ou bien si certains se réclament eux-mêmes être des apôtres aujourd’hui, retrouve t-on en ceux-ci les qualifications énumérées dans les Écritures ? Si la réponse est négative, il s’ensuit qu’il n’y a pas eu d’apôtres depuis la fin du premier siècle ; c’est à dire depuis la mort des apôtres du Nouveau Testament.

Deuxièmement, l’œuvre des apôtres, (et ce qui est valable pour les apôtres ici est également valable pour les prophètes, comme nous le verrons ci-dessous), était fondamentale, dans le sens qu’ils établirent une fondation immuable quand à la révélation de toute la pensée de Dieu. L’œuvre des apôtres (et des prophètes), leurs révélations, leur pleine connaissance, leur dévoilement de la vérité, sont maintenant toutes contenues dans la Parole de Dieu. Tout ce que nous aurons jamais besoin de savoir quant à la pensée de Dieu, quant aux caractéristiques de la présente dispensation et de celles à venir, quant à la nature et la vocation du corps de Christ, et quant à tous les aspects de la vie chrétienne, est contenu dans les Écritures telles que nous les avons aujourd’hui. Si bien qu’il est écrit : « Ayant été édifiés sur le fondement des apôtres et prophètes, Jésus Christ lui-même étant la maîtresse pierre du coin. », Éphésiens 2 :20. « Comment, par révélation, le mystère m’a été donné à connaître … aux fils des hommes, comme il a été maintenant révélé à ses saints apôtres et prophètes par l’Esprit. », Éphésiens 3 :3-5.

Ainsi, pour conclure ce paragraphe, les Écritures ne sanctionnent aucunement la présence d’apôtres aujourd’hui. Lorsque le Nouveau Testament à été scellé, tout ce que Dieu voulait que nous sachions s’y trouvait. Aujourd’hui nous nous appuyons sur la fondation des « apôtres et prophètes », c’est à dire sur leurs enseignements tels que nous les avons dans la parole. Ce qui nous est demandé aujourd’hui, c’est que nous nous attachions, comme le faisait alors l’église primitive, a persévérer « dans la doctrine des apôtres », (Actes 2 :42) ; c’est en agissant ainsi, et en croyant fermement que « Toute écriture est inspirée de Dieu, et utile pour enseigner, pour convaincre, pour corriger, pour instruire dans la justice. », 2 Timothée 3 :16, que nous respectons et exerçons l’enseignement des « saints apôtres et prophètes », Éphésiens 3 :5.

(3) Les Prophètes

Il nous faut différencier le don de grâce de prophétie et le fait d’être un prophète. Nous avons déjà remarqué que le mot « don » est différent dans 1 Corinthiens 12 et Éphésiens 4. Ensuite, Paul dit aux Corinthiens que beaucoup peuvent prophétiser : « Car vous pouvez tous prophétiser un à un, afin que tous apprennent et que tous soient exhortés. », 1 Corinthiens 14 :31. Mais il dit au chapitre douze : « Tous sont-ils apôtres? Tous sont-ils prophètes? Tous sont-ils docteurs? », verset 29 ; la réponse sous-entendue est non. Il est évident, lorsque nous comparons ces deux passages, que Paul ne parle pas de la même chose. Malheureusement, la plupart du temps, l’amalgame est fait entre le don de grâce de prophétie et le fait d’être un prophète ; ce qui a pour résultat la confusion car alors les deux versets cités semblent se contredire.

Le don de grâce de prophétiser est la capacité d’interpréter et de communiquer des vérités spirituelles conformément à la Parole de Dieu. Le but de ce don de grâce est spécifiquement décrit par Paul : « Celui qui prophétise parle aux hommes pour l’édification, et l’exhortation, et la consolation. », 1 Corinthiens 14 :3. Il participe à l’édification de l’assemblée, ceci veut dire que le don de grâce de prophétie, comme tous les autres dons de grâce, est donné avant tout pour contribuer à la maturité de l’assemblée. Enfin, celui qui exerce le don de grâce de prophétie, n’est pas un prophète pour autant. Un frère peut très bien avoir le don de grâce de prophétie aujourd’hui, et ne pas l’avoir pendant un certain laps de temps. Le don de grâce de prophétie, est occasionnel et temporaire, et comme tous les dons de grâce, il est opéré par l’Esprit de Dieu, (1 Corinthiens 12 :11), en vue de l’édification mutuelle.

Être prophète ce n’était pas un don de grâce, c’est un homme qui avait reçu de par le Seigneur Jésus Christ (Éphésiens 4 :8, 11), la vocation d’être prophète. Et les prophètes, nous disent les Écritures, avaient été également suscités par le Seigneur Jésus Christ afin de contribuer au fondement de l’œuvre du Seigneur dans la présente dispensation : « Ayant été édifiés sur le fondement des apôtres et prophètes, Jésus Christ lui-même étant la maîtresse pierre du coin. », Éphésiens 2 :20. La révélation complète de la pensée de Dieu a été révélée aux apôtres et prophètes : « Comment, par révélation, le mystère m’a été donné à connaître … comme il a été maintenant révélé à ses saints apôtres et prophètes par l’Esprit. », Éphésiens 3 :3-5. « Je vous écris déjà, bien-aimés, cette seconde lettre; et, dans l’une et dans l’autre, je réveille votre pure intelligence en rappelant ces choses à votre mémoire, afin que vous vous souveniez des paroles qui ont été dites à l’avance par les saints prophètes, et du commandement du Seigneur et Sauveur par vos apôtres. », 2 Pierre 3 :1-2 ; (cf. Jude 17).

Pour conclure ce paragraphe, nous pouvons dire que la révélation du propos éternel de Dieu concernant la présente dispensation, et celles à venir, a été pleinement donnée par les apôtres et les prophètes. Si bien qu’aujourd’hui, nous nous reposons et appuyons sur le fondement posé par les apôtres et les prophètes, (Éphésiens 2 :20) ; et ainsi, comme pour les apôtres, les prophètes ne sont plus suscités aujourd’hui ; la révélation de la pensée de Dieu étant complètement révélée dans les Écritures.

(3) Les Évangélistes

Le mot évangéliste est « euaggelistes », il veut littéralement dire celui qui annonce l’évangile. C’est un mot rare car il n’est utilisé que trois fois dans le Nouveau Testament : Actes 21 :8, où il est question de Philippe qui était évangéliste. Éphésiens 4 :11, où il est dit que Christ a donné les uns comme évangélistes. 2 Timothée 4 :5, où Paul exhorte Timothée de faire l’œuvre d’un évangéliste.

La forme verbale est « euaggelizo » qui veut simplement dire annoncer la bonne nouvelle. Nous retrouvons ce verbe « évangéliser » 54 fois dans le Nouveau Testament, (13 fois dans les évangiles (dont 12 fois dans Luc), 15 fois dans le livre des Actes, 19 fois dans les épîtres de Paul, et 7 fois dans les autres livres).

Il est intéressant de remarquer qu’il est dit que Dieu « a d’avance annoncé la bonne nouvelle à Abraham », Galates 3 :8. Et le Seigneur Jésus Lui-même était également un évangéliste : « Et il arriva, l’un de ces jours, comme il enseignait le peuple dans le temple et évangélisait. », Luc 20 :1.

Un évangéliste était donc celui qui avait reçu, du Seigneur, la vocation d’annoncer l’Évangile. Et dans ce sens les douze étaient des évangélistes, ceci est illustré par Pierre dans Actes 2 où il évangélisa les Juifs venus célébrer la fête de la Pentecôte. Paul était également un évangéliste : « Depuis Jérusalem, et tout alentour, jusqu’en Illyrie, j’ai pleinement annoncé l’évangile du Christ. », Romains 15 :19.

Deux remarques peuvent être faite à propos de cette vocation. Premièrement, être un évangéliste n’était pas aussi restrictif que d’être un apôtre ou un prophète. Philippe qui n’était ni un apôtre ni un prophète, était un évangéliste. Et les évangélistes ne forment pas, comme le sont les apôtres et prophètes, le fondement de la révélation de Dieu ; seuls les apôtres et les prophètes sont déclarés former ce fondement, (Éphésiens 2 :20). Deuxièmement, il semble que même les évangélistes étaient rattachés à une assemblée, Pierre à Jérusalem, Paul à Antioche de Syrie, Timothée à Éphèse, et Philippe à Césarée. Aussi, nous aurions tort de penser qu’un évangéliste agit indépendamment d’une assemblée locale.

Il y a t-il des évangélistes aujourd’hui ? Nous pouvons répondre par l’affirmative si néanmoins certaines conditions sont respectées.

– Être évangéliste est une vocation assignée par le Seigneur Jésus Lui-même, (Éphésiens 4 :8, 11),

personne ne peut s’autoproclamer évangéliste.

– Comme précisé ci dessus, un évangéliste doit être rattaché à une assemblée locale.

– Il devrait œuvrer là où Christ n’a pas encore été annoncé, (Romains 15 :20-21).

– Son œuvre devrait avoir pour conséquence la suscitation d’assemblées locales.

– La remarque ci-dessus implique que l’œuvre de l’évangéliste devrait être suivie par celle des pasteurs et docteurs.

(4) Les pasteurs et docteurs

La construction de la phrase « les autres [comme] pasteurs et docteurs », suggère que ces deux vocations sont en fait une seule. Les pasteurs devraient pouvoir enseigner, et les docteurs devraient savoir paître le troupeau de Dieu.

a) Définitions

Tout d’abord il est très significatif que le mot « pasteur » veut littéralement dire « berger », le mot utilisé est poimen, il veut dire berger ; c’est là le sens propre du mot. Par ailleurs, nous ne retrouvons ce mot que dix-huit fois dans le Nouveau Testament : quinze fois dans les évangiles, une seule fois dans les épîtres de Paul (Éphésiens 4 :11), une fois dans Hébreux et une fois dans 1 Pierre. Deux fois seulement, sur les dix-huit, le mot poimen est traduit par « pasteur » (Éphésiens 4 :11 ; Hébreux 13 :20); toutes les autres fois il est traduit par « berger(s) ». En outre, dans tous ces passages, il se rapporte neuf fois à Christ, huit fois au sens général, et une seule fois au don donné par Jésus Christ à Son assemblée.

Aussi, il semble assez invraisemblable que l’enseignent et la pratique du « pastorat » unique, tel que nous l’avons partout aujourd’hui, ne soit fondé que sur ce seul passage, (Éphésiens 4 :11). Pour instauré cette doctrine, plusieurs choses ont été ignorées et tordues ; c’est un exemple flagrant de ce que Paul appelle « frelater », (2 Corinthiens 2 :17) et « falsifier » (2 Corinthiens 4 :2) la Parole de Dieu. Car, pour instaurer ce système du « pastorat », les hommes s’appuient sur un fragment de verset ; et qui plus est, un fragment tronqué puisque l’expression « pasteurs et docteurs » n’est pas entièrement retenue ; seul le mot « pasteur » est mis en avant, tandis que le mot « docteur » est ignoré.

b) Le vocabulaire

Mais, il y a un autre aspect qui est souvent ignoré, c’est que plusieurs mots désignent en fait la même chose. Une comparaison de certains passages nous révèle que la vocation des « pasteurs et docteurs » se rapporte à d’autres charges. Trois mots définissent le rôle des responsables des assemblées locale : 1) les bergers (poimen) ; 2) les surveillants (episkopos) ; et 3) les anciens (presbuteros). Mais, n’oublions surtout pas que lorsque nous disons bergers (pasteurs), c’est « pasteurs et docteurs » qui est sous-entendu ; cette expression est une, nous ne devrions jamais scinder la phrase « pasteurs et docteurs ».

c) La pluralité des anciens

Les Écritures indiquent, sans ambiguïté possible, qu’il y avait toujours plusieurs anciens dans chaque assemblée locale :

« Et leur ayant choisi des anciens dans chaque assemblée, ils prièrent avec jeûne, et les recommandèrent au Seigneur en qui ils avaient cru. », (Concerne les assemblées qui se trouvaient en Galatie : Derbe, Lystre, Iconium et Antioche de Pisidie) ; Actes 14 :23

« Et étant arrivés à Jérusalem, ils furent reçus par l’assemblée et les apôtres et les anciens; et ils racontèrent toutes les choses que Dieu avait faites avec eux. », (Concerne l’assemblée qui se trouvait à Jérusalem), Actes 15 :4

« Or il envoya de Milet à Éphèse, et appela auprès de lui les anciens de l’assemblée. », (Concerne l’assemblée qui était à Éphèse), Actes 20 :17

« Je t’ai laissé en Crète dans ce but, que tu mettes en bon ordre les choses qui restent à régler, et que, dans chaque ville, tu établisses des anciens suivant que moi je t’ai ordonné. », (Concerne les assemblées qui étaient en Crête, Tite 1 :5

De surcroît, Paul, en écrivant à Timothée, utilise l’expression « le corps des anciens », (1 Timothée 4 :14). Il est donc erroné de parler d’un ancien au singulier lorsque nous évoquons le gouvernement d’une assemblée locale, dans le Nouveau Testament chaque assemblée avait toujours plusieurs anciens ; c’est un fait irréfutable.

d) Les mots pasteurs et docteurs, anciens, et surveillants

Ce sont surtout les mots anciens et surveillants qui nous intéressent particulièrement, car comme nous l’avons vu l’expression « pasteurs et docteurs » n’est utilisée qu’une seule fois dans le Nouveau Testament. Et en fait, ce qui s’applique aux « pasteurs et docteurs » s’applique également aux anciens et surveillants et réciproquement.

Les mots pasteurs, anciens et surveillants sont en fait interchangeables, et décrivent donc la même chose , c’est ce que nous indique Actes 20 :

« Or il envoya de Milet à Éphèse, et appela auprès de lui les anciens de l’assemblée … Prenez donc garde à vous-mêmes, et à tout le troupeau, au milieu duquel l’Esprit Saint vous a établis surveillants pour paître l’assemblée de Dieu, laquelle il a acquise par le sang de son propre fils. », versets 17 et 28.

Nous lisons également dans Tite 1 :5-9 : « Je t’ai laissé en Crète dans ce but, que tu mettes en bon ordre les choses qui restent à régler, et que, dans chaque ville, tu établisses des anciens suivant que moi je t’ai ordonné … il faut que le surveillant soit irréprochable comme administrateur de Dieu. »

Un autre exemple, alors que Paul exhorte Tite à établirent des anciens dans chaque ville de Crête (Tite 1 :5), il salue les surveillants qui sont à Philippe (Philippiens 1 :1). Il est évident que les mêmes personnes sont en vue.

Enfin, il est dit du Seigneur Jésus : « Maintenant vous êtes retournés au berger et au surveillant de vos âmes. », 1 Pierre 2 :25.

Ainsi, lorsque nous lisons les mots « pasteurs et docteurs », « anciens » et « surveillants », nous devons reconnaître, comme le faisait l’église primitive, qu’il s’agit des mêmes personnes.

e) Comment les anciens ou surveillants étaient établis

Tout d’abord, nous devons voir que personne ne pouvait s’autoproclamer pasteur et docteur, ancien ou surveillant, les Écritures sont très claires à ce sujet :

« Prenez donc garde à vous-mêmes, et à tout le troupeau, au milieu duquel l’Esprit Saint vous a établis surveillants pour paître l’assemblée de Dieu, laquelle il a acquise par le sang de son propre fils. », (Actes 20 :28).

Certes, il est écrit : « Et leur ayant choisi des anciens dans chaque assemblée, ils prièrent avec jeûne, et les recommandèrent au Seigneur en qui ils avaient cru. », (Actes 14 :23). Le mot « choisi » (cheirotoneo) veut littéralement dire « étendre la main », et nous comprenons d’avantage le sens du mot lorsque nous considérons sa forme composée tel que nous le trouvons dans Actes 10 :41 : « Mais à des témoins qui avaient été auparavant choisis [procheirottoneo] de Dieu, savoir à nous qui avons mangé et bu avec lui après qu’il eut été ressuscité d’entre les morts. » Bien que nous ne pouvons pas être dogmatique à ce sujet, il semble que les apôtres avaient, avec les assemblées, reconnu les hommes que Dieu avait déjà reconnus.

Et, « Je t’ai laissé en Crète dans ce but, que tu mettes en bon ordre les choses qui restent à régler, et que, dans chaque ville, tu établisses des anciens suivant que moi je t’ai ordonné. », (Tite 1 :5). Le verbe « établir » (kathistemi) est bien traduit par Darby. Un autre passage des Actes nous éclaire quant à la façon dont Tite procéda pour « établir » les anciens. « Jetez donc les yeux, frères, sur sept hommes d’entre vous, qui aient un bon témoignage, pleins de l’Esprit Saint et de sagesse, que nous établirons [kathistemi] sur cette affaire. », Actes 6 :3. Nous voyons ici, que ce sont les frères qui avaient « visité », (le sens littéral de « Jetez donc les yeux »), sept hommes d’entre eux et qu’ensuite les apôtres allaient établir. Encore une fois, nous voyons une merveilleuse collaboration entre les frères et les apôtres, nous voyons le corps de Christ fonctionner organiquement. Aussi, bien que nous ne pouvons imposer un point de vue, il semble que Tite établit, en collaboration avec les assemblées, les anciens dans chaque ville.

Ainsi, ces deux passages, au lieu de suggérer une méthode différente que ce que nous avons dans Actes 20 :28, semblent au contraire renforcer le fait que les hommes ne faisaient que reconnaître ceux que le Seigneur s’était déjà choisi. Il est bien évident que ces deux versets ne peuvent aucunement contredire Actes 20 :28, c’est plutôt à la lumière de Actes 20 :28 que nous devons comprendre Actes 14 :23 et Tite 1 :5.

f) Les qualifications des « pasteurs et docteurs », « anciens » et « surveillants »

Sans entrer dans plus de détails, nous avons, dans les Écritures, plusieurs passages qui indiquent clairement les qualifications de ces hommes, principalement : 1 Timothée 3 :1-7 et Tite 1 :5-9.

g) Le rôle des « pasteurs et docteurs », « anciens » et « surveillants »

Lorsque nous considérons le rôle de ces hommes, nous voyons que beaucoup de passages se recoupent. Les « pasteurs et docteurs », « anciens » et « surveillants » sont appelés à :

– paître et surveiller le troupeau, l’assemblée de Dieu, (prendre soin d’elle et la nourrir), Actes 20 :28 ; 1 Timothée 3 : 1-5 ; Tite 1 :7 ; 1 Pierre 5 :2.

– garder le troupeau, (contre les faux enseignements et docteurs), Actes 20 :28.

– administrer et conduire l’assemblée, (dans tous les aspects et selon la pensée de Dieu),

1 Timothée 3 :4-5 ; Tite 1 :7.

– enseigner la Parole de Dieu, 1 Timothée 3 :3, 5 :17 ; Tite 1 :9.

Nous voyons combien cette dernière observation rejoint ce qui est appelé dans Éphésiens 4 :11 des « pasteurs et docteurs ». Paul, écrivant à Tite, indique la nature de l’enseignement que devaient prodiguer les anciens ou surveillants: « (1) Tenant ferme la fidèle parole (2) selon la doctrine, afin qu’il soit capable, (3) tant d’exhorter (4) par un sain enseignement, (5) que de réfuter les contredisants. », Tite 1 :9.

Cet aspect du service des pasteurs et docteurs, des anciens et des surveillants était fondamental. Les pasteurs, anciens ou surveillants devaient être également des docteurs, outre les passages cités ci-dessus, Paul exhorte Timothée :

« Les choses que tu as entendues de moi devant plusieurs témoins, commets-les à des hommes fidèles qui soient capables d’instruire aussi les autres. », 2 Timothée 2 :2

Et la totalité des enseignements que ces hommes responsables devaient dispenser n’était autre que « la doctrine des apôtres », Actes 2 :42.

Conclusion

Nous avons vu comment le Seigneur Jésus a pourvu pleinement au soin de Son Église. Le Seigneur Jésus Christ est la fondation même sur laquelle toute « la maison de Dieu » repose : « Personne ne peut poser d’autre fondement que celui qui est posé, lequel est Jésus Christ. », 1 Corinthiens 3 :11. Les apôtres et prophètes ont été les instruments divinement choisis pour poser le fondement de toute la révélation de Dieu, « Ayant été édifiés sur le fondement des apôtres et prophètes. », Éphésiens 2 :20. Nous avons vu le rôle et les qualifications des évangélistes, qui ne pouvaient œuvrer sans, d’un coté, l’appui des apôtres et prophètes, et d’un autre coté, sans être suivis par les « pasteurs et docteurs ». Enfin, nous avons vu comment tout le soin du « troupeau de Dieu » a été conféré aux « pasteurs et docteurs », anciens ou surveillants. Le choix n’est nullement laissé à la liberté des hommes, ceux-ci ne faisant que reconnaître ce que le Seigneur avait déjà opéré : « Prenez donc garde à vous-mêmes, et à tout le troupeau, au milieu duquel l’Esprit Saint vous a établis surveillants pour paître l’assemblée de Dieu, laquelle il a acquise par le sang de son propre fils. », Actes 20 :28.

Addenda

Le dessein pour lequel Christ a suppléé ces dons aux hommes, nous est donné de façon magistrale juste après Éphésiens 4 :11, : « En vue de la perfection des saints, pour l’œuvre du service, pour l’édification du corps de Christ; jusqu’à ce que nous parvenions tous à l’unité de la foi et de la connaissance du Fils de Dieu, à l’état d’homme fait, à la mesure de la stature de la plénitude du Christ: afin que nous ne soyons plus de petits enfants, ballottés et emportés çà et là par tout vent de doctrine dans la tromperie des hommes, dans leur habileté à user de voies détournées pour égarer; mais que, étant vrais dans l’amour, nous croissions en toutes choses jusqu’à lui qui est le chef, le Christ; duquel tout le corps, bien ajusté et lié ensemble par chaque jointure du fournissement, produit, selon l’opération de chaque partie dans sa mesure, l’accroissement du corps pour l’édification de lui-même en amour. », versets 12 à 16.

Le but et l’intention de ces « dons donnés aux hommes » est que le Seigneur Jésus Christ « Se présentât l’assemblée à lui-même, glorieuse, n’ayant ni tache, ni ride, ni rien de semblable, mais afin qu’elle fût sainte et irréprochable. », Éphésiens 5 :27.

Introduction

S’il y a un sujet qui est très controversé dans les milieux chrétiens c’est bien celui des « dons de l’Esprit ». En effet, beaucoup de questions se posent concernant ce qui est appelé « les dons de l’Esprit ». Quels sont-ils ? Sont-ils toujours d’actualité ou ont-ils cessé au premier siècle ? Qui peut avoir un « don spirituel » ? A quoi servent-ils ? Etc.

Les polémiques existantes à ce sujet nous indiquent que cette question des « dons de l’Esprit » est épineuse. Certains excès ont provoqué quelques réactions qui ce sont soldées à leur tour par d’autres excès. Aussi, allons-nous essayer de voir ce que nous enseignent les Écritures à ce sujet.

(1) Définitions

Premièrement, il est intéressant de voir que l’expression tant utilisée « dons de l’Esprit » ne se trouve pas tel quel dans le Nouveau Testament. Deux mots sont traduits par « dons de l’Esprit » :

i) « Pneumatikos », qui veut dire littéralement spirituel. Il met l’accent sur la source, c’est à dire l’Esprit Saint. Par exemple nous lisons dans 1 Corinthiens 12 :1, où il est écrit dans l’original : « Or, pour ce qui concerne les spirituels. » Ce que nous devons saisir ici, c’est qu’il ne s’agit pas de choses, comme des « dons » en eux-mêmes, mais de personnes possédant un « don ». Nous ne trouvons pas ce mot dans les évangiles, il est strictement « post-Actes 2 ».

Un autre exemple est 1 Corinthiens 14 :1, où il est écrit dans l’original : « Poursuivez l’amour, et désirez avec ardeur les spirituels, mais surtout de prophétiser. » C’est à dire poursuivez, recherchez avec ardeur, ceux qui sont spirituellement inspirés.

A titre d’exemple, nous retrouvons ce mot pneumatikos dans :

« Mais celui qui est spirituel discerne toutes choses; mais lui n’est discerné par personne. », 1 Corinthiens 2 :15.

« Et moi, frères, je n’ai pas pu vous parler comme à des hommes spirituels, mais comme à des hommes charnels, comme à de petits enfants en Christ. » 1 Corinthiens 3 :1, (le mot « hommes » utilisé deux fois n’est pas dans l’original).

« Frères, quand même un homme s’est laissé surprendre par quelque faute, vous qui êtes spirituels, redressez un tel homme dans un esprit de douceur, prenant garde à toi-même, de peur que toi aussi tu ne sois tenté. » Galates 6 :1.

ii) « Charismata », qui veut dire littéralement dons de grâce. Ici l’accent est mis sur le fait qu’un charisma (singulier) est issu de la grâce de Dieu. L’implication est qu’un tel don ne peut pas avoir son origine dans le croyant lui-même, et ne peut donc pas être « recherché » en lui, ni être « développé » ; c’est un don accordé par Dieu seul. Charismata (dons de grâce), contrairement à pneumatikos (spirituel) peut avoir plusieurs sens.

– Il peut vouloir dire le don de grâce de la part de Dieu pour les pécheurs : « Car les gages du péché, c’est la mort; mais le don de grâce de Dieu, c’est la vie éternelle dans le Christ Jésus, notre Seigneur.» Romains 6 :23.

– Il peut s’agir des privilèges conférés à Israël : « Car les dons de grâce et l’appel de Dieu sont sans repentir. », Romains 11 :29. (Ce verset ne peut s’appliquer qu’à Israël, ceci est déterminé par le contexte des chapitres 9, 10 et 11).

– Troisièmement, il peut signifier le don de grâce de la part de Dieu pour les croyants : « Or ayant des dons de grâce différents, selon la grâce qui nous a été donnée. », Romains 12 :6. « Ne néglige pas le don de grâce qui est en toi. », 1 Timothée 4 :14

– Quatrièmement, il peut signifier l’instruction donnée par quelqu’un: « Car je désire ardemment de vous voir, afin de vous faire part de quelque don de grâce [charisma] spirituel [pneumatikos], pour que vous soyez affermis. », Romains 1 :11.

– Cinquièmement, il est utilisé par Paul pour designer le don de célibat : « Je voudrais que tous les hommes fussent comme moi; toutefois chacun a son propre don de grâce de la part de Dieu, l’un d’une manière, et l’autre d’une autre. », 1 Corinthiens 7 :7

– Enfin, il est usité pour désigner la délivrance divinement accordée en réponses aux prières : « Vous aussi coopérant par vos supplications pour nous, afin que, pour le don de grâce qui nous est accordé par le moyen de plusieurs personnes, des actions de grâce soient rendues pour nous par plusieurs. », 2 Corinthiens 1 :11.

Ce qui est frappant dans les exemples de ces deux mots c’est que nous n’y retrouvons pas l’expression « dons spirituels » telle que nous la connaissons aujourd’hui. En fait, l’expression « dons spirituels » semble être un amalgame entre pneumatikos et charisma. Il y avait, du temps du Nouveau Testament, une idée différente du mot pneumatikos de ce que nous en avons aujourd’hui, et il existait une grande variété d’utilisation pour le mot charismata.

Définition : un don de grâce est la dotation divine d’une capacité particulière et spirituelle à un membre du corps de Christ pour le service et l’édification de l’assemblée tout entière.

(2) A qui sont destinés les dons de grâce ?

Les dons de grâce sont exclusivement destinés aux assemblées locales, nous ne lisons pas autre chose dans le Nouveau Testament. Dans 1 Corinthiens 12, un chapitre principalement occupé par l’explication des dons de grâce, Paul fait le parallèle entre l’exercice de ces dons (versets 1-11, 28-31), et la nature même du corps de Christ (versets 12-27). Ce que l’apôtre veut démontrer c’est que les dons de grâce sont donnés pour l’édification du corps de Christ et pour rien d’autre.

Il est donc fortement questionnable de voir des « manifestations spirituelles » lors de « campagnes d’évangélisations », lors de « conventions », ou encore lors de « conférences ». Il n’existe pas d’exemples de ces choses dans le Nouveau Testament. Ceux qui insistent que les « conventions » sont un principe biblique, s’appuient exclusivement sur l’Ancien Testament et les convocations d’Israël pour les fêtes.

Les Écritures indiquent sans ambiguïté que les dons de grâce ont été donnés pour l’Église et pour elle seule, et plus précisément pour l’édification des assemblées locales :

 « A chacun est donnée la manifestation de l’Esprit en vue de l’utilité. », 1 Corinthiens 12 :7.

« Ainsi vous aussi, puisque vous désirez avec ardeur des esprits, cherchez à en être abondamment doués pour l’édification de l’assemblée. », 1 Corinthiens 14 :12.

Le but principal de l’effusion de l’Esprit Saint le jour de la Pentecôte était afin d’équiper et de préparer l’Église pour qu’elle parvienne à la maturité que le Seigneur désire pour elle. Les mots « édification » et « édifier » se retrouvent sept fois dans le chapitre 14 de 1 Corinthiens. L’édification de l’assemblée est, selon les Écritures, le but des dons de grâce :

« Ainsi donc poursuivons les choses qui tendent à la paix et celles qui tendent à l’édification mutuelle. », Romains 14 :19

« Qu’est-ce donc, frères? Quand vous vous réunissez … que tout se fasse pour l’édification. », 1 Corinthiens 14 :26

Aussi, un don de grâce n’est jamais pour la gratification personnelle ; il est toujours suppléé par l’Esprit pour le bien de l’assemblée. Le Seigneur a donné des dons de grâce afin d’amener Son Église à la maturité, ainsi ils sont des moyens spirituels alloués aux assemblées en vue de la perfection, (Éphésiens 4 :12-16). Et en fait ces dons de grâce sont spécifiquement donnés pour l’édification des assemblées, aussi est-il nécessaire d’être parfaitement au clair quant à la nature et vocation de l’assemblée ; mais ceci est un tout autre sujet. Néanmoins, nous pouvons dire que si la vérité de l’assemblée n’est pas appréhendée, il y a peu de chance que nous comprenions la nature et la fonction des dons de grâce !

La question se pose de savoir quand et comment nous recevons les dons de grâce ? Certains disent que nous les recevons en même temps que l’Esprit Saint Lui même, à la nouvelle naissance. D’autres disent que nous les recevons au cours de notre vie chrétienne, la maturité spirituelle étant un facteur décisif. D’autres encore avance le fait que bien que les Corinthiens étaient spirituellement immatures ils avaient des dons de grâce.

Bien que ces questions soient légitimes, il y en a une qui domine toutes les autres. Les dons de grâce étant pourvus pour les assemblées, il est donc nécessaire de connaître la nature même de l’Église. C’est un des facteurs décisifs, qui nous permettra de connaître les réponses à ces questions, ceci est totalement ignoré par la grande majorité des chrétiens : les dons de grâce sont donnés pour l’édification des assemblées locales. Aussi, il est extrêmement important de savoir ce qu’est l’Église, et de connaître sa nature.

La plupart des églises aujourd’hui contiennent et pratiquent des choses que nous ne retrouvons pas dans le Nouveau Testament, (e. g. affiliations à diverses fédérations, le pastorat, l’élection d’anciens, les aspects associatifs, les traditions, etc. …). Aussi, comment le Seigneur peut-Il pourvoir les dons de grâce alors que Sa Parole est ignorée ou écartée au profit des traditions des hommes, (cf. Matt. 15 :3 ; Marc 7 :8) ? Alors même que, soit l’église survit très bien sans les dons de grâce, ou bien au contraire elle s’en invente ?

Ainsi, nous ne pouvons pas répondre à ces questions à moins de nous trouver sur le fondement posé par Dieu, dans les Écritures, quant à la nature de l’assemblée.

(3) La nature des dons de grâce

Ce paragraphe est extrêmement important, car il y a une grande confusion quant à ce que sont ou ne sont pas les dons de grâce. Il ne faut pas confondre les dons de grâce avec le talent, les dons naturels, les dispositions des hommes à pouvoir faire certaines choses. Par exemple, ce que nous voulons dire par « il a un don pour la musique », c’est que cette personne est dotée d’une aptitude naturelle qui dépasse la moyenne ; mais, bien entendu, il n’y a rien de spirituel à cela. Beaucoup parmi ceux qui clament avoir un « don spirituel » ont en fait une habilité toute naturelle qu’ils mettent au service de la foi ou de leur église. Une grande majorité de ces soi-disant dons, ne sont en fait que des capacités naturelles.

Aussi, avoir un don de grâce ne veut pas dire être doué pour un lieu de service particulier : « il a un don pour œuvrer dans les quartiers difficiles ». Ce n’est pas non plus avoir un « ministère » pour une certaine classe de gens : « il a un don pour travailler avec les jeunes. » Toutes ces choses, ne sont que des facultés et des compétences naturelles comme en ont les gens non-régénérés et n’ont rien à voir avec ce que nous enseigne la Parole de Dieu sur les dons de grâce. Il est déplorable de voir combien et comment ces dispositions toutes naturelles sont mises en avant et utilisées dans la Chrétienté. Dans beaucoup de milieux, ces choses remplacent les dons de grâce croyant qu’elles sont issues de l’Esprit Saint. Ceci a pour résultat beaucoup de confusion et que les vies demeurent infructueuses. Une des raisons principales de ces erreurs est qu’aucune distinction n’est faite entre l’âme et l’esprit, et beaucoup de choses qui sont dites et faites sont attribuées à l’Esprit alors qu’elles sont en fait issues de l’âme. Le résultat catastrophique d’une telle attitude est que l’Esprit Saint est totalement ignoré.

Enfin, lorsqu’un don de grâce était exercé dans l’église primitive, ni la personne, ni le don, n’étaient mis en avant et glorifiés. Dans le livre des Actes, beaucoup de dons de grâce étaient exercés, mais jamais nous ne lisons que les dons de grâce mêmes, ni ceux par qui ils étaient opérés avaient un statut particulier dans les assemblées. L’exercice et l’opération des dons de grâce étaient, tout du moins, dans les assemblées du Nouveau Testament, quelque chose de normal et de courant ; personne ne s’enorgueillissait quant au fait que les dons de grâce étaient présents.

(4) Distinction des dons de grâce

Il y a dans le Nouveau Testament deux passages principaux traitant des dons de grâce, et d’autres passages secondaires ; voici ces passages et les dons mentionnés:

a) Romains 12 :6-8

La prophétie, le service, l’enseignement, l’exhortation, la distribution, la conduite, l’exercice de la miséricorde.

b) 1 Corinthiens 12 : 8-10

La parole de sagesse, la parole de connaissance, la foi, les guérisons, les opérations de miracles, la prophétie, les discernements d’esprits, les langues, l’interprétation des langues.

i) 1 Corinthiens 12 :28

Les apôtres, les prophètes, les docteurs, les miracles, les guérisons, les aides, les gouvernements, les langues. Nous traiterons des « apôtres, prophètes et docteurs » dans une étude ultérieure.

ii) Éphésiens 4 :11

Apôtres, prophètes, évangélistes, pasteurs, docteurs. Ce passage a plusieurs particularités par rapport aux autres, nous y reviendrons plus tard.

iii) 1 Pierre 4 :7-11

Parler, le service.

Les divers « dons de grâce », mentionnés dans la Parole de Dieu, sont donc les suivants : la prophétie, le service, l’enseignement, la distribution, la conduite, l’exercice de la miséricorde, la parole de sagesse, la parole de connaissance, la foi, les guérisons, les opérations de miracles, les discernements d’esprits, les langues, l’interprétation des langues, les aides, les gouvernements.

Notons que certains dons de grâce sont au pluriel. Par exemple, il est incorrect de parler du « don de guérison », ou que quelqu’un a le « don de guérison » ; les Écritures disent les guérisons.

De cette liste nous pouvons faire plusieurs observations. Premièrement, il est fort probable que ces « listes » ne soient pas exhaustives, certains de ces « dons » ne sont donnés qu’à titre d’exemple, (e. g. 1 Corinthiens 13 :1-3). Par ailleurs, certaines choses auraient pu être considérées parfois comme un « don », comme par exemple la prière. Personne ne peut nier le fait que certains chrétiens, à travers les âges, avaient une capacité exceptionnelle quant à la prière ; une capacité qui ne pouvait avoir été donnée que par le Seigneur.

Par surcroît, nous lisons que d’avoir un psaume était égal à avoir un enseignement ou une langue, (1 Corinthiens 14 :26) ; ceci démontre que les « listes » élaborées ici et là ne sont pas complètes. Combien y a t-il de « dons de grâce » en tout, personne ne le sait ; car les Écritures ne nous donnent que quelques indications quant à ceux-ci. Ceci justifie le fait que nous ne devrions pas être dogmatiques en ce qui concerne les choses spirituelles, et que nous de pouvons pas systématiser les choses que nous trouvons dans la Parole de Dieu.

Je pense qu’il est juste de considérer Éphésiens 4 :11 séparément. En effet, il semble y avoir des différences importantes entre les « dons » listés ci-dessus et le fait que Christ ait donné des apôtres, prophètes, évangélistes, pasteurs et docteurs. La liste établie ci-dessus décrit des aptitudes spirituelles. L’Esprit de Dieu rendait capables de faire certaines choses, qui étaient naturellement impossible à faire. Les « dons » énumérés dans Éphésiens 4 sont des hommes qui sont divinement équipés pour accomplir une œuvre.

(5) Le sujet des dons de grâce divise

Ce sujet particulier a divisé les chrétiens en deux camps principaux :

a) Ceux qui ne croient pas que les dons de grâce sont pour aujourd’hui, ou du moins qui croient que certains dons ne sont plus pour aujourd’hui ; les chrétiens adoptant cette attitude sont appelés « cessionistes » (les dons ayant cessés). Ce camp inclus la majorité des chrétiens évangéliques, y compris les Frères. La plupart de ceux-ci mettent en avant l’intellect et donc la connaissance, ils ont, en général, une approche toute rationnelle envers les Écritures ; et sont donc très suspicieux envers tout ce qui leur semble irrationnel.

Pour ceux qui adoptent une attitude mitigée entre les « cessionistes » radicaux et les « non-cessionistes », les dons considérés comme ayant cessés sont : les apôtres, les prophètes, la prophétie, les miracles, les guérisons, les langues, les interprétations de langues et les discernements d’esprits.

b) Ceux qui au contraire, croient que tous les dons de grâce sont toujours actuels sont appelés « non-cessionistes ». Ce camp inclus, en particulier, les pentecôtistes et les charismatiques, mais aussi certains chrétiens évangéliques. Le plus grand nombre de ceux-ci mettent en avant les sens, les émotions, et donc les expériences. Il s’ensuit que, dans ces milieux, beaucoup de choses interprétées comme étant des « dons spirituels » sont en fait les activités de l’âme. Ils se refusent à rejeter quoi que ce soit se trouvant dans la Bible concernant les « dons spirituels ». Beaucoup d’entre eux considèrent que les dons donnés aux hommes dans Éphésiens 4 sont toujours d’actualité.

Nous pouvons faire quelques observations quant à ces deux camps. Chacun d’eux mettent en avant certains passages bibliques, que nous considèrerons plus tard, pour « prouver » leur position. Les termes « cessionistes » et « non-cessionistes » sont relativement récents et ne se rencontre que dans les milieux académiques, comme les écoles bibliques. La position des « cessionistes » est en fait une réaction aux mouvements pentecôtistes et charismatiques. Autrement dit cette école est très moderne dans le sens où le mouvement pentecôtiste remonte au début du 20e siècle, et que le mouvement charismatique ne date que depuis la fin des années 1950 ; avant cela personne ne s’intéressait vraiment aux « dons spirituels ». Ceci est intéressant, et devrait nous interpeller par trois fois :

1) Il semble que l’Église, du second au 20e siècle, excepté quelques mouvements marginaux, ne se soit pas préoccupée des « dons spirituels » ; elle a survécue sans mettre l’accent sur ces choses. La question que l’on peut se poser est : les « dons spirituels » sont-ils alors indispensables ? L’Église qui a survécue et prospérée pendant près de 20 siècles sans se soucier aucunement des « dons spirituels », ne prouve t-elle pas qu’elle pourrait exister ainsi jusqu’au retour du Seigneur ?

2) Mais cette Église, prise au sens général du terme, a été moins que « glorieuse, n’ayant ni tache, ni ride, ni rien de semblable … sainte et irréprochable. », (Éphésiens 5 :27). Certes elle n’a aucunement éprouvé le besoin d’avoir et d’exercer les « dons spirituels », mais ne s’est-elle pas appauvrie spirituellement par la même occasion ? Aussi, n’a t-elle pas remit en question et en danger sa croissance spirituelle et donc son témoignage ?

3) Il y a une troisième remarque que nous devons faire. Est-il possible que l’Église ait exercé les « dons spirituels », tout du moins quelques uns, sans qu’elle ni ait apporté une importance démesurée ? Sans, en quelque sorte, qu’elle ne trouve anormal l’exercice de ces « dons » ? Il est fort possible, que dans certains milieux, ceci ce soit passé : des « dons spirituels » étaient effectifs sans que l’accent soit mis sur eux, ni sur les personnes à travers lesquelles ils avaient été opérés. L’histoire de l’Église témoigne, qu’à travers les âges, le Seigneur est intervenu à maintes fois pour secourir et aider Son Église. Par exemple, ne voit-on pas l’exercice du don de la foi dans ces chrétiens qui étaient jetés aux fauves dans les arènes ? Cette démonstration de foi extraordinaire n’était-elle pas un formidable catalyseur de courage pour les assemblées ?

Pour conclure ce paragraphe, il est triste de constater que ce sujet des « dons spirituels » divise les chrétiens, alors même que Paul nous dit que nous sommes supposés être conduits « jusqu’à ce que nous parvenions à l’unité de la foi. », Éphésiens 4 :13.

(6) L’actualité des dons de grâce

Aucun passage des Écritures ne nous indiquent que les dons de grâce énumérés dans Romains 12 et 1 Corinthiens 12 ont cessés à un point donné de l’histoire de l’Église. Beaucoup avancent que les dons de grâce ont pris fin avec la complétion du canon du Nouveau Testament. Néanmoins, cette hypothèse ne peut pas être prouvée par les Écritures ; à moins de se lancer dans des interprétations hasardeuses de quelques passages.

Les dons de grâce sont toujours actuels. Mais ils ont été donnés exclusivement pour l’édification des assemblées, et ils y sont manifestés sans que personne n’élève au delà de l’ordre divin ni ces dons ni ceux par qui ils sont manifestés. L’exhortation de l’apôtre Paul s’applique particulièrement bien ici : « Que toutes choses se fassent avec bienséance et avec ordre. », 1 Corinthiens 14 :40.

La Montagne Pelée

Adapté de La Bonne Semence

« Dieu donc, ayant passé par-dessus les temps de l’ignorance, ordonne maintenant aux hommes que tous, en tous lieux, ils se repentent; parce qu’il a établi un jour auquel il doit juger en justice la terre habitée » Actes 17 :30-31

 Il y a, aux Antilles françaises, dans l’île de la Martinique, près de la ville de Saint Pierre, un sommet volcanique appelé « la montagne Pelée ». Au début de mai 1902, on pouvait entendre de sourds grondements en provenance du volcan. Les habitants de l’île en riaient et disaient : « le vieux monstre de la montagne ronfle en dormant ».

Ces bruits insolites furent bientôt suivis d’explosions. Des géologues vinrent examiner le situation et déclarèrent qu’il n’y avait rien à craindre. Le matin du 8 mai se leva, clair et ensoleillé.

Soudain, une forte explosion se produisit dans les collines auxquelles était adossée la ville. On vit une immense fumée blanche fuser du cratère, puis d’énormes nuées ardentes en dévaler la pente à toute allure. En moins d’une minute, la ville fut détruite. Unique rescapé : un prisonnier protégé par les murs épais de sa prison.

La Bible annonce que les jugements divins tomberont un jour sur tous les hommes, aussi soudainement qu’ils tombèrent sur les habitants de Saint Pierre. Or la Parole de Dieu contient des avertissements précis auxquels beaucoup de gens restent sourds. Il est temps de les écouter avant qu’il ne soit trop tard. Le jugement va tomber sur le monde entier coupable d’avoir rejeté le salut offert par le Fils de Dieu, mort sur la croix, pour sauver le monde.

Cher ami, combien de temps allez-vous rester sourd aux appels de Dieu ? Tournez-vous, dès maintenant vers le Seigneur Jésus Christ et acceptez son offre de salut ; Il deviendra alors votre Sauveur et Seigneur.

Par Harry Foster

« Or en ces jours-là, des prophètes descendirent de Jérusalem à Antioche. Et l’un d’entre eux, nommé Agabus, se leva et déclara par l’Esprit, qu’une grande famine aurait lieu dans toute la terre habitée, laquelle aussi eut lieu sous Claude. Et les disciples, chacun selon ses ressources, déterminèrent d’envoyer quelque chose pour le service des frères qui demeuraient en Judée : ce qu’ils firent aussi, l’envoyant aux anciens par les mains de Barnabas et de Saul.», Actes 11 :27-30

« Or vers ce temps-là, le roi Hérode mit les mains sur quelques-uns de ceux de l’assemblée pour les maltraiter. », Actes 12 :1

« Pierre donc était gardé dans la prison; mais l’assemblée faisait d’instantes prières à Dieu pour lui. », Actes 12 :5

« Mais la parole de Dieu croissait et se multipliait. Et Barnabas et Saul, ayant accompli leur service, s’en retournèrent de Jérusalem, emmenant aussi avec eux Jean qui était surnommé Marc. », Actes 12 :24-25

L’incident raconté au chapitre douze du Livre des Actes pourra nous être une aide précieuse, si nous en réalisons les vastes implications. Le verset 24, en disant que la Parole de Dieu croissait et se multipliait, ne parle pas simplement de ce qui se passa à Jérusalem après la libération de Pierre, mais de la propagation de l’Évangile sur toute la terre. Il y a ici un point remarquable en ce qui concerne le peuple de Dieu — « Mais la Parole de Dieu croissait et se multipliait. » Et cependant, toute l’explication de cela se trouve certainement au verset 5, où il nous est révélée la crise secrète qui avait amené ce reflux de la marée — « Mais… la prière. »

Chacun sait naturellement que ce treizième chapitre marque une nouvelle division du Livre des Actes, et qu’il introduit un développement très important dans la vie de l’Église. A partir de ce moment, le témoignage de Jésus Christ est propagé d’une manière surprenante et entièrement nouvelle par toute la terre; la Parole de Dieu en effet se multiplie. Cependant le récit se continue directement depuis le douzième chapitre, et lui est intimement lié. Il ne faudrait pas nous imaginer que ce nouveau développement ait été sans relations avec ce qui s’était passé auparavant; mais il faut plutôt tenir compte de la relation intime qui existait entre les événements survenus à Jérusalem et l’initiative prise précédemment à Antioche.

La Signification du Temps

 a) Le Triomphe Spirituel à Antioche

« Or vers ce temps-là… » Quel temps ? Le temps d’une grande victoire et d’une bénédiction spirituelle à Antioche. L’Esprit de Dieu avait été puissamment à l’œuvre dans cette ville, et durant toute une année, Saul et Barnabas y avaient enseigné les nouveaux convertis, remarquables par la grâce immense de Dieu que l’on pouvait voir en eux. C’est alors, qu’au milieu de ce temps heureux de communion et d’instructions bénies, que s’élève une question toute pratique. Par le moyen d’un prophète venu de Jérusalem, le Saint Esprit leur présente une opportunité très pratique. C’est toujours ainsi qu’Il agit. Beaucoup de choses dépendent de la manière dont nous réagirons en présence d’un appel comme celui-là. Les saints d’Antioche apprennent qu’une famine menace la Judée, et c’est ainsi que, de manière très pratique, ils sont mis à contribution et doivent prouver s’ils vont efficacement profiter de cette nouvelle. C’est un moment critique. Par le moyen du prophète Agabus, ils sont amenés à démontrer si, réellement, la grâce de Dieu a agi efficacement en eux. S’ils sont prêts à supporter l’épreuve. Leur réponse est immédiate et sincère. Ils mettent de côté tout sentiment que pourrait produire leur éloignement de Jérusalem ou leur indépendance à l’égard de l’assemblée qui s’y trouvait.

Leurs frères sont dans le besoin. Cela leur suffit. L’amour triomphe et ils se décident immédiatement à envoyer une assistance ; chacun selon son pouvoir.

« Or, vers CE temps-là, le roi Hérode se mit à… » — N’est-ce pas là ce que fait le diable. C’est précisément lorsqu’il y a un nouveau mouvement du Seigneur parmi Son peuple, et une expression plus pleine du triomphe de Sa grâce dans le cœur de Ses enfants, que Satan réagit avec une haine et une opposition d’autant plus cruelles. C’est tellement vrai dans notre propre expérience.

 b) Les Débuts d’une Association Apostolique

Nous voyons un autre trait significatif, au temps où se fit cette attaque maligne, elle marque aussi les débuts d’une association très importante de deux hommes — Barnabas et Saul. Ils s’étaient déjà connus auparavant; c’était en fait Barnabas qui avait amené Saul à Antioche pour la première fois. Mais maintenant, un mouvement vital et significatif de Dieu va se faire, un mouvement qui demande le ministère de deux hommes. Dans la Providence de Dieu, ces deux hommes se trouvent ensemble à Jérusalem à ce moment même; il se peut qu’ils aient pris part à ce temps particulier de prière et d’intercession en faveur de Pierre. Nous ne devons pas faire trop de suppositions au sujet de ces mouvements des apôtres dont la Parole ne parle pas, mais le Saint Esprit a sûrement un but en rappelant leur présence à Jérusalem, immédiatement avant et aussitôt après le récit de la délivrance de Pierre d’entre les mains d’Hérode. Le chapitre onze se termine par l’arrivée de Barnabas et Saul à Jérusalem. Ils y étaient venus avec les dons qu’ils apportaient aux saints en détresse de cette ville. Il est vrai qu’il n’est fait aucune mention d’eux jusqu’au verset 24 du douzième chapitre; mais, à la fin du récit, il est parlé, au verset 25, de l’accomplissement de leur mission et de leur retour de Jérusalem à Antioche. Cela semble indiquer clairement que l’auteur du récit veut nous faire comprendre que Barnabas et Saul se trouvaient à Jérusalem durant la période intermédiaire. Il semble y avoir encore une autre confirmation à cela, dans le fait que les personnes réunies pour la prière étaient assemblées dans la maison de la mère de Jean Marc (verset 12), ce même jeune homme qui accompagna Saul et Barnabas lors de leur retour à Antioche. Cette réunion de prière à Jérusalem semble prendre une signification toute nouvelle. Elle est liée à des questions beaucoup plus vastes même que le ministère de Pierre et de l’assemblée locale. Premièrement elle arrête, puis renverse la marée montante de l’opposition des forces spirituelles, et ouvre la voie pour une puissante libération de l’énergie de l’Esprit ; à travers l’assemblée tout entière.

c) Le Temps de la Pâque

Il y a encore un autre point à relever, à l’égard de cet élément du temps; c’est que c’était le temps de la Pâque. « C’était pendant les jours des pains sans levain. » Il semble que, d’une manière générale, les saints aient encore observé les fêtes juives; il leur eut en effet été impossible de ne pas le faire à Jérusalem. S’ils n’observaient plus les autres fêtes juives, strictement, ils célébraient au moins la Pâque; ils en tenaient certainement compte. Lorsque la Pâque était célébrée, ils se souvenaient certainement, de manière vivante, de cette autre fête de la Pâque où, quelques années seulement auparavant, l’Agneau de Dieu avait été offert pour leur rédemption, il n’y a aucun doute à cela. Mais il y a toujours un danger dans notre commémoration des choses spirituelles; c’est qu’elle ne devienne une forme sans vie, au lieu d’exprimer des valeurs actuelles et vivantes. Le Seigneur doit prendre des précautions, afin de nous délivrer de ce péril. Il peut avoir vu que, à Jérusalem, les croyants couraient le danger de célébrer la victoire du Calvaire comme un fait de l’histoire ancienne, et c’est alors qu’il permit à Hérode de s’engager dans une nouvelle attaque, pour que le peuple de Dieu, amené dans un nouveau conflit, prouve à nouveau, et de manière personnelle, la puissance actuelle de la victoire glorieuse de Christ. Ce n’était donc pas tellement le temps de Satan — mais plutôt le temps de Dieu. Il n’y a pas de doute quant à la férocité de l’assaut qui tomba sur eux. « Mais… la prière. » Et nous pouvons réellement ajouter, « Mais Dieu… ».

 Ne nous laissons pas décourager lorsque l’ennemi renouvelle ses attaques, et ne commettons pas la faute de nous imaginer que le Seigneur est contre nous, simplement parce que la vie est difficile et pleine de problèmes. Il y a une opportunité en tout ce qui nous arrive. De grandes choses sont en vue. C’est précisément lorsque l’assemblée qui était à Antioche répond de tout son cœur au Seigneur, lorsqu’un nouveau jour va paraître pour le témoignage universel de Christ, et lorsque Dieu va donner à Son peuple une preuve nouvelle du triomphe parfait du Calvaire, que « vers CE temps-là le roi Hérode mit les mains sur quelques-uns de ceux de l’assemblée ».

Cela nous aidera à apprécier un fait important, c’est que nos difficultés personnelles et nos épreuves locales, nos expériences corporatives de conflit spirituel, ont une relation vitale avec des activités de Dieu, beaucoup plus grande que nous ne pouvons l’imaginer. « Mais l’assemblée faisait d’instantes prières… » — « Mais la Parole de Dieu croissait et se multipliait. » Ces deux choses sont très intimement liées.

Dieu se Sert de la Famine

Ce fut une famine qui fut l’occasion de la présence de Barnabas et de Saul à Jérusalem. Nous savons en effet qu’une famine comme celle-là sévit sur une vaste étendue de la terre. Nous avons non seulement d’autres récits authentiques de la famine sévère qui frappa Jérusalem même, mais aussi des descriptions de la condition de famine qui sévit alors en Grèce et à Rome. C’était un de ces temps où le monde tout entier était dans la détresse et la souffrance. Tandis que ce serait une exagération de suggérer la pensée que la situation du monde fut permise pour que le dessein de Dieu pût être réalisé parmi Son peuple à Jérusalem et à Antioche, il n’y a cependant aucun doute quant au fait que les conditions du monde sont employées à la fois par le diable et par Dieu, pour des activités et des intérêts particuliers parmi le peuple de Dieu.

Supposons maintenant que les saints à Antioche, qui apparemment n’étaient pas eux-mêmes affectés par la famine, soient restés indifférents et impassibles à l’égard des besoins de leurs frères à Jérusalem. Barnabas et Saul n’y seraient pas allés à ce moment là; ils auraient pu manquer un dessein divin, et il aurait pu n’y avoir aucun développement spirituel à Antioche, tel que celui décrit au chapitre treize. Beaucoup de choses peuvent avoir découlé de l’envoi du secours à Jérusalem. Aucun de nous ne savons combien les questions spirituelles sont étroitement reliées entre elles.

Un chrétien ordinaire, l’un de ceux qui se rassemblèrent dans la maison de la mère de Jean Marc pour la prière, aurait pu penser n’avoir aucun rôle dans la grande mission apostolique et les triomphes de l’Évangile accomplis par le moyen de Barnabas et de Saul. Il aurait pu penser n’avoir lui-même aucune part en cela. Dieu seul sait quelle énergie spirituelle est libérée, jusqu’aux extrémités de la terre, lorsqu’un simple groupe de croyants se réunit pour la prière, et non seulement se réunit pour la prière, mais triomphe et remporte la victoire dans la prière. Le conflit paraît être lié à une situation purement locale ou à un besoin personnel, mais si ceux qui assiègent ainsi le Trône dans l’intercession se lèvent au Nom du Seigneur pour réclamer la plénitude de Sa victoire, la victoire personnelle et locale deviendra l’occasion d’une libération des forces spirituelles dans une sphère très vaste.

L’Épreuve de la Persécution

Nous voyons ensuite que la famine est suivie par la persécution, par l’emprisonnement de Pierre, et par une épreuve sévère pour tous les croyants. Quel était le but de l’ennemi dans cette persécution ? N’était-ce pas de disperser les saints, de les diviser, de les amener à perdre courage, et peut-être à se compromette, ou même à tout abandonner ? Nous sommes, nous aussi, affectés par les conditions mondiales, comme eux le furent par la famine. Il se peut que quelques-uns d’entre nous, nous nous trouvions dans une persécution réelle, mais nous souffrons aussi des tentatives que fait Satan pour nous décourager et nous diviser. Il est vrai que seul Pierre était réellement en prison, mais l’assemblée tout entière était dans l’épreuve; tous les croyants étaient éprouvés. Allaient-ils rester fermes au jour mauvais, et remporter la victoire ? Il est si facile de jouir des réunions, d’apprécier l’enseignement biblique, et d’apporter nos louanges au Seigneur avec tous nos frères et sœurs, et cependant de défaillir lorsqu’arrive le conflit. Il ne leur eût pas été difficile de perdre courage. Jacques leur avait été violemment enlevé; Pierre était en prison; tout semblait démentir la réalité de leur foi. A quoi leur servirait-il d’aller à une réunion de prière ?

Très souvent, dans de telles circonstances, l’élément humain intervient. Pierre n’était pas un homme parfait, nous pouvons en être tout à fait certains; et dans une épreuve pareille, il devait leur être facile de se rappeler les fautes de Pierre. Ils pouvaient se dire que Pierre aurait pu éviter son arrestation, s’il avait agi différemment. Satan faisait tous ses efforts pour s’infiltrer au sein de ce troupeau, pour détruire la communion étroite des saints, pour les amener au doute, à la perplexité et à la discussion — à tout ce qui pourrait les empêcher de demeurer fermement ensemble dans la foi. Ils auraient pu sentir que cet emprisonnement était l’affaire de Pierre, et non la leur. Ils auraient pu le laisser trouver sa propre issue, tout en faisant peut-être par devoir une petite prière pour lui, bien que sentant en général que c’était son affaire personnelle, à lui. Et nous sommes, nous aussi, exposés à ces mêmes périls et à ces mêmes tentations. Nous n’avons pas à attendre une persécution active, car Satan cherche toujours à nous diviser en esprit, à nous rendre méfiants et critiques les uns à l’égard des autres, parfois même à rester égoïstement à l’écart. Le diable concentre toute son attention sur l’assemblée, pour lui faire perdre la foi, pour lui faire perdre l’espérance, et pour affaiblir son amour. Nous ne parlons pas ici de notre devoir d’assister à une réunion de prière — il se peut que quelques-uns des anciens n’aient pas été présents à celle-ci — mais nous soulignons le principe spirituel de la résistance à toute tentative de dispersion.

L’assemblée qui était à Jérusalem ne succomba pas devant cette tentation; elle se rallia dans une prière et un amour sincères, non pas seulement pour Pierre, mais pour la volonté et la gloire de son Seigneur.

La Victoire à Jérusalem

« Mais… la prière. » Nous avons ici la réponse spirituelle à un défi spirituel; et beaucoup de choses dépendent du résultat. Si la victoire n’avait pas été remportée à Jérusalem, si les saints avaient été dispersés, découragés et défaits, que serait-il arrivé à la Parole de Dieu ? La bataille réelle se livrait pour la libération de la Parole de Dieu. La question suprême, ce n’était pas ce qui allait arriver à l’assemblée qui était à Jérusalem, ni même ce qu’il adviendrait de Pierre. Ce qui importait réellement était ce qui allait arriver à la Parole de Dieu. Lorsque les saints se réunirent pour la prière dans la maison de Marie, bien qu’ils ne l’aient probablement pas réalisé alors, ils livraient la bataille pour l’évangélisation du monde, pour l’accroissement et la multiplication de la Parole de Christ. Il y a deux « mais » dans ce chapitre. Le premier, c’est la responsabilité de l’assemblée – elle ne se laissa pas ébranler. Satan essaya de renverser, de disperser, de détruire l’amour, et de changer la foi en désespoir, lorsqu’il fut soudain arrêté par une puissante résistance spirituelle — «Mais…la prière. » Ce fut un moment décisif. Tout le cours des événements est arrêté; et nous assistons alors à toute une suite bénie d’actes divins de délivrance. C’est immédiatement après cela — car Dieu avait pris ces choses en mains et faisait rapidement disparaître toute opposition — que Son peuple est conduit en avant, vers de nouveaux triomphes. Nous avons au verset 24 le grand « mais » divin : « MAIS la parole de Dieu croissait et se multipliait. » C’est la réponse à la prière de l’assemblée, la première responsabilité avait été la sienne, puis Dieu avait agi de manière puissante, et Il avait dit « mais » ; en libérant Sa Parole sur toute la terre.

De même que l’assemblée qui était à Jérusalem, nous avons, nous aussi, à subir des assauts contre notre foi, notre patience et notre amour. Si nous ne faisons pas résolument face à ces conflits locaux et personnels, pour remporter la victoire au Nom du Seigneur Jésus, quel espoir d’accroissement et de multiplication pourra-t-il y avoir ? Si, d’un autre côté, nous relevons le défi, comme le firent les croyants qui étaient à Jérusalem, en refoulant la menace du désastre spirituel par notre « Mais… la prière », Dieu répondra sûrement par Son « mais », et assainira le chemin pour un accroissement nouveau et une nouvelle plénitude.

 Les Effets plus Vastes

Il semble donc qu’il y ait eu un contexte très vaste, des implications très grandes, quant à la lutte que fut la prière dans la maison de Marie. Les chrétiens qui étaient à Jérusalem pensaient être assaillis dans leur intérêt purement local et personnel. Ils sentaient, et cela avec raison, que par la prière ils pourraient remporter une victoire locale et immédiate. Que le Seigneur en soit béni !

Mais ce qu’ils ne savaient pas, ce qu’ils auraient à peine pu imaginer, c’est qu’ils se trouvaient à un moment crucial dans la stratégie divine, c’est que cette victoire signifierait une grande libération des serviteurs de l’Eternel et de Sa Parole. Un simple croyant à Jérusalem aurait pu se demander s’il était vraiment si important qu’il fût triomphant ou défait, si beaucoup de choses dépendaient réellement de sa loyauté et de sa foi. Cela importait beaucoup plus qu’il ne pouvait le réaliser. Il en est toujours ainsi. Cela importe immensément. Il y a des issues très vastes qui sont engagées dans les victoires ou les revers spirituels du peuple de Dieu.

C’est ainsi que, lorsque Pierre fut libéré, quelque chose d’autre fut aussi libéré; toute la situation fut libérée. Il avait semblé, durant un certain temps, que tout était arrêté. Ce seul homme, Pierre, avait paru être l’incarnation de tout l’état des choses. Il était enfermé, il était dans les chaînes, et il semblait que toutes les activités de l’Esprit, par l’assemblée, arrivaient à une fin. Tout alors dépendait de l’attitude du peuple de Dieu, allait-il accepter ce qui paraissait inévitable ? Allait-il succomber en face de l’opposition, et serait-il défait ? Si oui, nous n’avons aucune garantie quant à ce qui aurait pu arriver. Mais au lieu de succomber, les enfants de Dieu se levèrent dans la foi, pour affirmer que la Pâque n’est pas une simple commémoration d’une victoire passée, mais qu’elle est la célébration de la puissance toujours actuelle du triomphe universel du Calvaire. Dieu répond en libérant Pierre, mais bien plus encore. Il donne un accroissement nouveau et puissant à tout le témoignage de l’assemblée.

Nous arrivons maintenant au treizième chapitre du livre des Actes, pour y trouver Barnabas et Saul à la veille du jour où ils seront envoyés par l’Esprit Saint jusqu’aux extrémités de la terre. Il faut se souvenir qu’ils viennent d’arriver de Jérusalem, dans la bénédiction spirituelle d’une grande victoire; ils en sont revenus sur une conquête glorieuse de vie et de puissance, celle-ci fut donnée en réponse à la prière de la foi. A bien des égards, Jérusalem et Antioche peuvent avoir été différentes, mais il n’y a aucun doute quant à leur relation spirituelle. La nature organique de l’Église signifie que nous dépendons fortement les uns des autres. Ce n’est pas la voie du Seigneur que de confiner Son action à des cas limités et locaux. Il se saisit de nos épreuves et de nos conflits, pour en faire l’occasion de victoires spirituelles importantes, devant amener un accroissement vaste et étendu. Les enfants de Dieu sont unis ensemble dans leur expérience actuelle, et en association vitale pour les intérêts et la gloire du Seigneur.

Une Parole d’Avertissement

Il reste simplement un mot d’avertissement au sujet du jeune homme qui accompagna Barnabas et Saul. Marc avait eu naturellement tous les encouragements à devenir un compagnon d’œuvre. Il avait vécu tous ces événements émouvants. Il avait été plongé avec d’autres dans l’obscurité de la bataille, il avait éprouvé la tristesse de la défaite apparente, il avait entendu la prière, et il avait été le témoin de la réponse merveilleuse. Lorsque Barnabas et Saul retournèrent à Antioche, marqués par la délivrance merveilleuse de Dieu, Marc y descendit avec eux, rempli du sentiment de la puissance irrésistible de Dieu. Il était si enthousiaste et si inspiré qu’il n’eut aucune difficulté à s’offrir pour aller jusqu’aux extrémités de la terre pour Christ. Nous apprenons donc que, lorsque Barnabas et Saul partirent, « ils avaient aussi Jean pour serviteur. » (Actes 13 :5). Mais cela ne dura pas longtemps : « Jean s’étant retiré d’eux, s’en retourna à Jérusalem » (verset 13). Il semble qu’il n’ait pas été préparé à voyager dans un territoire sombre et hostile, tout en continuant à croire fermement que le Dieu qui avait répondu à la prière à Jérusalem était encore avec eux. La seule expérience extérieure des choses ne nous mène pas très loin. Saul et Barnabas avaient quelque chose de plus que cela; ils avaient une connaissance intérieure et profonde du triomphe de la Croix, et de la réalité toujours présente du Seigneur vainqueur.

 Ceci est une note d’avertissement, afin que nous ne soyons pas de ceux qui regardent de manière superficielle la question de la lutte dans la prière. Nous ne pouvons pas vivre d’émotions et de miracles. Nous n’aurons pas toujours des résultats rapides. Le conflit spirituel croissant demandera une connaissance toujours plus profonde et intérieure du Seigneur. L’enthousiasme de Marc ne le porta pas très loin. Peut-être la meilleure chose fut-elle pour lui de retourner à Jérusalem. Nous ne pouvons le certifier, mais il se peut qu’il eût mieux valu qu’il n’en partît pas pour un temps, car après tout, c’était là qu’il avait appris quelque chose de la puissance de Dieu. Mais nous savons que, dans une simple maison de cette ville, une réunion de simples chrétiens, sans nom, soutint une lutte spirituelle puissante, et remporta une victoire qui eut des répercussions dans des pays et des nations bien plus lointains. Et cela peut être vrai de nous tous.

Par Frederick B. Meyer

 « La somme de ta parole est la vérité, et toute ordonnance de ta justice est pour toujours. », Psaume 119 :160

Il existe un danger préjudiciable, promu par certaines personnes sincères, qui est de magnifier la lumière intérieure et la conduite de l’Esprit Saint au détriment de la Parole qu’Il nous a donnée et à travers laquelle Il œuvre encore de façon efficace dans le cœur des hommes. Ceci est une grande erreur et la source d’une multitude de malveillances. Dès que nous mettons de coté la Parole de Dieu, nous nous soumettons aux sollicitations des nombreuses voix qui parlent dans nos cœurs. Alors, nous n’avons plus aucune référence, plus de critère de vérité ; plus aucun recours d’appel.

Comment pouvons-nous connaître la conduite de l’Esprit de Dieu, dans les situations les plus délicates dans lesquelles nous nous trouvons, à moins que notre jugement soit profondément ancré dans la Parole de Dieu ? Nous ne devons pas nous contenter de l’Esprit sans la Parole, ni de la Parole sans l’Esprit ! Nos vies doivent suivre ces deux voies comme le fait un train sur deux rails, parallèles et indissociables. La Parole est le véhicule divinement choisi par l’Esprit. Ce n’est que lorsque nous sommes familiers avec la Parole que nous pouvons discerner la voix de l’Esprit. C’est par la Parole que l’Esprit pénètre nos cœurs, comme le fait la lumière du soleil à travers une forêt.

Prière et fardeau

Par Watchman Nee

« Ainsi dit l’Éternel qui fait cela, l’Éternel qui se le propose pour l’effectuer, l’Éternel est son nom: Crie vers moi, et je te répondrai, et je te déclarerai des choses grandes et cachées, que tu ne sais pas. » (Jérémie 33 : 2-3)

« N’éteignez pas l’Esprit. » (1 Thessaloniciens 5 :19)

I

Chaque enfant de Dieu devrait avoir un fardeau reçu de Dieu. Mais les fardeaux de Dieu ne peuvent être reçus que si nos esprits Lui sont ouverts. Cette ouverture de notre esprit envers Dieu est indispensable si nous désirons recevoir de Lui de tels fardeaux. Une fois que nous les avons reçus, nous devons apprendre à nous en décharger fidèlement dans la prière. Quand nous nous seront déchargé du premier fardeau, nous en recevrons un deuxième, et quand le deuxième sera déchargé, nous en recevrons un troisième.

Ce qui importe avant toute autre chose, ici, c’est que Dieu trouve notre esprit ouvert. A cause de l’infidélité, nous pouvons facilement nous trouver dans un état tel, que nous ne recevons plus aucun fardeau. Ainsi, pour peu que nous désirions être de ceux qui portent les fardeaux de Dieu, nous devons être très sensibles et ne rejeter aucune impression qui nous vienne de Lui. Au début, de telles notions peuvent être à peine perceptibles, mais elles gagneront en intensité si nous allons de l’avant. Si nous éteignons l’Esprit et que nous perdions notre fardeau, le seul moyen de revenir à notre position normale, c’est de confesser notre péché, et de réagir ensuite fidèlement à toute impression venue de Dieu. Sitôt que vous êtes porté à prier, priez. Si vous ne recevez pas de nouveaux fardeaux, il ne peut y avoir qu’une explication : c’est que vous ne vous êtes pas libéré du fardeau que vous aviez déjà. Déchargez-vous-en, et fardeau après fardeau se présenteront au fur et à mesure que vous vous en déchargez. Soyez fidèle. C’est en vous déchargeant fidèlement du fardeau que vous avez, que Dieu vous donnera, sans y manquer, de nouveaux fardeaux à porter. Si vous comptez sur Dieu pour qu’Il vous emploie, si peu que ce soit, il vous faut porter Ses fardeaux.

II

Les fardeaux sont surtout en rapport avec l’œuvre de Dieu. C’est pourquoi, si nous sommes préoccupé de faire Sa volonté, nous devons regarder à Lui jusqu’à ce qu’Il nous fasse part de Son fardeau, car Son fardeau est l’indication de Sa volonté. C’est par les fardeaux qu’il met sur nous que nous discernons Sa volonté pour nous, et la manière dont cette volonté peut être réalisée par nos vies.

Par exemple, si Dieu vous donne un fardeau pour prêcher l’évangile, plus vous prêcherez l’évangile, plus vous vous sentirez libéré, tandis que si vous restez chargé de ce fardeau, il s’appesantira sur vous de plus en plus, jusqu’à ce que vous en soyez écrasé. Puis une barrière se dressera entre vous et Dieu, et vous découvrirez qu’il n’est pas aussi facile qu’avant d’entrer en contact avec Lui.

Toute œuvre spirituelle est liée à des fardeaux de cette nature. Essayez de travailler sans fardeau, votre œuvre ne produira rien. Mais mettez-vous à l’œuvre progressivement en harmonie avec le fardeau qui est sur vous, et votre être tout entier jouira d’une liberté grandissante. La valeur de votre œuvre dépendra du fardeau dont il est l’occasion pour vous. Il aura infailliblement une valeur spirituelle s’il est le produit d’un fardeau reçu de Dieu, et vous-même serez continuellement libéré et rafraîchi. Autrement votre travail sera sans valeur spirituelle, vous aurez l’impression de vous dépenser en vain ; peut-être même vous sentirez-vous repris au milieu de vos labeurs. Qu’aucune œuvre spirituelle ne soit donc entreprise sans que nous nous soyons placé devant Dieu pour attendre qu’il nous confie Son fardeau; alors seulement mettons-nous résolument à l’œuvre pour nous en décharger.

III

Mais cela ne veut pas dire qu’il nous faille constamment regarder en dedans pour découvrir si nous avons un fardeau ou non. Parmi les enfants de Dieu, il n’y a rien de plus pernicieux que l’introspection. Retenez bien cette chose : rien n’est plus destructeur quant à notre vie intérieure que le regard tourné en dedans. L’introspection est une maladie. Le péché est facilement reconnu comme tel mais l’introspection est une maladie plus difficile à déceler; et la maladie insoupçonnée est bien plus à craindre que celle qui paraît au grand jour. Si l’on vous demande : Est-ce mal d’être orgueilleux ? Vous répondez immédiatement : Bien sûr – le doute n’est pas possible ! Si l’on vous demande : Est-ce mal d’être envieux ? Vous savez très bien que c’est mal. Mais vous pouvez porter vos regards sur vous-même vingt fois en un seul jour sans éprouver le moindre sentiment de mal faire. Si vous ouvrez une querelle, vous ne tardez pas à réaliser que vous avez péché, mais vous pouvez regarder au dedans sans avoir la moindre idée qu’il y ait là quelque chose de mal. Le regard tourné sur soi est ce qu’il y a de plus préjudiciable pour la vie chrétienne. De nombreux chrétiens sont des habitués de l’introspection, et ils ont, sans s’en douter, une spiritualité de contrefaçon. Avant d’entreprendre quoi que ce soit, ils s’arrêtent pour se poser la question : Ai-je vraiment un fardeau pour cela ? Ce sentiment que j’ai, est-ce réellement un fardeau réel ou pas ?

Supposez que quelqu’un vous demande de l’aider à porter une table d’une pièce à une autre, allez-vous commencer à vous demander : Est-ce là un fardeau ? Mais non ! De toute évidence, ce que vous portez est un fardeau. Souvenons-nous que notre fardeau, c’est ce que nous savons, et non pas ce que nous devons tâcher de découvrir ; il est très important de s’en souvenir.

Si vous sentez que vous devez annoncer l’évangile à quelqu’un, et que vous vous arrêtiez pour vous demander si oui ou non vous avez un fardeau à ce sujet, pendant que vous perdez votre temps à vous interroger, l’occasion peut être perdue. Oh ! frères et sœurs, il n’y a aucun profit à regarder en dedans. Ou bien vous avez un fardeau, ou bien vous n’en avez pas, dans l’un et l’autre cas vous savez très bien ce qu’il en est ; vous n’avez pas besoin de tirer la chose au clair en analysant vos sentiments. S’il y a quelque chose qui pèse sur vous, c’est cela votre fardeau. Agissez en conséquence et vous serez libéré. Vous serez prêt alors à recevoir de Dieu d’autres fardeaux.

C’est de cette manière que toute l’œuvre de Dieu s’accomplit. C’est de cette manière que s’exerce le ministère de la prière — et la prière est indispensable à l’œuvre de Dieu, quelle qu’elle soit. Apprenons donc à immédiatement exprimer par la prière, devant Lui, tout fardeau qu’Il met sur nous, de peur qu’en négligeant les indications qui viennent de Sa part dans notre esprit, nous perdions notre communion avec Lui et soyons écrasés par ces fardeaux mêmes qui nous auraient soulagés si nous nous en étions déchargés par la prière.

IV

S’il est vrai que les fardeaux que nous recevons de Dieu quand nous nous attendons à Lui représentent Sa volonté pour nous, il est vrai aussi qu’en général c’est grâce à notre connaissance des choses que les fardeaux prennent naissance. Il y a des exceptions. Par exemple, Dieu peut vous demander de vous lever au milieu de la nuit et de prier pour un frère travaillant dans une région éloignée, et dont les circonstances du moment ne vous sont pas connues; et ce n’est que plus tard que vous apprenez dans quel besoin il s’était trouvé. Mais le plus souvent nos fardeaux surgissent à propos de circonstances que nous connaissons. Premièrement, Dieu nous informe d’une façon ou d’une autre, ensuite un fardeau se forme sur la base de ce que nous avons appris.

V

A propos de ce ministère de prière, si important pour le chrétien, une question se pose : notre ministère doit-il prendre une expression articulée, ou suffit-il que nous portions nos fardeaux en silence devant Dieu ?

Nous croyons que si Dieu nous donne un fardeau de prière, Il désire l’entendre formulé à haute voix. Il tient à ce que nous Lui donnions une expression articulée, même si la mention est brève et la phrase un peu hachée. Aucun fardeau ne peut être déchargé sans être formulé et exprimé. Frères et sœurs, il y a dans le domaine spirituel un principe étonnant dans cette question d’expression : Dieu ne prend pas note seulement de ce que nous croyons, Il prend note de ce que nous disons. Marc 7 : 29 nous rapporte cette conclusion de notre Seigneur à l’issue de Sa rencontre avec la femme syro-phénicienne : « A cause de cette parole, va, le démon est sorti de ta fille. » La femme prononça une seule phrase, mais ce furent les quelques mots qu’elle exprima qui suscitèrent l’action du Seigneur. Nous pouvons présenter une requête dans notre cœur, mais elle est plus efficace si elle trouve son expression sur nos lèvres. Dieu semble avoir besoin que nous formulions de vive voix ce que nous avons dans le cœur. Quand le Seigneur était dans le jardin de Gethsémané, Son fardeau Lui pesait tellement, qu’Il offrit, « avec de grands cris et avec larmes, des prières et des supplications » (Hébreux 5 : 7). Nous n’insistons pas sur le fait de prier à haute voix, mais il devrait y avoir une certaine correspondance entre le fardeau intérieur et son expression extérieure. Si nous ne pouvons pas prier à haute voix à la maison, tâchons de trouver un lieu de prière ailleurs, comme le faisait le Seigneur : Il recourut au désert (Luc 5 : 16) et à la montagne (Luc 6 : 12). En tout cas, formulons notre prière, même si nous devons prier à voix basse. Le fardeau que Dieu nous a donné doit être articulé pour pouvoir être libéré.

VI

Mais très souvent nous nous heurtons à une difficulté : même quand nous avons conscience d’un fardeau, nous avons beau nous agenouiller pour prier, nous ne parvenons pas à l’exprimer. Nous savons qu’il y a quelque chose qui pèse sur nous, mais il nous est impossible de le dire. Il faut comprendre ici que c’est notre esprit qui prend conscience du fardeau, alors que pour en prendre connaissance, pour nous puissions le formuler, ce sont nos ressources mentales qui entrent en jeu. Quelque fardeau que Dieu ait à nous donner c’est dans notre esprit qu’il s’enregistre, mais c’est notre entendement qui l’interprète et nous en fait comprendre la nature. Le fardeau qui fait pression sur notre esprit ne peut pas être intelligible pour notre entendement s’il n’y a pas de coordination entre le spirituel et le mental, entre l’esprit et l’entendement.

Comment donc le contact peut-il être établi entre le spirituel et le mental ? D’une manière toute simple. Si vous désirez trouver quelque chose, comment vous y prenez-vous ? Si la chose que vous cherchez se trouve à 2 kms à l’ouest, comment allez-vous la localiser ? Dépendamment de la manière dont vous vous y prenez, vous ferez peut-être le tour de la terre avant de la trouver. Il faut commencer à l’endroit où vous êtes et explorer le voisinage immédiat en élargissant toujours plus vos recherches, à partir de votre position initiale. Ainsi en est-il pour la prière. Ne vous livrez pas à des investigations minutieuses dans une direction donnée; commencez par prier pour ce que vous avez d’emblée sur le cœur, puis pour le deuxième sujet qui se présente, puis pour le troisième, en vous limitant chaque fois à effleurer les différents points à mesure qu’ils apparaissent, jusqu’à ce que vous sentiez que votre prière ait progressivement touché la chose qui se rapporte à votre fardeau du moment. En persévérant fidèlement dans cette direction, vous ferez l’expérience d’une libération grandissante. Quand vous aurez déchargé ce fardeau par la prière, vous serez prêt à en recevoir d’autres, que Dieu ne manquera pas de vous donner.

VII

Dans ce ministère de prière, il y a de nombreux chrétiens que Dieu ne peut pas employer, parce qu’ils sont surchargés. Ils ont laissé leurs fardeaux s’accumuler au lieu de chercher un soulagement dans la prière, et pour finir leur poids est si écrasant qu’il leur est impossible de prier. Oh ! frères et sœurs, l’œuvre de Dieu sera sérieusement entravée si nous ne sommes pas libres en esprit, de manière à être émancipés pour le service de Dieu. Supposez que vous ayez l’intention de demander à quelqu’un de vous donner un coup de main pour une certaine besogne, mais voilà, vous le trouvez les mains pleines; ce serait inutile de lui demander de l’aide. De la même manière, si vous êtes courbé par le poids de ce que Dieu vous a déjà confié, comment peut-Il vous confier autre chose ? Pour ce ministère de prière, il faut un esprit libéré. C’est notre ministère de prière que nous risquons de perdre, si nous ne nous déchargeons pas des fardeaux que Dieu nous a confié. Adonnons-nous donc résolument à cette tâche.

Nous avons tous tendance à être individualistes, pour cette raison nous avons besoin de nous unir à d’autres pour la prière. Il est impératif non seulement d’apprendre à prier seul, mais aussi de savoir prier avec nos frères et sœurs en Christ. En pratiquant la prière collective, nous apprenons à affiner aussi bien nos oreilles que nos bouches. Alors que nous entendons les autres prier, nous sommes amenés à prier avec eux et ainsi à partager mutuellement nos fardeaux. Lorsque nous pratiquons ensemble la prière, la nature et la signification des différents fardeaux que nous avons, deviennent claires ; ensemble nous sommes capables de les définir et de les décharger en priant. Ceci nous amène dans une situation de liberté qui permet à Dieu de nous confier, sans cesse, d’autres fardeaux. Afin d’accomplir Son dessein, le Seigneur a besoin de la coopération de Son assemblée ici-bas ; c’est par la prière que nous coopérons ainsi avec Lui. Qu’Il permette que nous Lui donnions toutes les opportunités dont Il a besoin, afin qu’Il puisse accomplir toute Sa volonté !

Seul avec Dieu

Par Harry Foster

« Pour nous, nous précédâmes Paul sur le navire, et nous fîmes voile pour Assos, où nous avions convenu de le reprendre, parce qu’il devait faire la route à pied. Lorsqu’il nous eut rejoints à Assos, nous le prîmes à bord, et nous allâmes à Mytilène. », Actes 20 :13-14

La ville de Troas était distante d’une trentaine de kilomètres de la ville d’Assos, celles-ci étaient reliées par une voie romaine de bonne qualité ; ainsi le chemin emprunté par Paul était sûr et sans encombre. Le long du chemin il y avait des sources d’eaux chaudes et des forêts de chênes qui rendaient le voyage plus agréable. Au demeurant, des cours d’eau parsemaient cette région d’Asie Mineure.

Ceux qui sont familiers des écrits de l’apôtre, se douteront qu’il n’a pas entrepris ce voyage pour la beauté du paysage. Contrairement à son Maître, Paul semblait détaché de ces choses ; peut-être était-ce dû à son handicap visuel. Néanmoins, c’était parce qu’il était comme le Seigneur, qu’il demanda à ses compagnons de partir par bateau, alors qu’il décida de voyager à pied. Comme le Seigneur Jésus, il pensait qu’il était essentiel de passer du temps seul et en toute tranquillité avec le Père.

Étant un voyageur expérimenté, il ne trouvait jamais de difficulté à passer du temps dans les Écritures et dans la prière ; même lorsqu’il était entouré d’autres personnes. C’est une question de pratique. Cependant, aucun serviteur de Dieu ne peut se contenter du minimum, de passer quelque temps chaque jour dans la lecture et la prière ; s’il se satisfait d’un court moment quotidiennement son service en souffrira. Il doit avoir en plus des temps de réflexion, de méditation et d’écoute de Dieu. Il doit être capable de se retirer des activités prenantes, du partage de la Parole et du temps passer à parler avec d’autres, afin que son esprit puisse être renouvelé et sa pensée éclaircie.

Souvent, le Seigneur Jésus se levait de bon matin, se retirait sur une montagne, ou envoyait ses disciples au devant de Lui par bateau, pensant qu’Il passait des heures dans la solitude avec son Père céleste. Ainsi, Paul décida à Troas d’envoyer ses frères et collaborateurs, même le bien-aimé Luc, et choisi de couvrir la distance entre Troas et Assos à pied afin de pouvoir jouir de quelques moments de communion avec le Seigneur. C’était à la fois un privilège et une nécessité. Cette décision de l’apôtre était si significative que Luc s’est senti obligé de la relater dans son récit. Aussi, ne faisons pas l’erreur de négliger ce détail, comme si ces habitudes de Paul étaient sans conséquences pour son apostolat. Les sources d’eaux chaudes, les forêts de chênes, les rivières, représentaient une importance spirituelle pour Paul, même si leurs beautés naturelles le laissaient insensible.

Nous aspirons à la puissance et au succès de Paul. Nous sommes peut être prêts à supporter les mêmes souffrances. Mais qu’en est-il de son exemple à sacrifié beaucoup de temps pour la communion avec Dieu ? Quand avons-nous eu dernièrement un long moment de conversation et de méditation avec notre Seigneur ? Quand avons-nous décidé de nous mettre à l’écart de nos amis, de nos frères en Christ, pour l’écouter Lui seul ? Il y a tant de choses à faire, tant d’occupations, tant de conversations ; mais ces choses sont-elles de première importance pour notre vie spirituelle ?

Voici deux ans, j’ai appelé un serviteur du Seigneur au Canada. Son épouse m’a répondu courtoisement mais fermement que son mari était dans un moment de prière. Non pas à une réunion de prière, mais simplement en communion et conversation avec Dieu. Quand sera t-il disponible, demandai-je ? Elle ne pouvait pas répondre, elle n’en savait rien. Une telle épouse est une vraie bénédiction, elle coopérait tacitement avec son mari. Dans le cas de Paul, il est évident qu’il recherchait à être seul de temps à autre ; même si ceci demandait encore plus d’exigence et de contrainte pour lui. Il est impératif que nous consacrions du temps à Dieu. Paul n’attendait pas passivement que l’opportunité se présenta, car, comme il est écrit : « il l’avait ainsi ordonné. »